L'Action Agricole Picarde 04 février 2019 à 06h00 | Par Stéphane Verscheure (chambre d’agriculture)

Le Gaec Tondellier investit dans le lait

Les associés du Gaec Tondellier Cantrel nous ont ouvert leurs portes lors de la journée élevage du 24 janvier.

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Maxime Tondellier et Simon Traulle exposent les différentes composantes de la marge brute laitière.
Maxime Tondellier et Simon Traulle exposent les différentes composantes de la marge brute laitière. - © © S. V.



Depuis 2010, le droit à produire de 400 000 litres n’a cessé d’augmenter. En effet, le transfert de prime vaches allaitantes en quota laitier en 2011, les allocations à l’installation de Maxime en 2012 et, enfin, les achats de quota en 2015, ont porté le droit à produire actuel à plus d’un million de litres. Pour répondre à cet accroissement important, les éleveurs ont fortement investi pour se doter d’un outil performant, tout en améliorant les conditions de travail au quotidien.


Le choix de la logette caillebotis
Les obligations de mise aux normes ont incité les éleveurs à choisir le système logettes caillebotis intégrales, pour ses coûts de fonctionnement maîtrisés, malgré un investissement de départ plus important que le système paillé. Un robot racleur des caillebotis y a été ajouté afin de garantir des aires de circulation bien entretenues ainsi que des pattes plus saines. Pour la traite, les éleveurs se sont orientés vers la traite rotative qui, malgré un coût plus important par rapport aux salles de traite traditionnelles en épi ou par l’arrière, offre un compromis entre la rapidité et la qualité de réalisation, tout en permettant une évolution du troupeau. Evolution que ne permet pas toujours le robot de traite. Le choix du roto intérieur facilite l’observation de tous les animaux en un simple clin d’œil.

La maîtrise des charges comme maître-mots
Dans cet élevage, la marge brute dégagée par l’atelier laitier s’élève à 171 000 €, soit 182 par 1 000 l de lait pour la campagne 2018, pour un objectif de 200 par 1 000 l.
L’analyse de la marge brute est dans ce cas très intéressante pour effectuer une photo de l’atelier lait à un moment donné. Dans ce cas précis, où les éleveurs ont pour objectif d’accroître fortement la production de l’atelier, une analyse de la marge brute permet d’analyser si les objectifs sont suivis.
Le produit viande est limité sur l’année de référence, des animaux ont été gardés pour produire du lait, ce qui pénalise le produit, et ceci, malgré une bonne valorisation du lait, consécutive à une production d’un lait de qualité. Ajoutez à cela que des animaux ont été achetés, l’inventaire est donc en forte augmentation, mais cela ne compense pas les achats et le manque de finition des réformes. Concernant les charges, celles-ci sont identiques à la moyenne, mais avec une grande disparité entre les postes. Les charges d’alimentation sont très élevées et s’expliquent par le fait que le troupeau est en phase de croissance, avec le maintien d’un grand nombre d’animaux pour produire du lait. Le stade de lactation moyen sur 2018 est élevé et la ration distribuée n’est pas suffisamment valorisée par l’ensemble du troupeau. Une augmentation du produit viande, cumulé à un travail de fond sur le poste alimentation devraient aboutir à une marge brute laitière au-delà de 200 par 1 000 l pour les années suivantes. Cet objectif doit être atteint tout en conservant une marge brute à l’hectare très élevée. En effet, le facteur limitant de l’exploitation est la surface dédiée aux animaux. Il faut donc améliorer la marge brute globale en maintenant la marge brute par hectare au-delà de 3 500 /ha SFP.
Pour les frais d’élevage, les éleveurs sont très vigilants sur ces coûts, et n’hésitent pas à se former pour réaliser certaines tâches, autrefois déléguées. Ainsi, Maxime pratique l’insémination de ses laitières, qui lui permet d’intervenir au moment optimum. Ou encore, l’ensemble des associés sont mobilisés lors du contrôle de performance, qu’ils réalisent également eux-mêmes. En effet, les éleveurs ont opté pour le protocole B, réalisé par l’éleveur. En l’occurrence, Maxime a suivi une formation initiale dispensée par Christelle Lecointe, de la chambre d’agriculture. Le suivi mensuel des résultats permet une officialisation des données. Les éleveurs y trouvent une certaine satisfaction, tout en économisant sur ces postes.

- © AAP

L’empreinte carbone des produits

Pour la bonne compréhension du système par les participants lors de la porte ouverte, un diagnostic Cap2er a été réalisé pour l’exploitation, afin de déterminer l’empreinte carbone. Le schéma ci-dessus reprend les principaux postes et leurs impacts sur les émissions de gaz à effet de serre. Il apparaît que la fermentation entérique, c’est-à-dire la production de méthane par les animaux, représente plus de 40 % de la part des émissions. Ces données s’expliquent par la situation du troupeau en phase de croissance avec un nombre d’animaux excédentaire, notamment le nombre de vaches improductives, et de génisses de renouvellement. En situation de croisière, ces indicateurs seront proches de la référence. Ces éléments sont donc à travailler dans un souci de protection de la planète, mais aussi pour améliorer la performance économique de l’exploitation…

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