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Les candidats à l’épreuve agricole

FDSEA et JA ont rencontré 23 candidats aux législatives dans la Somme.

© AAP

Il y a 52 candidats officiels aux élections législatives sur les cinq circonscriptions de la Somme, et, dans le cadre d’une journée d’action nationale, la FDSEA et les JA les ont tous invités à venir dans une ferme de leur circonscription se rendre compte des difficultés et des attentes de la profession, et à exprimer leur vision et leur ambition pour l’agriculture et la ruralité dans l’hypothèse de leur élection.
Si dans chaque circonscription, les exploitations visitées présentaient des caractéristiques différentes ; force est de constater qu’il y a des attentes unanimes. La première attente porte partout sur la nécessité de retrouver du revenu pour les agriculteurs : en 2016, un tiers d’entre eux, à l’échelle de la Picardie, déclare un revenu annuel inférieur à 6 000 €, soit environ 500 € par mois, chiffre inférieur au seuil officiel de pauvreté. Et pour reconquérir du revenu, les deux axes sont toujours les mêmes : plus de prix, moins de charges.
Dans le volet «moins de charges», le plaidoyer a été unanime sur la simplification administrative qui génère une lourdeur sur le monde agricole et un ras-le-bol qui vire, au fil des mois, à l’écœurement, et ce d’autant plus qu’il enlève tout son sens au métier d’agriculteur. La première bouffée d’oxygène viendrait de l’explosion du carcan administratif et normatif qui est devenu tellement contraignant que les administrations locales, elles-mêmes, ne parviennent plus à gérer. Les dossiers Pac et PCAE en sont l’illustration. Toujours sur les charges, mais là avec une incidence financière directe et conséquente, l’ensemble des sujets liés à la perception de l’environnement et du bien-être animal qui amène régulièrement à légiférer sous le coup du médiatique ou de l’émotionnel sans prendre en compte ni le coût, ni l’impact économique d’une nouvelle loi, ni sur l’efficacité réelle. Et de citer, par exemple, l’interdiction des cases individuelles pour les veaux, alors que c’est la meilleure protection sanitaire, alors que leur bienfait sanitaire est reconnu évident, les modifications successives des normes de stockages liées aux zones vulnérables dont le coût est estimé à 15 cts du litre de lait par an depuis plus de vingt ans, et qui ne s’éteint pas du fait des modifications successives des normes, ou enfin les distorsions de concurrence tant dans les matières actives que dans les contrôles aux champs contre les producteurs de légumes belges et français, à tel point que la location annuelle des terres agricoles samariennes par des agriculteurs belges ne cessent de croître.
Sur le volet «prix», si le constat général est le fait d’une économie mondialisée, la latitude nationale est bien dans l’application de la loi LME et dans la répartition des marges, notamment avec la grande distribution.
Tous les outils sont à présent disponibles pour surveiller, quantifier et intervenir le cas échéant sur la juste répartition des marges du producteur au consommateur, mais la force publique n’intervient toujours pas et la part qui revient aux producteurs sur les produits alimentaires n’a jamais été aussi faible.
Ces grands enjeux économiques ont été complétés des enjeux sociaux et territoriaux, notamment l’appui à l’installation des jeunes et le renouvellement des générations, l’amélioration du traitement des retraites agricoles avec une convergence sur le régime général tout en gardant le guichet unique MSA, pourquoi pas étendu au RSI en zone rurale, et enfin l’acter aux services et donc le déploiement du haut débit sur tous les territoires, y compris les champs.
Autant de sujets qui ont permis des discussions nourries avec les candidats dont vous trouverez ci-après les principales positions.

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