Aller au contenu principal

Les vertus des couverts végétaux pour la betterave

Victor Le Forestier, agronome et spécialiste du sol a fait le point sur les vertus des couverts végétaux pour la sole betteravière.

Victor Le Forestier, agronome, explique toute la richesse que peuvent apporter les couverts végétaux au sol 
Victor Le Forestier, agronome, explique toute la richesse que peuvent apporter les couverts végétaux au sol 
© Cédric Gardin


Quand on vous dit Cipan, vous pensez tout de suite réduction des pertes d’azote et limitation de l’éroson des sols. Gagné et… perdu. Pas seulement. Dans les vertus, rajouter le contrôle des adventices, l’amélioration de la structure des sols, l’activité biologique des sols, le recyclage des élements minéraux, l’enrichissement en azote, et même l’aspect paysager.
Et plutôt que de penser à un couvert végétal mono-espèce, opter pour un couvert multi-espèces. Ce que vous y gagnerez ? De la biodiversité et de la biomasse. «Avec les mélanges «Biomax», vous bénéficierez d’associations favorables pour assurer un couvert, quelles que soient les conditions de l’année. Ce qui vous permettra d’exploiter tout le potentiel nutritif du sol, mais aussi d’augmenter la biomasse et de mieux contrôler les adventices», conseille Victor Le Forestier, agronome et spécialiste du sol, lors des Journées Mont Blanc, à Voyennes.

Quels mélanges choisir ?
Pour des mélanges binaires, la moutarde blanche et le trèfle d’Alexandrie font bon ménage. Itou pour un mélange triple avec moutarde blanche, phacélie et vesce. Selon les tests réalisés pour les mélanges «Biomax», celui à base de tournesol, phacélie, pois, vesce apporte 9,4 t de matière sèche par hectare. Avec, pour mélange, de la moutarde, de la phacélie et de la vesce, mélange triple, les résultats sont de 6 t de matière sèche par hectare. Conclusion de l’expert : «Dès qu’on ajoute une légumineuse, on déplafonne les résultats en termes de biomasse.» Mais comment associer les plantes pour atteindre les sommets ? «C’est un peu de la cuisine», reconnaît l’agronome.
Cuisine ou pas, il conseille comme plantes tuteurs de la moutarde, de l’avoine brésilienne ou encore de la féverole, voire du lin. Pour les plantes buissonnières, le radis chinois, la moutarde Abyssinie ou le seigle sont pas mal du tout. Enfin, pour les plantes grimpantes, le pois fourrager et la vesce sont en bonne position. Mais le ticket gagnant est l’association de ces trois types de plantes pour empêcher la lumière d’atteindre le sol. «Si la culture des couverts permet de garder la structure du sol organisée, une plante ne sera jamais capable de réparer la compaction», rappelle Victor
Le Forestier.

Quand semer ?
Pour les intercultures courtes et longues, «il faut semer très tôt. A partir du moment où vous avez moissonné, les jours sont comptés», indique-t-il. Toutefois, s’il faut semer le couvert très tôt, il est impératif de tenir compte des itinéraires culturaux et des objectifs. Mais qui dit mélange d’espèces, dit graines de tailles différentes. Pour mélanger grosses et petites graines, rien de mieux que de semer ces dernières à la volée. «Pour tirer le maximum d’un couvert, il faut penser comme une culture. Cela vaut la peine de rouler pour réappuyer le sol. C’est même l’idéal pour parfaire un semis à la volée», indique-t-il.
Suivant le système retenu, on peut semer en semis direct, ou bien sans travailler le sol. Dans ce cas, l’usage d’un semoir triple trémie est indiqué. Se développe aussi le semoir à dents permettant de semer sans déchaumer. Et «en option low cost, vous pouvez modifier un déchaumeur à dents pour semer», propose l’agronome. L’intérêt du semis à dents : on conserve la structure du sol intacte.

Couverts permanents
Imaginons un colza avec une légumineuse. Le couvert pousse. La céréale est semée dans le couvert. Deux options : soit on détruit le couvert dans la céréale, soit on le conserve, puis on y ajoute une autre culture quand le moment est venu. «En agissant ainsi, on va encore plus structurer le sol, produire de l’azote et limiter l’érosion», précise Victor Le Forestier.
Quelle que soit l’option choisie, ce qu’il faut retenir, c’est qu’avec les couverts végétaux, vous enregistrerez moins de pertes de nitrates et vous plafonnerez les rendements. La preuve ? «Avec les couverts dans les blés, les rendements sont constants. Mais il est clair que, pour la betterave, les résultats ne sont pas aussi flagrants. Néanmoins, les rendements sont supérieurs à ceux de la moyenne obtenue sans couvert.»

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

À Attin, une panne de chaudière à la sucrerie stoppe provisoirement les arrachages de betteraves

Une panne de chaudière touche depuis ce jeudi matin la sucrerie Tereos d’Attin (62). Le service agricole demande aux planteurs…

webinaire UNPT pommes de terre contrats sécheresse
Pommes de terre : comment éviter le piège du déficit de volumes contractuels

Face aux difficultés de production que peuvent rencontrer les producteurs de pommes de terre cette campagne, l’Union nationale…

transport betteraves Tereos
Des camions de betteraves rappelés à l’ordre pour vitesse excessive

Des riverains de la rue de Montreuil, à Conchil-le-Temple (Pas-de-Calais), dénoncent la vitesse excessive de certains camions…

Sénatoriales : dans la Somme, trois sièges, sept listes et un scrutin très ouvert

Le 27 septembre, les grands électeurs de la Somme départageront sept listes pour trois sièges au Sénat. Si les trois sénateurs…

agrainage sangliers Aisne chasse
Agrainage du sanglier : ce que les chasseurs de l’Aisne en pensent

Consultés par référendum sur l’interdiction de l’agrainage du sanglier entre le 15 octobre et le 15 février, 2 250 chasseurs…

Qui sont les éleveurs derrière la prochaine vache égérie du Sia ?

En 2027, la Ferrandaise sera sous les projecteurs du Salon international de l’agriculture. Derrière la future vache égérie,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde