L'Action Agricole Picarde 13 janvier 2020 à 06h00 | Par Dominique Rémy (Chambre d’agriculture de l’Oise)

Le pâturage des chevaux, tout un programme

Le pâturage des équins consiste à concilier leurs particularités, leurs besoins alimentaires et comportementaux avec la production des prairies... tout un programme !

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Comportement des chevaux au pâturage et production de la prairie ne sont pas faciles à gérer.
Comportement des chevaux au pâturage et production de la prairie ne sont pas faciles à gérer. - © D. R.

La gestion du pâturage par les chevaux est difficile à maîtriser, car leur comportement spécifique tend à dégrader rapidement les prairies. Ils broutent très ras grâce à leurs deux rangées d’incisives, alors qu’il faudrait sortir les animaux d’une parcelle lorsque l’herbe arrive à 5 cm de hauteur. De ce fait, ils épuisent les réserves de la plante, ce qui handicape sa repousse, au profit de mauvaises herbes non consommées, qui profitent de la place et de la lumière disponibles. De plus, ils se déplacent beaucoup - environ 16 km par 24 heures au pâturage - ce qui crée des zones de piétinement, voire de passages boueux peu favorables à la pousse de l’herbe. S’y ajoutent quelques galops, joyeux mais destructeurs si le terrain est peu portant. Ces particularités créent de nombreuses zones de refus, amplifiées par le fait que les crottins sont souvent concentrés dans certaines zones non consommées, avec des plantes qui montent à graines et qui se propagent.

Besoins alimentaires faibles, mais forte capacité d’ingestion
En dehors de l’élevage ou de la compétition, les chevaux et surtout les poneys ont des besoins alimentaires assez faibles en comparaison de leur capacité d’ingestion à l’herbe, alors qu’ils trient les espèces les plus tendres donc avec une plus forte valeur alimentaire et notamment azotée. Le bilan peut être grave car, outre le gaspillage d’herbe, apparaissent bien souvent des maladies métaboliques telles que la fourbure, le diabète... Dans l’idéal, il faudrait rationner l’accès à l’herbe pour correspondre aux besoins alimentaires et préserver le potentiel de la prairie, mais les chevaux doivent bouger. C’est compliqué, mais pas impossible, et le pâturage apporte beaucoup de bénéfices :
- améliorer leur santé : le cheval est un herbivore et son système digestif est conçu pour manger en continu !
- améliorer leur bien-être : satisfaire à un besoin fondamental de mouvement, et il se déplace en mangeant et de préférence en troupeau, pour satisfaire ses besoins de grégarité
- diminuer les charges d’alimentation et de travail, et donc améliorer le revenu de la structure d’élevage.
Il est donc important de bien comprendre les enjeux, pour trouver des solutions de compromis qui tiennent compte du contexte de la structure, de ses atouts et de ses contraintes. L’objectif étant d’adopter des pratiques qui puissent satisfaire les besoins des chevaux tout en valorisant au mieux les hectares d’herbe. Tout un programme !

Gestion des prairies pour chevaux : deux jours pour se former

Deux jours de formation sont proposés pour mieux gérer les prairies pour chevaux, les 3 et 4 février 2020, à Estrées-Saint-Denis, dans l’Oise (vers Compiègne). Les deux jours de formations ont un programme original, dont l’objectif est de vous aider à réussir au mieux ce compromis entre la production de la prairie et la satisfaction des besoins alimentaires et comportementaux des chevaux, en tenant compte du contexte de votre structure, et en mettant en œuvre des méthodes novatrices. L’intervenante, Sabrina Peyrille, est nutritionniste et titulaire d’un diplôme d’Université d’éthologie du cheval.

Au programme
- Lundi 3 février, de 9h30 à 17h30 : module 1, organisée par la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais.
Objectif : comprendre la particularité du pâturage équin, en tenir compte dans la gestion du pâturage afin d’optimiser les pâtures grâce à diverses techniques innovantes.
Comprendre le comportement du cheval au pâturage, connaître les principaux problèmes rencontrés au pâturage et apprendre à les gérer, se familiariser avec les différentes techniques de pâturage, besoins alimentaires/production de la pâture, gestion du pâturage. Tarif : 70 € pour les cotisants Vivéa (chefs d’exploitation et conjoints collaborateurs), 210 € pour les non cotisants Vivéa (salariés, jeunes en parcours d’installation et autres statuts).

- Mardi 4 février, de 9h30 à 17h30, module 2 (besoin d’avoir suivi le module 1), organisée par la Chambre d’agriculture de l’Oise.
Objectif : savoir entretenir sa prairie, choisir son mode d’exploitation, comprendre le pâturage dynamique sur pistes et travailler sur son propre parcellaire pour optimiser la gestion de ses prairies. Savoir entretenir sa prairie, pâturage/foin/enrubannage, le pâturage dynamique sur piste. Analyser son parcellaire, trouver les points d’attrait pour les chevaux, choisir des clôtures et points d’eau adaptés, les principales graminées et légumineuses.
Travail pratique sur son propre cas : optimiser son parcellaire et la gestion de ses prairies. Tarif : 70 € pour les cotisants Vivéa, 210 € pour les non cotisants Vivéa.

Découvrez les détails des programmes et modalités pratiques de ces deux formations sur le site internet de la Chambre d’agriculture ou sur demande auprès de Dominique Rémy au 03 44 11 44 64, ou dominique.remy@oise.chambagri.fr et inscrivez-vous vite, car les places sont limitées !

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