L'Action Agricole Picarde 01 avril 2020 à 18h00 | Par Anthony Chemin - Chambre d'agriculture de la Somme

Lait : comment réduire la production de ses vaches ?

L’interprofession a alerté sur la modération de la production laitière afin d’éviter un surplus de production et la constitution de stocks d’invendus. Même si cela n’est pas toujours simple, il existe des leviers pour ralentir la production de 10 à 20 %.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Des leviers techniques existent pour diminuer la production de lait, mais il faut veiller à ne pas mettre en péril l’économie de l’exploitation.
Des leviers techniques existent pour diminuer la production de lait, mais il faut veiller à ne pas mettre en péril l’économie de l’exploitation. - © A. P.

La mise à l’herbe est l’occasion de faire des économies sur les stocks fourragers et sur le correcteur azoté. On peut diminuer la part de maïs dans la ration à 50 % minimum pour garantir une transition convenable. Il ne faut pas avoir peur de diminuer le correcteur azoté. Un déficit en azote est beaucoup moins préjudiciable qu’un excès (mortalité embryonnaire…). On ajustera le correcteur azoté avec le taux urée dans le lait. Pour freiner la production, on visera un taux d’urée entre 200 et 250 pour maintenir un bon fonctionnement ruminal. On mettra à disposition de la paille ou du foin fibreux pour limiter la vitesse du transit. Un apport d’argile (sépiolite, montmorillonite) permet aussi de resserrer les bouses.

Adapter la quantité de correcteur azoté
Réduire le correcteur azoté est un moyen simple efficace pour diminuer la production laitière. Le meilleur compromis «énergie-azote» d’une ration équilibrée se situe autour de 100 g de PDIE/UFL, en termes d’ingestion, de performances zootechniques et de rejets azotés. Diminuer de 10 g la concentration en PDIE revient à enlever 1 kg de soja dans la ration. En deçà de 90 g de PDIE/UFL, une réduction de 10 g entraîne une forte baisse de l’ingestion
(-1,5 kg MS), du lait (-3,3 kg) et du TP (-1,2). Il ne faut pas descendre au-dessous de 80 g de PDIE/UFL pour optimiser le fonctionnement du rumen. C’est l’occasion d’utiliser des fourrages de moindre qualité pour viser un équilibre PDIE/UFL entre 80 et 90 g.

Réduire le concentré de production
Tout d’abord, on veillera à équilibrer la ration de base. On peut réduire les quantités de concentrés de production dans le plan de complémentation soit en enlevant 1 kg à tous les animaux, soit en ciblant d’avantages les animaux dont les besoins sont importants (début de lactation, vaches en période d’IA…). Les avantages sont une baisse du coût alimentaire renforcement de l’autonomie. On valorise mieux les fourrages, à condition qu’ils soient suffisants et de qualité. Une baisse du TP peut cependant arriver.

Avancer les réformes
Il y a dans tous les élevages des animaux que l’on devait reformer bientôt, ou que l’on pourrait réformer (qualité du lait, vitesse de traite, conformation de la mamelle, caractère…). C’est l’occasion d’améliorer la qualité de la traite et peut être diminuer un peu la production de lait. Cela peut aussi améliorer le confort des autres animaux et donc le sanitaire.  Anticiper des réformes permettra d’économiser des stocks fourragers. Si ses stocks sont suffisants et qu’il a la place dans l’élevage, on peut en profiter pour engraisser les réformes.

Distribuer du lait aux veaux
On peut remplacer l’aliment d’allaitement par du lait doux. Solution efficace, facile et rapide, réversible et pas rémanente mais attention à l’organisation du travail. En pratique, c’est plus facile sur les veaux nouveaux nés, que de changer de plan d’allaitement en cours de période.  Il faut compter entre 400 et 500 litres de lait par veau selon l’âge au sevrage.

Allonger le tarissement
Pour tarir plus tôt, il faut maitriser le logement et l’alimentation des taries. Un allongement du tarissement est possible pour des animaux sains. Il faudra bien surveiller l’alimentation pour éviter le sur-engraissement. Pour des animaux ayant eu des infections récentes, il y a beaucoup plus de risque. Il faut veiller à la guérison complète du quartier avant tarissement.

Passer en monotraite
Passer à une seule traite par jour, pendant quelques semaines, permet de réduire instantanément la production. Même si c’est une technique simple et réversible, elle est à réserver à un troupeau sain au niveau cellules et mammites.
Pour conclure, la diminution de la production n’est pas si facile que ça. Il faut surtout veiller à ne pas mettre en péril l’économie de votre exploitation.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Action Agricole Picarde se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui