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Noriap : mieux vendre ses céréales en y associant des services

Les huit assemblées de section de Noriap ont débuté dans le pays de Bray le 21 novembre dernier.

Le conseil d’administration a fait le choix de redistribuer la quasi-totalité du résultat aux adhérents.  
De gauche à droite : Martin Migonney, Luc Vermersch, Xavier Becquet et Jean-François Gaffet.
Le conseil d’administration a fait le choix de redistribuer la quasi-totalité du résultat aux adhérents.
De gauche à droite : Martin Migonney, Luc Vermersch, Xavier Becquet et Jean-François Gaffet.
© C. L.


Echanges, débats et proximité ont été la ligne de conduite des assemblées de section de la coopérative agricole Noriap pour cette année. Traduction : un déroulé d’assemblées moins chargé, afin de libérer du temps pour les questions et les échanges entre les adhérents et les personnes à la tête de la coopérative. Mais c’est aussi l’organisation de deux assemblées de section supplémentaires, dont une de plus dans la zone géographique du Ponthieu-Vimeu-Plateau picard nord et une seconde également dans la section du Vimeu-Plateau picard ouest.
Au programme et commun à chacune de ces assemblées de section, la présentation de quelques chiffres pour la campagne 2017, mais surtout un retour sur la campagne précédente, sa commercialisation, etc. S’ensuit la présentation des activités de l’exercice comptable du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017 et de quelques actualités du groupe Noriap.

Des produits à la baisse…
Une chose est sûre, la récolte de 2017 a été bien meilleure que celle de 2016. Pour rappel, la coopérative avait rentré, en 2016,
825 000 tonnes de céréales contre 1 324 500 tonnes en 2015. Côté qualité, le taux de protéines était bon voire très bon mais, à l’inverse, le poids spécifique, en moyenne estimé à 71,6, était faible, voire trop faible. Bref, des chiffres peu plaisants, inhabituels, «qui, dès le début du mois de juillet, interrogeaient nos principaux clients, mais également la coopérative : comment commercialiser une telle récolte ?», raconte Philippe Florentin, directeur adjoint du groupe Noriap.
Le travail ne fut pas simple. «Un vrai travail d’artisan», s’attarde à dire la coopérative mais, «dans 90 % des cas, de nouvelles grilles qualitatives ont été mises en place suite aux renégociations individualisées engagées avec tous nos clients et de tous nos contrats. Chose réalisable, car nous travaillons avec des industriels locaux, et que nous avons bâti, depuis plusieurs années, une relation de confiance», explique le directeur adjoint. A contrario, «négocier une nouvelle grille qualitative à l’export est impossible», ajoute-t-il.
La coopérative a donc entrepris un travail de titan, et a tenu à remercier ses salariés pour le travail qui a été accompli. Car, en effet, l’ensemble des grains ont dû être retravaillés et une logistique qualitative spécifique conséquente a dû être mise en place. Ainsi, pour la récolte de blé en 2016, 56 % étaient à destination de l’amidonnerie, 14 % à la meunerie, 11 % à l’éthanol, et le restant à destination de l’export, de la biscuiterie ou encore de l’alimentation animale. Cette moisson a induit, en parallèle, au niveau comptable, une perte de 10 à 12 millions d’euros sur la marge.

…tout comme les charges
Côté investissements, ils ont été divisés par deux, soit 6 millions d’euros alloués au cours de cet exercice comptable, contre 12 à 13 millions d’euros habituellement. Le projet Epsilon, lancé depuis plusieurs années, qui consiste à une refonte totale de la structure de collecte et de stockage avec la fermeture ou plutôt la réorientation de certains silos en tant que plateforme de réception, mais aussi, en parallèle, le déploiement de silos majeurs, comme celui de Beauval inauguré cette année, a donc été ralenti le temps d’une année.
La coopérative a également mis en place une «année blanche» en termes de gestion du capital coopératif. Elle a aussi réduit ses charges en approvisionnement intrants et sa masse salariale. Pour les adhérents, «rapidement, nous avons décidé de mettre en place un prêt de trésorerie court terme. Ce sont d’ailleurs 1 200 dossiers qui ont été souscrits à ce court terme», rappelle Jean-François Gaffet, président du groupe Noriap. Opération que Noriap a annoncé renouveler une fois de plus cette année, consciente que pour les exploitations agricoles, ce n’est pas une seule année qui suffira à effacer celle de 2016. Le conseil d’administration a aussi fait le choix de redistribuer la quasi-totalité du résultat à ses adhérents via des compléments de prix.
Ainsi, au 30 juin 2017, date de clôture des comptes, la coopérative affiche un chiffre d’affaires de 291,40 millions d’euros et un résultat net de 1,5 million d’euros. «Un résultat plutôt satisfaisant quand, dans le prévisionnel, il avait été estimé à zéro», se satisfait Jean-François Gaffet.

Réinventer la commercialisation
Quant à cette année, l’enjeu est de taille pour la commercialisation des céréales. «Nous devons reconquérir nos parts de marché perdues l’année précédente, tout en sachant qu’une fois de plus l’offre sur le marché mondial est supérieure à la demande et les stocks augmentent, explique Philippe Florentin. La production mondiale est de nouveau en hausse, les volumes que nous produisons sont, malgré tout, faibles et la parité euro/dollar ne joue pas en faveur du blé français.» De plus, ce dernier doit faire face à de nouveaux concurrents, comme l’Argentine pour l’export en Algérie, par exemple. Puis, il y a la Russie qui exporte de plus en plus et, qui depuis trois ans, produit en moyenne 10 millions de tonnes supplémentaires par an. Face à ces constats, la commercialisation des céréales doit donc se réinventer selon Noriap. La coopérative semble alors miser sur la vente de ses produits en y associant des services comme l’envoi de train complet, la garantie de traçabilité, etc. Mais cela sera-t-il suffisant ?

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