L'Action Agricole Picarde 23 mai 2018 à 06h00 | Par Bernard Griffoul

Manutention : la ration mélangée avec un godet

Les godets désileurs, mélangeurs, distributeurs sont conçus pour faire une ration mélangée. Avec deux limites néanmoins : le volume et l’impossibilité d’y mettre des fourrages à brins longs non coupés.

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La gamme Emily de godets horizontaux s’étend de 0,9 à 7,5 m3. Ils sont équipés au choix d’une mâchoire hydraulique ou d’un rotor qui peut tourner vers l’arrière pour un remplissage optimal. © © Emily Les godets verticaux se basculent vers l’avant pour le chargement des fourrages. Ils peuvent recevoir des fourrages plus longs. © © Robert

Distribuer une ration mélangée ne nécessite pas forcément une remorque mélangeuse. Des godets désileurs mélangeurs sont capables de ramasser les aliments, les mélanger et les distribuer. Deux types de modèles et quatre constructeurs se partagent le marché : les godets horizontaux (Emily, Desvoys, Robert) et les godets à vis verticale (Robert, Fliegl). Ils sont adaptables sur tout type d’engin :
chargeur frontal, télescopique, trois   points... Plusieurs équipements de désilage sont proposés au choix :
rotor de désilage et différents modèles de mâchoires hydrauliques.
Dans les godets horizontaux, le mélange et la distribution sont assurés par une vis sans fin de conception propre à chaque constructeur et entrainée par un ou deux moteurs réducteurs. En option, il est possible sur certains modèles de distribuer des deux côtés. Les godets du constructeur belge Robert sont conçus un peu différemment : ils possèdent à la fois un mélangeur et une vis de distribution au fond. Sur les modèles une sortie, la rotation de cette dernière peut être inversée pour remonter vers le haut des aliments (farine...) tombés au fond du godet, assurant ainsi «un mélange homogène sur toute la largeur», assure Sébastien Robert.

Le godet vertical : une petite mélangeuse
Ces godets ont toutefois une limite de taille : ils ne peuvent mélanger que des aliments à brins courts
(3 à 5 cm). Impossible d’y mettre des quantités importantes de foin ou d’enrubanné qui n’auraient pas été coupés au préalable (presse avec système de coupe type rotocut). «Si on veut incorporer 1 kg de paille par vache, il n’y aura pas de souci, mais pas question de faire une ration avec 50 % d’enrubannage à brins longs avec ce type de godet», prévient Jérôme Lefebvrier de la société Emily. Certains modèles de godets sont conçus pour accepter des parts importantes d’ensilage d’herbe.
Le godet vertical proposé par le constructeur Robert, d’une capacité de 3,5 m3, est conçu comme une mélangeuse. Deux vis verticales équipées de couteaux assurent le mélange des ingrédients et la distribution, à droite ou à gauche. Il existe aussi en 2,5 m3 avec une seule vis. «On peut mélanger de la paille longue, du foin et de l’enrubannage de 20 - 30 cm de long maximum, précise Sébastien Robert. On met les produits à couper dans le fond sans faire tourner, puis on charge des produits lourds au-dessus.» De son côté, Fliegl propose un godet mélangeur vertical de 1,6 m3 en acier galvanisé avec une vis verticale équipée de couteaux qui décompactent, mais ne coupent pas. Les fourrages ne doivent pas excéder 15 cm de longueur. Les godets verticaux sont équipés des mêmes dispositifs de chargement que leurs homologues horizontaux (rotor de désilage, griffe, mâchoire).

Pas plus de cent mètres entre silos et table d’alimentation
Par rapport à une mélangeuse, le fait de pouvoir alimenter avec un seul engin est un avantage, à condition toutefois que les silos ne soient pas trop éloignés de la table d’alimentation. Sinon, la perte de temps en allées et venues serait trop importante. Les volumes utiles des godets horizontaux ne dépassent guère 4 m3, sauf chez Emily, dont la gamme (trente-neuf modèles) va jusqu’à 7,5 m3. Mais, il faut disposer de l’engin de manutention capable de le porter. «Avec un tel volume, on peut alimenter aisément 250 à 300 vaches laitières, assure Jérôme Lefebvrier. En moyenne, nos godets font deux ou trois tours. Si les silos sont à moins de cent mètres, on gagne du temps par rapport à une mélangeuse.» Un avantage également en termes d’investissement : de 11 000 à 16 000 € en prix de base pour les godets horizontaux Robert et de 14 000 à 17 000 € pour les godets verticaux. «Le modèle le plus vendu de 3,4 m3, avec rotor de désilage, fond inox et quelques autres options est entre 20 000 et 25 000 », précise Jérôme Lefebvrier (Emily).
Pierre Lépée, conseiller machinisme à la Chambre d’agriculture de la Creuse, conclut : «Je crois beaucoup aux godets mélangeurs pour les concentrés, dont la distribution est un réel problème dans les troupeaux allaitants de grande taille. Certains éleveurs achètent un bol mélangeur pour résoudre en fait un problème de concentré. Le godet à aliments secs est une option intéressante, surtout en ration sèche ou lorsque l’éleveur est déjà équipé d’une désileuse.» Plusieurs constructeurs en proposent.

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