L'Action Agricole Picarde 06 octobre 2016 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Le Cambodge : la nouvelle histoire de l’Afdi Hauts-de-France

A peine passée en grande région, l’Afdi Hauts-de-France a noué un partenariat au Cambodge, avec la Faec.

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La diversification est une réflexion commune à toutes les agricultures du monde. Telle est une des voies empruntées par la Fédération des agriculteurs et des entrepreneurs pour le Cambodge.
La diversification est une réflexion commune à toutes les agricultures du monde. Telle est une des voies empruntées par la Fédération des agriculteurs et des entrepreneurs pour le Cambodge. - © AAP


Si l’Afdi Hauts-de-France a été portée sur les fonts baptismaux dans la foulée de la création de la grande région des Hauts-de-France, l’Afdi Picardie œuvre déjà depuis presque quarante ans aux échanges Nord-Sud. Pendant que les politiques de tous bords se gargarisent de ce dialogue, l’Afdi, créée au national en 1975 par des organismes professionnels agricoles, y travaille sans relâche, avec, bien sûr, la bénédiction du gouvernement.

Concrètement, la mission de l’Afdi est «d’appuyer les organisations paysannes dans les pays en voie de développement et de défendre l’agriculture familiale», explique Flore Ferraro, coordinatrice de l’Afdi Hauts-de-France. Mais ce n’est pas tout. Il s’agit aussi de défendre le métier d’agriculteur et d’augmenter par cette activité les revenus des familles, comme du pays. Sans oublier, une mission d’éducation et de sensibilisation aux enjeux de l’agriculture internationale.
Quel que soit l’objectif à atteindre, «on ne cale jamais notre agricole chez ceux qui font appel à nous. On ne dit jamais ce qu’il faut faire. C’est en partageant les expériences que les gens piochent des idées et se lancent dans l’innovation», précise la coordinatrice.
Que ce soit en Guinée, au Togo, à Madagascar, au Tchad ou au Cambodge, tous les partenariats révèlent des besoins communs, dont le premier de tous est de nourrir sa famille. Sur le plan technique, les mêmes interrogations reviennent sur la façon d’améliorer sa production, puis comment la ven­dre. «Le système de coopérative s’avère pour tous le plus intéressant, car vendre tout seul expose l’agriculteur», commente Flore Ferraro. Reste que si augmenter sa production et ses revenus est l’objectif de tous, il faut aussi savoir gérer. D’où les conseils prodigués sur la gestion familiale. Autre élément important dans tous ces pays : promouvoir l’installation des jeunes, ce qui passe notamment par la valorisation du métier d’agriculteur.
C’est ainsi que le partenariat signé avec la Fédération des paysans du Fouta Djallon, en Guinée, il y a plus de vingt-cinq ans, a évolué de la structuration de la filière de pom­mes de terre, désormais établie, au conseil à l’exploitation familiale et à la promotion de l’installation des jeunes. Comme en Guinée, l’Union régionale de producteurs de cé­réales de la Maritime, au Togo, cherchait au début l’appui de l’Afdi pour créer une coopérative rassemblant des groupements de producteurs de la filière maïs et soja. Le partenariat, signé en 2014, s’inscrit dans la structuration et le fonctionnement interne de la coopérative, comme dans l’accès aux marchés et la commercialisation en commun. Des conseils à la gestion de l’exploitation familiale sont aussi prodigués. Enfin, comme les sols sont pauvres et épuisés, entraînant de véritables enjeux sur le plan de la sécurité alimentaire, de nombreux tests sont menés en agro-écologie.

Partenariats atypiques
Plus atypique est le partenariat noué avec Madagascar, il y a une dizaine d’années, avec l’Union de coopératives Lazan’ny Sambirano. Atypique, il l’est par la filière concernée : le cacao. La demande initiale de la part des agriculteurs malgaches était sur la structuration d’une coopérative, l’organisation d’une collecte commune, de la vente directe aux exportateurs et de la diversification des clients.
Encore plus atypique est le partenariat signé avec le Tchad, en juin 2016, avec l’association des fem­mes Aprofikam (association pour la promotion de la filière karité dans le Mandoul). Leurs demandes ? Les aider à renforcer la structuration de leur association, les accompagner dans la diversification avec le développement d’un volet maraîchage, et développer leur commercialisation. Mais pour ces fem­mes, l’augmentation de leurs revenus a une finalité bien précise : assurer la scolarisation de leurs filles écartées du système scolaire.
De l’Afrique à l’Asie, le pas a été franchi en 2015 avec le partenariat mis en route avec le Cambodge. Cette fois-ci, cependant, il s’agit d’un partenariat «allégé», puisque l’Afdi Hauts-de-France vient renforcer le partenariat déjà signé par l’Afdi de Normandie et l’Afdi du Haut-Rhin. «Etre à plusieurs sur ce partenariat permet de renforcer le travail fait là-bas par les deux Afdi présentes, de mobiliser plus de compétences et d’avoir plus de bénévoles sur le terrain», explique Flore Ferraro. Là encore, on re­trouve les mêmes demandes : la structuration de la Fédération d’associations d’agriculteurs promouvant l’entreprise agricole familiale au Cambodge (Faec), l’accès au marché pour le riz, la diversification et l’installation des jeunes.
Si tous ces partenariats ont du sens pour ces organisations paysannes sous d’autres latitudes, ils en ont aussi pour les paysans français qui s’inscrivent dans la démarche. Ces partenariats permettent non seulement une ouverture sur le monde, mais donnent aussi d’autres perspectives par rapport à ce qu’est l’agriculture française aujourd’hui, comme offrent un changement de vision sur le fonctionnement des coopératives. Et de rappeler à tous un principe de base : il est illusoire de croire que l’on peut s’en tirer seul…

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