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Les brasseurs ont soif des aides promises en juin

Le syndicat Brasseurs de France a saisi, le 3 novembre, le Premier ministre sur l’«aide à la filière brassicole toujours bloquée depuis le mois de juin».

Les brasseurs qui comptaient sur la bière de Noël pour se refaire une santé après la première période de confinement sont aujourd’hui toujours dans l’attente d’une aide de l’État.
Les brasseurs qui comptaient sur la bière de Noël pour se refaire une santé après la première période de confinement sont aujourd’hui toujours dans l’attente d’une aide de l’État.
© Pixabay



4,5 M€ avaient été annoncés à l’époque, selon le délégué général Maxime Costilhes. Une promesse de l’ancien ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui reste pour l’heure sans suite : «Les brasseurs n’ont rien touché», indique-t-il à Agra Presse, précisant que le dossier est «en cours» d’après ses contacts rue de Varenne. Alors que la bière de Noël est lancée le 4 novembre, le secteur se dit «très inquiet» de la fermeture, entre autres, des cafés et restaurants. Les mesures de reconfinement liées au coronavirus sont «un nouveau coup de massue pour la brasserie française», d’après un communiqué. Brasseurs de France demande au gouvernement «une réunion de crise en urgence sur la période de Noël afin de voir comment aider les brasseurs et les autres secteurs touchés», déclarait il y a quelques jours le président Matthias Fekl. Sa demande porte notamment une réactivation des dispositifs d’aides spécifiques (report des échéances bancaires, en particulier).

Les producteurs de bière, qui ont vu leurs stocks s’accumuler avec la fermeture des bars et restaurants, seront «directement» aidés par l’État, selon une annonce le 17 juin de l’ancien pensionnaire de la rue de Varenne. «Le gouvernement a souhaité aider directement» la filière, avait-il déclaré au Sénat, sans préciser les modalités ni l’enveloppe de la mesure. «Les montants définitifs sont en cours d’arbitrage à Matignon», indiquait alors le ministère de l’Agriculture qui n’a pas donné de précisions. Les brasseurs avaient réclamé une aide à la destruction de leurs stocks pour une enveloppe comprise entre 4 et 5 M€.

Une filière de poids dans les Hauts-de-France

Dans les Hauts-de-France, où l’on revendique la place de deuxième région brassicole de France (après l’Alsace), les conséquences de la crise sanitaire sur la consommation ont aussi conduit le président du Conseil régional, Xavier Bertrand, à écrire au ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Dans un courrier du 5 novembre, il rappelle ainsi le poids de l’économie brassicole et les conséquences de la crise sanitaire sur cette filière, «particulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année». «Totalement à l’arrêt lors du premier confinement du 15 mars, la filière brassicole est aujourd’hui une nouvelle fois confrontée à une diminution de l’activité et comptait sur la bière de Noël, qui représentait près de 12 millions de litres vendus en 2019 pour remonter doucement la pente», décrit Xavier Bertrand. Mais depuis, la mise en place de nouvelles mesures de confinement ont contrarié les plans : «La traditionnelle bière de Noël devait être officiellement lancée le mercredi 4 novembre, dans les cafés et restaurants de notre pays, mais aussi dans les nombreux marchés de Noël de nos régions (…) Les mesures sanitaires prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie ont entraîné la fermeture de ces établissements et l’annulation de l’ensemble des événements programmés ces prochains mois, dont les marchés de Noël». Par conséquent, pas ou peu de ventes pourront être effectuées au cours de cette période ; ce qui justifierait, selon Xavier Bertrand, «que l’État évalue les conditions de mise en œuvre d’un dispositif d’aides afin de compenser les pertes financières engendrées par ces nouvelles mesures sanitaires, tout en protégeant les milliers d’emplois que représente la filière brassicole». Dans les Hauts-de-France, on fabrique chaque année quelque 7 millions d’hectolitres, soit 33 % de la production nationale. Le nombre d’emplois directs est, quant à lui, évalué autour de 1 300.

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