L'Action Agricole Picarde 17 décembre 2015 à 08h00 | Par François Magnier

Noriap : un nouveau cycle pour le groupe coopératif

Premier collecteur du département, le groupe Noriap a présenté le bilan de son exercice clos au 30 juin 2015, lié à la récolte 2014.

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Jean-François Gaffet, président de Noriap, a présenté le partenariat avec la coopérative La Flandre, et la constitution d'Union Flandre Picardie.
Jean-François Gaffet, président de Noriap, a présenté le partenariat avec la coopérative La Flandre, et la constitution d'Union Flandre Picardie. - © AAP

Noriap n'a pas échappé à la règle : des surcoûts de prêt de 3,5 millions d'euros ont été nécessaires pour trier, alloter, sécher et valoriser au mieux la collecte. Sur le périmètre de la coopérative, celle-ci s'est établie à 1 173 000 tonnes, un chiffre à peu près stable. En redistribuant 28 millions d'euros de compléments de prix durant la campagne (dont 14 au 30 juin 2015), 1,4 million d'euros sur les activités phytosanitaires et 2 millions d'euros sous forme de ristourne de 3,5 EUR/Tonnes aux adhérents au prix de campagne, Noriap clôture l'exercice avec un montant net de 3,9 millions d'euros.
La coopérative poursuit ses investissements à hauteur de 14,5 MEUR, chiffre stable depuis 2010 contribuant à la création de capacités de stockage nouvelles, tout en contenant son endettement à 21 %, soit le niveau le plus faible des cinq dernières années.
Avec les activités des filiales, fruits des différents partenariats et développements, le chiffre d'affaires consolidé du groupe Noriap s'établit à 570 MEUR en 2015, et les fonds propres sont aussi forts à 131 MEUR, soit quasi doublement depuis 2006, une nécessité pour faire face à la volatilité.

D'un plan à l'autre
L'assemblée générale a été l'occasion de faire le passage du plan d'entreprise des cinq dernières années «Ambition 2015» à celui des cinq prochaines années. Martin Migonney, directeur du groupe, a rappelé les principales concrétisations réalisées, notamment la mise en place des structures autonomes comme Semences Fourragères de Picardie ou en partenariat, comme Yséo avec Sodiaal, Séliance et Sillage avec Cap Seine et Novial avec In Vivo et les coopératives voisines. Dans le même temps, la coopérative a créé de nouveaux silos, comme à Fleury ou Hautvillers Ouville.
Le cycle de projet suivant, baptisé Néo, repose sur trois piliers : servir les adhérents, apporter de la valeur ajoutée et investir la nouvelle agriculture. Premier partenariat, a présenté Jean-François Gaffet, celui avec la coopérative La Flandre, et la constitution d'Union Flandre Picardie, qui permet à chaque entité de garder son identité et son autonomie. Sur les enjeux technologiques ou agro-écologiques, Noriap lance une réflexion intense pour être en capacité d'accompagner ses adhérents dans leurs projets allant dans ce sens.

- © AAP

Serge Papin : le commerce coopératif

Jean, basket et veste : à 60 ans, le président du groupe Système U joue du coude avec son rival Michel-Edouard Leclerc pour incarner l'image du commerce sur les plateaux télé. Quelle carte joue Serge Papin pour se démarquer ? Celle de la coopération...

«Nous sommes, nous aussi, une coopérative.» Le propos peut surprendre dans la bouche d'un des cinq patrons de la grande distribution française. Qui l'eut cru ? Système U est une coopérative, ce qui permet à Serge Papin d'en donner une définition et des limites. Une coopérative, c'est une convergence d'intérêts pour ses adhérents. Ils expriment leurs intérêts, les mettant en commun et mobilisent des moyens pour y parvenir. L'outil, composé de «permanents» et qualifié de «technostructure». Et d'emblée, les choses sont claires. «Ce n'est jamais la technostructure qui ne fait pas le travail, mais il peut arriver que ce soit les élus. Il y a un grand malaise quand l'intérêt de la technostructure prend le pas sur ceux des adhérents. Toutes les coopératives ont ce même risque.»
Y-a-t-il d'autres similitudes ? Oui, celle de la difficulté de renouveler des générations. «En GMS, nous avons parfois du mal, nous aussi, à céder un magasin, à trouver un jeune entrepreneur prêt à s'investir et à investir. Notre groupe travaille pour accueillir, former et épauler tous les jeunes gérants des magasins.»

Quel avenir pour les productions agricoles ?
Serge Papin a lancé à la salle une phrase qui n'a pas manqué d'interpeler : «Sur les produits alimentaires, nous aurons dans les dix ans des problèmes de «sourcing», d'approvisionnement. C'est vous qui choisirez vos clients. Si nous souhaitons aujourd'hui mettre en place des partenariats et des contractualisations, c'est pour garantir à chacun sa part de la valeur ajoutée, et ce, dans la durée», a-t-il précisé. Mais de tempérer en même temps, en ajoutant que «la valeur ajoutée, elle est au plus près du consommateur, quel que soit le produit».
Autre conviction, celle de la segmentation des produits alimentaires : «Le consommateur est prêt à payer plus de produits qui correspondent à ses attentes. Un lait produit par trente vaches à l'herbe peut ne pas avoir le même prix pour le consommateur, et nous devons, nous producteurs, et nous consommateurs, être en mesure d'y répondre.»
Le numérique interpelle aussi la grande distribution : «Rendez-vous compte, une entreprise comme Airbnb, qui ne possède aucune chambre, pèse en bourse deux fois plus que le groupe Accor qui en détient plus de 500 000 dans le monde. Le modèle de e-commerce qui va s'installer et celui en places de marché, à savoir des outils qui ne possèdent rien, mais mettent en relation avec le plus de pertinence les offres et les demandes.»

Rééquilibrage de force
Serge Papin présente le rapprochement Auchan/Système U comme une force pour ces groupes : «Le leader est Carrefour avec 25 % des parts de marché ; nous pesons 15 et 10 %. En unissant nos capacités, nous allons peser d'égal à égal.» Et même d'annoncer, sans sourciller : «En étant à quatre centrales d'achat à dimension équivalente, la guerre des prix ne devrait plus avoir lieu, car aucune n'aura la capacité à faire décrocher les prix.» Cela laisse sceptique...

Communiquer
Autre axe de l'exposé, celui de la communication. «Une bonne communication, ça porte en interne et externe. Pour la coopération, vos campagnes portent en interne, mais aussi en externe, car ce n'est pas une marque en tant que tel.»
Mais de poursuivre en considérant qu'entre la part inhérente aux producteurs, aux coopérateurs, aux distributeurs, une communication globale peut apporter aux consommateurs des éléments lui permettant d'accepter de payer plus cher. C'est le cas de nombreux produits U, nettement plus chers que les premiers prix, mais qui correspondent à des attentes des consommateurs. Et de citer l'engagement du groupe à être prêt à honorer les prix d'annonces de l'été sur le lait et la viande. Cependant, il regrette que les producteurs soient absents en tant que tels des négociations commerciales, car ce sont les mieux placés pour expliquer leurs éléments de conjoncture. La porte est-elle réellement ouverte ?
F. M.

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