L'Action Agricole Picarde 20 juillet 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Moissons : «Cette année, cela se présente pas trop mal...»

Jean Ebersbach gère à la fois une exploitation à Conteville et une autre à Ailly-sur-Noye.

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La moisson du blé «Bel «épi» s’est terminée dimanche à Ailly-sur-Noye. Moyenne de rendement : 87 qx/ha.
La moisson du blé «Bel «épi» s’est terminée dimanche à Ailly-sur-Noye. Moyenne de rendement : 87 qx/ha. - © F. G.

De Conteville sur la côte picarde à Ailly-sur-Noye, au sud de la Somme, ce n’est pas la même histoire qui se décline en termes de moissons. A Conteville, les blés sont à peine mûrs et, ce week-end, alors que dans le Santerre et dans le canton de Montdidier, les moissonneuses-batteuses entamaient leur ballet incessant dans les champs, sur la côte picarde, rien de tel.
«Les conditions n’étaient pas réunies pour mettre en route la moisson. Les terres étaient encore trop humides ce week-end. Une fois cela dit, cela ne se présente pas trop mal. Certes, les cultures ont un peu souffert avec la sécheresse, mais cela devrait le faire, car nous sommes sur de bonnes terres de limons», dit Jean Ebersbach. Et d’espérer de retrouver au moins une moyenne de rendement autour de 90 qx/ha , comme à l’ordinaire, et non 70 qx/ha comme en 2016.
En revanche, pour les escourgeons, l’affaire est dans le sac. C’est terminé, et le rendement moyen s’est révélé supérieur à l’année précédente, soit 83 qx/ha contre 70 qx/ha l’an dernier. «C’est vraiment très bien pour cette année. Nous n’avons vraiment pas à nous plaindre de ce côté-là», relève Jean Ebersbach.
Dans tous les cas, l’agriculteur, installé en Gaec avec son frère depuis 1987 sur l’exploitation de leur mère, ne se fait pas trop de soucis. Et pour cause. Les deux frères ont diversifié les cultures. En effet, outre le blé et l’escourgeon, ils produisent également des plants de pomme de terre, de la betterave sucrière, du lin textile et des pois de conserve, le tout sur 250 ha. «Avec les moissons de l’an dernier, notre revenu a baissé, mais ce n’est pas encore une catastrophe comparativement à ceux qui ne font que des céréales ou du lait et de la polyculture dans ce coin», dit-il.
Pour ce qui est de la betterave sucrière, c’est de bon augure. «Comme nous avons eu de la chaleur, c’est bien parti. Les betteraves poussent mieux que l’an dernier en dépit du manque d’eau. Autre avantage pour nous : nous avons des parcelles homogènes. On devrait atteindre les 90 tonnes à l’hectare», commente Jean Ebersbach.
Si le manque d’eau n’a pas, pour l’heure, affecté la levée des betteraves, tel ne sera pas le cas avec les plants de pomme de terre. «Ce sera plus compliqué cette année. Pour le moment, nous observons un bon maintien en végétation, mais ce sera sans doute moins bien que d’habitude», prévoit-il. Même constat pour le lin textile. L’agriculteur a constaté une bonne levée dans ses parcelles, mais il pense que ce ne sera pas une année extraordinaire.

Sur les terres d’Ailly
Sur la ferme de son épouse, Dorothée, Jean Ebersbach cultive, sur 78 ha, du blé, de l’escourgeon, du colza et de la betterave sucrière. Ici, les terres sont bien moins bonnes que sur la côte picarde. «Ce sont des terres toutes blanches et très disparates d’une parcelle à l’autre. Avec les conditions climatiques d’avril, le mal a été fait sur ces terres», explique-t-il. Et d’espérer arriver à 50 ou 60 qx/ha pour le blé dans les mauvaises terres au vu de la présence d’un seul épi par pied. Conséquence : sur ces terres-là, les blés étaient très clairsemés. En revanche, sur les bonnes terres, «le blé se présente plutôt bien. On espère atteindre les 90 qx/ha», disait-il le jeudi 12 juillet.
Finalement, une fois la moisson terminée, dimanche dernier, la moyenne de rendement était de 87 qx/ha dans les bonnes terres, avec un bon poids spécifique, et 75 qx/ha dans les petites terres.
Pour les escourgeons, c’était fini avant le 12 juillet. Dans les moins bonnes terres, la moyenne de rendement a atteint 66 à 67 qx/ha, et dans les bonnes terres  83 à 84 qx/ha. Et l’agriculteur de relever que la qualité est toujours meilleure à Ailly-sur-Noye qu’à Conteville pour les escourgeons.
Pour le colza, semé dans ces terres séchantes, «j’espère faire entre 25 et 30 qx/ha à vue d’œil. Ici, il faudrait de l’eau régulièrement. L’ajout d’azote n’a pas joué. Il ne fallait pas mettre d’azote au moment où les techniciens nous le disaient», s’agace-t-il un peu. Ils ont terminé dimanche la moisson. Au final la moyenne de rendement est de 32 qx/ha.
Enfin, pour les betteraves sucrières, le constat est à l’identique que celui tiré à Conteville. Là aussi, les betteraves poussent mieux que l’an dernier. Et d’espérer faire plus que les 70 tonnes à l’hectare obtenues en 2016.
«Ceux qui font de tout dans ce secteur pourront s’en sortir. En revanche, pour les purs céréaliers, ça devient dur. Une fois cela dit, cela se présente pas trop mal, d’autant que les prix repartent à la hausse. Ce qui est inquiétant, en revanche, c’est l’évolution du climat depuis quelques années. Les terres sont de plus en plus dures à préparer, car il n’y a plus vraiment d’hiver. A cela s’ajoute toutes les matières actives qui sont supprimées au fur et à mesure. Sans cultures spécialisées, il devient difficile de s’en sortir.  De fait, je pense que ce sera difficile pour nos enfants de s’installer dans les prochaines années», conclut Jean Ebersbach.

 

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