L'Action Agricole Picarde 31 janvier 2020 à 06h00 | Par Samuel Decerf

Biométhane : les ambitions et défis de la région Hauts-de-France

La Région Hauts-de-France affiche de grandes ambitions pour le développement de la méthanisation au sein de son territoire et, plus précisément, pour le process de biométhane injecté.

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Philippe Vasseur rappelle à l’envi vouloir faire de la Région Hauts-de-France un territoire pilote dans le développement de la méthanisation.
Philippe Vasseur rappelle à l’envi vouloir faire de la Région Hauts-de-France un territoire pilote dans le développement de la méthanisation. - © Mission Rev3



Ex-ministre de l’Agriculture et président de la mission Rev3 (3e révolution industrielle), Philippe Vasseur l’a rappelé à plusieurs reprises lors de l’événement Métha’morphose organisé à Amiens le 4 décembre dernier : «Nous devons garder la pôle position nationale et être le premier territoire européen.» Pour la Région Hauts-de-France, l’objectif affiché est de voir quelque 800 unités de méthanisation à biométhane injecté sortir de terre d’ici 2050. Lors de ce même événement, différents ateliers et sessions de réflexion avec des acteurs de la filière ont ainsi permis de rappeler les démarches à suivre pour mener à bien les projets.

Une vision à 360° nécessaire
Directeur du développement Gaz vert chez GRDF, Bruno Waterlot a notamment distillé ses quelques conseils à de futurs porteurs de projet : «Quand on a un projet de méthanisation, il faut avoir une vision à 360°», a-t-il souligné. Autrement dit, «il ne faut pas ne pas s’intéresser qu’à une seule facette du projet. Les aspects techniques sont essentiels».
La faisabilité et la cohérence d’un projet biométhane repose d’abord sur un trépied concernant son futur fonctionnement : provenance, qualité et continuité des gisements d’intrants ; implantation de l’unité de production dont dépend la valorisation de l’énergie produite, avec le sujet du raccordement au réseau ; et, enfin, valorisation des digestats. Mais ne se focaliser que sur ces éléments serait une erreur. Il faut aussi penser au respect des démarches réglementaires avec, par exemple, le dossier ICPE, le montage financier ou, encore, la communication auprès des riverains, des élus… Toutes les facettes d’un projet doivent se faire simultanément afin d’éviter tout grain de sable dans les démarches, d’où la nécessité d’avoir une vision globale et transversale.

L’acceptabilité du projet, un point incontournable
Pour qu’un projet d’unité de méthanisation voit le jour, on considère qu’il faut compter entre trois et quatre ans de démarches et de travaux -  plus, évidemment, pour les gros projets - pour concrétiser un projet. L’une des pierres angulaires de la réussite, c’est l’acceptabilité du projet par les riverains. Pour contrecarrer l’opposition, bien communiquer en amont est donc essentiel. Depuis octobre 2018, une charte baptisée «Concertation et dialogue autour des projets de méthanisation en Hauts-de-France» a été mise en place. Son but ? Être proposée par les porteurs de projet et leurs interlocuteurs dans les territoires. Une finalité : un dialogue apaisé et constructif, gage de réussite.

Quelle contribution de l’agriculture ?
Dans la région Hauts-de-France, la méthanisation s’inscrit dans l’enjeu du déploiement des énergies renouvelables, et de l’économie circulaire ; et l’agriculture peut y contribuer en apportant également une valeur ajoutée aux exploitations. Président de la FRSEA Hauts-de-France et membre de la Chambre régionale d’agriculture, Laurent Degenne a rappelé lors d’une table ronde que l’agriculture «a un rôle important à jouer dans le développement de la méthanisation», bien qu’il s’agisse encore d’une filière «immature». Pour cela, il faudra mobiliser d’importants besoins d’innovation afin de «rendre le système encore plus efficient», a-t’il. Enfin, pour le monde agricole, ce développement doit s’envisager sans concurrence avec les filières alimentaires ou l’élevage. «La méthanisation peut être une activité de diversification pour un certain nombre d’exploitations agricoles, mais cela doit se faire avec des règles, a défendu le président de la FRSEA Hauts-de-France. Profession agricole et élus régionaux y veillent.»

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