L'Action Agricole Picarde 25 juillet 2020 à 06h00 | Par Alix Penichou

Mission hérisson : participez à l'enquête de recensement

Le hérisson d’Europe est menacé. Une enquête nationale est lancée depuis le 16 juillet. La mission : observer, identifier, et compter les empreintes hérissons.

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En comparant les données collectées sur plusieurs années, les scientifiques pourront suivre la tendance d’évolution des populations de hérissons.  © Pixabay



Il est petit et tout mignon, avec ses oreilles rondes et sa tête allongée, malgré sa toison de piquants. Discret, puisque solitaire et nocturne, le hérisson est le véritable auxiliaire du jardinier. Mais de nombreuses menaces pèsent sur le plantigrade : collisions routières, intoxication et empoisonnement par les granulés anti-limaces, noyade, tondeuses à gazon, blessures causées par les animaux domestiques…
Les chiffres sont alarmants : en 2018, le centre de sauvegarde de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) situé à Audenge (33) a accueilli plus de six cent cinquante hérissons blessés en l’espace de quelques mois. Une tendance qui tend à se confirmer en Europe. «En quinze ans, un tiers des hérissons a ainsi disparu des campagnes d’Angleterre», affirme la LPO dans un communiqué.
Une enquête nationale est donc lancée, depuis le 16 juillet, avec l’appui de l’unité MoSaic du Muséum national d’Histoire naturelle : «votre mission, si vous l’acceptez, consiste à observer, identifier, compter les empreintes hérissons», explique la LPO. En comparant les données collectées sur plusieurs années, les scientifiques pourront suivre la tendance d’évolution des populations de hérissons. «Il est pour cela très important que les participants se mobilisent chaque année. Qui plus est, les informations recueillies enrichiront à terme la connaissance sur les densités de hérissons en fonction des milieux échantillonnés et des régions concernées.»

Accessible à tous
Inutile d’être un expert pour participer à l’enquête Mission hérisson : il suffit de s’équiper d’un tunnel à empreintes disponible à la boutique LPO pour un montant de 25 €, ou à fabriquer soi-même (cf. encadré), à condition de respecter certaines règles. Le tunnel sera ensuite disposé pendant cinq jours consécutifs dans un jardin ou un coin de nature que le participant aura choisi, en respectant le protocole expliqué.
Première étape : choisir un lieu. Le tunnel peut être posé dans un jardin ou dans un coin de nature, à un endroit où il ne risque pas d’être altéré ou détruit (attention aux risques de fauche et de submersion). Afin d’optimiser ses chances de fréquentation, il est conseillé de le poser le long d’une structure linéaire (haie, clôture, mur, lisière…) et bien à plat. Il faut ensuite enregistrer le lieu de pose du tunnel sur le site de l’enquête. Lors de chaque session de pose, il faudra ré-installer le tunnel exactement à l’endroit choisi. «Si vous souhaitez poser plusieurs tunnels, il faut respecter une distance minimale de 1 km entre chaque tunnel posé simultanément et d’au moins 500 m pour des tunnels posés successivement», est-il précisé.
Le tunnel doit ensuite être installé pour cinq nuits. «Préparez l’intérieur du tunnel (cf. encadré), puis, le soir venu, placez l’appât (une quinzaine de croquettes pour chat) au centre de la plaque amovible. Glissez la plaque à l’intérieur et laissez le tunnel en place toute la nuit.» Tous les matins, durant cinq jours, il faut aller voir si des empreintes ont été laissées sur les feuilles. «Si des empreintes sont présentes, relevez les deux feuilles, et remplacez-les par des feuilles vierges. Bien noter sur chaque feuille la date du jour de relevé. Si les feuilles sont vierges, laissez-les en place et regardez si l’appât a été mangé.» Les empreintes doivent être identifiées à l’aide du guide de reconnaissance des empreintes. «Si des doutes persistent, ce n’est pas grave, la communauté hérisson du site est là pour s’entraider.»

Protocole à renouveler
Il s’agit ensuite de poster la photo des deux feuilles sur le site. «Grâce à la grille qui apparaît sur la photo, sélectionnez pour chaque espèce l’empreinte la plus représentative et associez-la à une espèce. Faites de même pour chaque espèce identifiée.» Dernière étape : participer à la validation des empreintes saisies par les autres participants. En effet, ce sont les participants qui assurent la validation des données enregistrées. Une donnée validée trois fois est une donnée validée. «Vous êtes invités à aller valider les observations des autres participantes. Si vous pensez l’identification fausse, vous pouvez suggérer une correction. Et, inversement, les autres participants participeront aussi à la validation de vos observations.»
Une fois la session de cinq nuits réalisée, attendez au moins six semaines avant de recommencer. Dans un souci de fiabilité des données, il faut reposer le tunnel exactement au même endroit (à 1 m ou 2 m près). «Ce protocole doit être reproduit plusieurs fois par an et cela, durant plusieurs années. C’est grâce à des données sur le long terme que nous serons en mesure de savoir comment se porte la population de hérissons», commente la LPO. Outre le hérisson, d’autres espèces auront également peut-être l’occasion de se distinguer, comme le mulot, le lérot ou la fouine…

Toute l’actualité sur cette enquête est consultable sur le site https://missionherisson.org



Construire son tunnel à empreintes soi-même

Comme il s’agit d’un dispositif réalisé dans le cadre d’une étude scientifique, il est important de respecter les indications données afin de ne pas fausser les résultats de l’enquête. «Le tunnel permet grâce à un système d’appât, d’encre et de feuilles, d’identifier les espèces présentes grâce aux empreintes laissées lors de leur passage dans le tunnel», explique la LPO.
Le tunnel doit être en forme de boite rectangulaire ou triangulaire, et comporter une plaque amovible pour pouvoir relever les empreintes. Le respect des dimensions est primordial pour le succès de l’enquête. Pour une forme rectangulaire, le tunnel doit impérativement faire 1 m de long par 15 cm de hauteur et 21 cm de largeur (taille du passage). Pour une forme triangle, les dimensions sont de 1 m par 21 cm de côté. Le matériau (contre-plaqué extérieur ou plastique) doit être opaque et solide, ne pas présenter de dangers pour la faune et être résistant dans le temps.

Consulter le tuto ici

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