L'Action Agricole Picarde 30 octobre 2020 à 06h00 | Par Alix Penichou

Le Jumping d’Amiens Métropole triomphera de la Covid-19

La crise sanitaire n’aura pas raison du Jumping d’Amiens métropole, ces 30, 31 octobre et 1er novembre au Centre équestre de Picardie, à Boves. Le cavalier local Armand Darragon s’imposera-t-il dans le grand prix ?

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Armand Darragon, cavalier professionnel installé à Saleux, fera partie des concurrents du grand prix du dimanche avec Blue Eyes Vesquerie, son cheval de neuf ans. © A. P. Le cavalier est aussi coach et entraîneur. Derniers conseils à la maison pour quelque-uns de ses élèves qui participeront aux épreuves amateurs. © A. P.

Les encouragements du public lors de l’entrée en piste, au galop. Puis le souffle retenu à chaque franchissement d’obstacle. Des «oooh», des «aaah», alors que le  couple cavalier-cheval prend des risques pour être le plus rapide de l’épreuve. Et enfin, les acclamations quand la ligne d’arrivée est franchie, sans aucune barre tombée au sol. Cette ambiance théâtrale est à vivre ce week-end, au Centre équestre de Picardie, à Boves, qui organise le Jumping d’Amiens métropole chaque année.

«Nous avons pris la décision de maintenir l’événement malgré la crise sanitaire, avec toutes les précautions nécessaires, bien entendu, confie Dominique de Thézy, président de la structure. Ce concours est une récompense pour le personnel du centre équestre qui a travaillé d’arrache-pied pendant le confinement pour soigner les chevaux, et pour la centaine de bénévoles qui s’y investissent.» En plus du port du masque obligatoire, des règles de distanciation, ou du système de vente à emporter à la place de la restauration, une des mesures prises est de monter la piste dans la carrière extérieure, et non au manège comme les années précédentes, pour que le public puisse être accueilli en plein air.

«L’ambiance ne sera pas la même, avec moins de proximité entre les concurrents et le public que dans le manège, mais le spectacle sera bien au rendez-vous», assure Armand Darragon, cavalier professionnel installé à Saleux, près d’Amiens, et partenaire du concours. Lui-même tiendra les spectateurs en haleine, puisqu’il défendra son titre décroché en 2018 dans le grand prix (il était deuxième l’année dernière). Il montera son cheval, Blue Eyes Vesquerie, un hongre bai de neuf ans, fils de l’Allegreto. «Il est très respectueux, avec beaucoup de sang, mais il est délicat à gérer car il a peur des autres chevaux. C’est assez problématique au paddock d’échauffement», sourit le cavalier.

Plus que sa propre performance, Armand Darragon espère surtout que l’événement attirera du monde, grâce à un programme d’épreuves entièrement repensé. «Nous avons constaté que le concours s’érodait au fil des années. Celui-ci était peut-être devenu trop élitiste ? Il a donc fallu trouver un compromis pour le rendre séduisant pour les professionnels, tout en l’ouvrant aux cavaliers amateurs locaux.» Des épreuves pour les amateurs accessibles à tous les niveaux sont donc prévues entre les épreuves pour les professionnels. Le dimanche après-midi promet du spectacle, avec le grand prix à 1,30 m, épreuve phare du week-end, et des «six barres», des épreuves de saut en hauteur très divertissantes (cf. encadré).

L’école de la vie

Le professionnel coachera plusieurs de ses cavaliers dans les épreuves amateurs. Car Armand Darragon a de multiples casquettes. Le cavalier est aussi éleveur. Les premiers poulains, portant l’affixe du Bosquet, du nom du chemin où est implantée l’écurie, ont deux ans. «Je perpétue l’histoire car deux des poulinières sont mes anciennes juments de concours. Mais on a beau faire du mieux qu’on peut, les chances de faire naître un bon cheval sont variables. Ce sont aussi des animaux fragiles, qui peuvent se blesser facilement.»

Armand valorise également des jeunes chevaux de commerce. «Une activité difficile, car les réussites sont aléatoires. On peut gagner un week-end et être éliminé le week-end suivant, alors je prends les satisfactions comme elles viennent.» Armand a connu son moment de gloire grâce à Figaro, un cheval qui lui a offert des classements dans des épreuves internationales de niveau deux étoiles. Puis il a fallu former la relève avec des jeunes chevaux. «La remise en question est quotidienne. C’est une sacrée école de la vie !»

Enseignant passionné

L’encadrement de ses élèves est donc devenu une source d’épanouissement. Vingt boxes sur les vingt-cinq de l’écurie sont occupés par des chevaux de propriétaires. «Quand j’étais plus jeune, donner des cours d’équitation n’était pas ce qui m’attirait le plus. Je voulais avant tout monter à cheval. Mais au fil du temps, je me suis investi et pris de passion», avoue-t-il. La récompense de son travail est le sourire des cavaliers. «Quand on parvient à former un beau couple, où à en faire progresser d’autres en leur permettant d’atteindre leur objectif, c’est valorisant.» Ce mercredi matin, il donnait d’ailleurs de précieux conseils à Cyrille, une jeune cavalière qui fera partie des engagés au Jumping d’Amiens Métropole. Après un tel travail de préparation, ne manquera plus que la petite part de chance indispensable à la réussite.

Les temps forts du week-end

Le concours a lieu vendredi, samedi et dimanche toute la journée. Parmi les temps forts :
- l’épreuve de vitesse à 1,30 m du samedi après-midi. Le gagnant sera celui qui aura réalisé le parcours avec le moins de pénalités (une barre au sol est pénalisé de quatre points) et le plus rapidement.
- Le grand prix à 1,30 m du dimanche, en début d’après-midi. C’est l’épreuve phare du week-end. Il faut réaliser un premier parcours sans faute et dans le temps imparti pour se qualifier au barrage. Les qualifiés au barrage effectuent un deuxième parcours. Celui qui l’aura réalisé le plus rapidement, avec le moins de pénalités (barres tombées) gagne l’épreuve.
- Les épreuves des six barres, le dimanche après-midi après le grand prix (une épreuve pour les cavaliers amateurs, une autre pour les cavaliers professionnels). Il s’agit d’un concours de saut en hauteur. Une ligne de six obstacles consécutifs est à franchir. Après chaque passage, le dernier obstacle est monté. Celui qui franchit l’obstacle le plus haut sans faire tomber de barre a gagné.

Spectacle garanti !

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