L'Action Agricole Picarde 01 décembre 2017 à 08h00 | Par Alix Penichou

Les brochets se reproduiront-ils dans le marais de Tirancourt ?

Une frayère, zone de reproduction des brochets, a été recréée dans le marais de Tirancourt. Ce samedi, une opération de science participative est organisée pour baliser l’espèce classée «vulnérable».

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Plusieurs mois de travaux auront été nécessaires pour la création du site. © Pêche 80 Une roselière a été créée dans le prolongement de la frayère, pour les oiseaux, entre autres. © Pêche 80 Le brochet est classé espèce vulnérable au niveau national. © FNPF La frayère présente les conditions optimales pour la reproduction du brochet. © Pêche 80 Un comptage des brochetons par trait d’épuisette sera réalisé chaque printemps. © Pêche 80

Pêcher les brochets, puis les marquer à l’aide d’une balise pour pouvoir suivre leur évolution. C’est ce que propose la Fédération de la Somme pour la pêche et la protection du milieu aquatique, ce samedi 2 décembre, le long de la Somme, sur le bief en connexion avec la frayère à brochets récemment aménagée au marais de Tirancourt. «C’est un véritable projet de science participative, assure Aryendra Pawar, directeur de la fédération. Nous avons besoin des compétences de pêcheurs pour mettre en place un suivi piscicole.»

Favoriser la reproduction
Car, depuis l’hiver dernier, le «requin» d’eau douce dispose des conditions idéales de reproduction dans ces 20 000 m2 de zone humide réaménagés, aux portes du site de Samara. Des prairies inondées aux mois de février et mars, pendant les périodes de crue, lui permettent de pondre ses œufs dans les herbes. Le poisson est, en fait, attiré par l’odeur de la terre mouillée. Ces mêmes prairies maintenues suffisamment longtemps en eau favorisent l’éclosion des œufs et le grossissement des brochetons, avant qu’ils puissent rejoindre la Somme. Le genre de site de plus en plus rare en France, y compris dans la Somme, avec la canalisation du fleuve. Ce manque de sites de reproduction est l’une des causes de la disparition progressive du brochet, reconnu espèce «vulnérable».
Pourquoi la fédération s’intéresse-t-elle à ce poisson en particulier ? Qui dit brochet, dit carpe, ablette, brème, gardon, tanche, rotengle… Car le carnassier, désigné espèce parapluie, est le plus exigeant pour sa reproduction. S’il arrive à se reproduire, toutes les espèces piscicoles accompagnatrices pourront se reproduire.

Projet à long terme
La frayère est en fait un projet que la fédération de pêche 80 mène conjointement, depuis 2008, avec le Département, le Conservatoire d’espaces naturels de Picardie et l’Agence de l’eau Artois Picardie. Une longue étude a d’abord été menée pour définir le fonctionnement idéal du site, pour qu’un maximum d’espèces puissent y cohabiter. Trois mois de travaux auront ensuite été nécessaires pour recréer le site idéal, avec des zones plus ou moins profondes.
5 100 m2 de terre ont été évacuées, à l’aide de pelleteuses, et 570 ml de réseaux de fossés ont été créés. L’entrée et la sortie d’eau sont gérées par des vannes. Coût total : 181 000 euros (1).
Ne reste plus qu’à attendre que le concerné vienne y déposer ses œufs. «En 2011, le Conservatoire d’espaces naturels a réalisé un piégeage dans le bras de connexion du marais, explique Aryendra Pawar. Très peu de brochets ont été capturés.» La fédération de pêche a désormais en charge leur suivi scientifique. La phase expérimentale débute : une fois balisés, ce samedi, ces poissons pourront faire l’objet d’un suivi par radio-pistage. Des bornes permettront également de détecter l’entrée et la sortie de chacun.

Tout un écosystème
Dans le prolongement de cette frayère, une roselière de 5 200 m² a aussi été créée (coût : 97 250 euros). Ce point d’eau peu­­plé de roseaux permettra le suivi d’autres espèces, elles aussi menacées par la disparition des zones humides. «Nous espérons y observer des oiseaux, tels que le butor étoilé, le blongios nain ou la mourette, précise Guillaume Meire, du Conservatoire d’espaces naturels de Picardie. Nous allons aussi suivre les papillons de nuit, à l’aide de pièges lumineux.»
Et pour entretenir ce milieu naturel, quoi de mieux que des tondeuses naturelles ? Un troupeau de vaches nantaises, appartenant au lycée agricole du Paraclet, ainsi que des chevaux Fjord de la Communauté de communes du sud-ouest amiénois, pâturent dans 15 hectares parmi les 48 du site. «Avant qu’ils ne viennent brouter dans la frayère l’été, nous devons cependant attendre que le milieu se stabilise.»

(1) Financeurs : Feder, Agence de l’eau Artois Picardie, Région Hauts-de-France, Conseil départemental de la Somme et Fédération nationale de pêche.

Programme de la journée

Concours de pêche
de 9h30 à 13h et remise des prix (cartes de pêche et nombreux lots) à 14h. Pêche amicale à partir de 14h30 et poursuite de la pose de balises de radio-pistage.
Visite guidée de la frayère à brochets.

Plus d’informations : www.peche80.com

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