L'Action Agricole Picarde 14 décembre 2017 à 08h00 | Par Alix Penichou

Ostéopathie : le squelette des vaches entre de bonnes mains

Frédérique Legenvre est ostéopathe animalier. Depuis 2014, elle bichonne aussi les vaches laitières ou allaitantes. Elle est parfois le dernier recours avant l'abattoir.

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Curieux et sceptiques. Voilà l'état d'esprit dans lequel étaient les Depoilly, éleveurs laitiers à Friaucourt, dans la Somme, lorsqu'ils ont fait appel à Frédérique Legenvre, ostéopathe animalier, pour la première fois. «C'était il y a trois ou quatre ans, explique Etienne Depoilly. Nous voulions tenter de sauver une vache que le vétérinaire destinait à l'abattoir.» La Prim'Holstein s'était déboîtée l'épaule. Une manipulation aura suffi à la remettre d'aplomb.
Depuis, Etienne et Julien, en Gaec avec leur père Eric, sollicitent les mains de fée de Frédérique dès qu'une des cent vingt laitières est accidentée. «Mais je ne remplace pas un vétérinaire, prévient l'ostéopathe. Mon activité est complémentaire à la leur. S'il y a déchirure ligamentaire ou musculaire, ou s'il y a infection, ce n'est pas de mon ressort.» Le petit gabarit de l'ostéopathe a cessé de faire douter les agriculteurs. «Il n'y a besoin de force que ponctuellement. Dans ce cas, je demande l'aide de l'éleveur.»
Ce lundi, toute l'attention était portée à une vache qui souffrait d'un mal de pied au postérieur gauche, qui a causé une boiterie. Le pied est désormais soigné, mais la noire et blanche boîte toujours. Dès que les mains se posent sur son dos, la «patiente» semble en confiance. «On dirait qu'elle sait qu'on va lui faire du bien. Elle est même plus sage qu'avec nous», plaisante Julien. Quelques palpations et Frédérique a trouvé la cause du problème : «La vache a compensé douleur à droite en s'appuyant à gauche. Cela lui a provoqué une torsion des vertèbres lombaires.» Une corde attachée au pied droit, une extension du postérieur vers l'arrière. En quelques minutes, le tour est joué.

De la mécanique
Pour les Depoilly, cette méthode est la bienvenue. Régler le problème à la source plutôt que de camoufler le mal à coup d'anti-inflammatoires. «C'est moins contraignant que lorsqu'il faut appliquer un traitement, avec des piqûres à renouveler régulièrement. Et puis, on peut continuer à traire sans problème. On fait désormais partie des convaincus de l'ostéopathie», assure la famille.
Convaincus, tous les agriculteurs ne le sont pas encore. La réputation de «rebouteux» peut coller à la peau des ostéopathes. Pourtant, Frédérique Legenvre assure : «Il n'y a pas de "on y croit ou pas". L'ostéopathie, c'est de la mécanique. Du concret.» La professionnelle, ex-militaire, a choisi de se reconvertir dans ce «métier-passion» en 2010. Une activité non reconnue d'Etat - puisqu'elle ne possède pas de diplôme de vétérinaire - mais «tolérée». Quatre années de formation auront été nécessaires.
Pourquoi les vaches ? «Pourquoi pas ? Elles méritent autant d'attention que les autres animaux. Elles nous donnent leur lait et leur viande.» Aujourd'hui, les chiens et les chats représentent 60 % de son chiffre d'affaires. Les chevaux environ 25 %. Les animaux d'élevage - «Des vaches et aussi des chèvres, puisque deux chèvreries m'appellent régulièrement» - ne sont encore qu'une petite partie de la clientèle. «Mais l'activité se développe de plus en plus, grâce au bouche-à-oreille.»
Comptez une demi-heure en moyenne pour une séance complète. Frédérique prend toujours le temps de faire un bilan pour expliquer d'où venaient les maux. Il faut ensuite entre cinq et quinze jours à l'animal pour se remettre totalement.
L'ostéopathe prend en compte les contraintes de chacun. «Si je ne suis pas sûre de remettre sur pied une vache à viande, par exemple, et qu'elle risque de perdre beaucoup de poids, je souffle à l'éleveur que l'abattoir serait la meilleure solution.» Pour éviter ce genre de déception, Frédérique espère que les agriculteurs l'appelleront de plus en plus tôt. «Plus la situation est prise en charge rapidement, plus les chances de la bête sont importantes.»

Frédérique Legenvre, à Criel-sur-Mer. Tél. : 06 87 16 21 17
Prix : vache, chèvre : 50 EUR, veau : 40 EUR.
Retrouvez notre vidéo sur le site www.action-agricole-picarde.com

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Florence (59) | 14 décembre 2017 à 11:21:13

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