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Lait : Lactinov mise sur le bio, l'export et le recyclage

Pour la 6e année consécutive, le groupe Lact’Union ouvre ses portes à l’occasion de la journée mondiale du lait. Rendez-vous est donné à la laiterie Lactinov d’Abbeville, le 25 mai.

La visite de la laiterie est au programme de la journée mondiale du lait, organisée chez Lactinov le samedi 25 mai.
La visite de la laiterie est au programme de la journée mondiale du lait, organisée chez Lactinov le samedi 25 mai.
© A. P.




Chaque année depuis 2001, la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) valorise le lait, le 1er juin, en faisant la promotion de la journée mondiale du lait. Dans la Somme, la laiterie Lactinov Abbeville, du groupe Lact’Union, ouvre ses portes. Visite d’usine, découverte de la filière bio, de son activité d’export et du traitement des déchets au menu. L’occasion de creuser le sujet.
Car le bio est bien une filière sur laquelle mise le groupe. Le lait bio est conditionné à Abbeville depuis 1997, et prend de plus en plus d’ampleur. «Aujourd’hui, vingt de nos coopérateurs produisent en bio et deux sont en cours de conversion, précise Sébastien Grymonpon, responsable amont du site. Cela représente un volume de 6,6 millions de litres, utilisé pour le lait de consommation en bouteille, le lait infantile, le beurre en plaquette et moulé.» Encore peu par rapport aux 230 millions de litres de lait conventionnel traités (3 % de la collecte et 10 à 15 % de la fabrication), mais ce chiffre est en progression constante.
Mais, même si le nombre d’éleveurs bio a doublé en trois ans, le compte n’y est pas. «Nous sommes toujours à la recherche de producteurs bio, car nous sommes déficitaires en termes d’approvisionnement», assure Sébastien Grymonpon. Ce qui freine les éleveurs du secteur ? «Essentiellement la typologie des exploitations, surtout orientées polyculture-élevage, avec des cultures à forte valeur ajoutée, comme les pommes de terre ou le lin. Or, un élevage bio nécessite une autonomie alimentaire pour le troupeau, donc une grande surface fourragère. Les agriculteurs ne sont pas tous prêts à modifier leur assolement…»
Lactinov a donc mis en place un accompagnement pour aider à la conversion en bio. «Nous proposons une prime de conversion et une garantie de prix de 360 /1 000 l minimum pendant les deux années de conversion.» Une fois la conversion effectuée, les prix sont aussi quasi assurés. «Comme le débouché est presque exclusivement français, les cours sont beaucoup moins fluctuants.» Les prix s’élèvent aujourd’hui à 465 €/1 000 l.

Export vers l’Afrique et l’Asie
Autre filière en développement chez Lactinov : le marché de l’export. «Nous avons débuté cette activité en 2013, commente Grégoire Aufort, directeur des achats. C’était alors un nouveau métier pour nous. Il fallait démarcher de nouveaux clients et répondre à leurs attentes en termes de réglementation, de qualité, de packaging… Car ces critères évoluent suivant le marché.» Aujourd’hui, les produits qui sortent des trois usines du groupe sont expédiés vers soixante et un pays, à 65 % en Asie et à 35 % en Afrique.
Cette activité d’export, qui représente 12 % de l’activité des trois usines Lact’Union, permet surtout de compenser la baisse de la consommation de lait en France, qui réduit chaque année de 2 à 3 %. Alors le groupe ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. «Nous devons tout d’abord maintenir l’existant, puis nous faire connaître auprès de nouveaux clients potentiels. Notre présence dans les grands Salons, comme le Siaal, à Paris, le Gulfood, à Dubai, ou encore le PLMA, à Amsterdam, est primordiale», ajoute Grégoire Aufort.
Le groupe mise aussi sur la recherche de nouveaux produits, avec plus de valeur ajoutée, qui pourraient séduire les pays étrangers.

Inévitable recyclage
L’un des gros enjeux, pour tous les industriels français, est celui du recyclage des emballages ménagers qu’ils produisent. Car la réglementation est de plus en plus stricte. «D’ici deux ans, le tri sera simplifié pour les citoyens. Toutes les bouteilles et briques iront dans le même bac, assure Grégoire Aufort. Pour nous, cela signifie que nous devons relever le défi des emballages entièrement recyclables, tout en conservant leur alimentarité
Dans ce domaine, les matériaux utilisés chez Lactinov sont déjà dans le coup. La bouteille du lait, fabriquée en PEHD (polyéthylène haute densité), est 100 % recyclable, et 100 % recyclée. «Elle est transformée en tuyauterie, bidons non alimentaires, pare-chocs de voiture, objets de jardinage…» La brique de lait, elle, est faite à 75 % de papier, à 5 % d’aluminium et à 20 % de PEBD (polyéthylène basse densité). Le papier est recyclé (mouchoirs, boîte à œufs, etc.) tandis qu’un tiers de la base d’aluminium et de PEHD l’est (mobilier urbain et de jardin). «Les fournisseurs des usines qui produisent des briques sont mobilisés pour trouver une solution pour que toute la brique puisse être recyclée.»
Autre objet de réflexion : le bouchon de la bouteille. «Pour supprimer les éléments non recyclables, la directive européenne Single Use Plastics impose en 2024 le bouchon solidaire aux bouteilles et briques contenant du lait ou des boissons.» Ne restera plus alors aux citoyens qu’à  déposer le contenant dans le bon bac de tri.

Inscriptions obligatoires pour la visite sur www.lactunion.com
Places limitées à 720 personnes

 

Lact’Union, en chiffres

650 producteurs répartis en Picardie
414 points de collecte
230 millions de litres de lait conventionnel collectés chaque année
6,5 millions de litres de lait bio, secteur en pleine croissance
410 salariés, pour fabriquer lait, crème, beurre, desserts prêts à consommer et lait infantile





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