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Paraclet : élèves et professeurs se rebellent contre la vétusté du lycée

Le 7 avril, les lycéens et les professeurs du Paraclet organisaient une manifestation sur site, juste avant le conseil d’administration de l’établissement, pour demander la rénovation des bâtiments.

Plus de cent cinquante élèves manifestaient, ainsi que quelques professeurs, au lycée du Paraclet, devant la salle du conseil d’administration.
Plus de cent cinquante élèves manifestaient, ainsi que quelques professeurs, au lycée du Paraclet, devant la salle du conseil d’administration.
© F. G.

A quoi pense un lycéen la veille des vacances ? A ses vacances, bien sûr. Au Paraclet, les lycéens avaient pourtant autre chose en tête ce vendredi 7 avril : se faire entendre de la Région pour que celle-ci engage rapidement des travaux sur les bâtiments vétustes de leur lycée. Théo, élève de1re STAV-TPA, avait même composé la veille au soir une petite chanson pour la circonstance.
Extraits : «J’suis rentré dans mon lycée, et les travaux n’étaient pas faits. Donc, j’ai arrêté de travailler, et j’ai raté ma scolarité. Tout ça à cause de Xavier qui n’a pas voulu payer, car il préfère négocier […] Mais on ne veut pas abandonner. Si Xavier ne veut pas signer, on ira manifester. Tout d’abord au Paraclet. Et s’il le faut dans le Pas-de-Calais…». Le tout repris en cœur par plus de cent cinquante élèves, venus manifester devant la salle du conseil d’administration, dès 8h30 du matin.
Petit retour en arrière. En 2016, plusieurs rencontres ont lieu avec la Région au sujet du très mauvais état du bâtiment principal du lycée (qui abrite l’internat et les salles de classe), mais aussi de celui la halle de machinisme dépourvue de chauffage. Des travaux sont actés pour juin 2017. Une nouvelle réunion avec la Région sur le site du Paraclet, en janvier 2017, bouleverse la donne. «La Région nous a annoncé que les travaux ne seraient pas réalisés en juin 2017 comme prévu, et peut-être remis en cause», raconte Sylvain Guenard, professeur en éducation socioculturelle au lycée agricole, et membre du conseil d’administration.
La colère gronde dans les rangs des enseignants et des élèves. Chacun, de son côté, envoie des lettres à la Région, avec photos et vidéos à l’appui, pour dénoncer l’état des lieux de leur établissement. Une pétition lancée par les élèves recueille même 180 signatures. Rien ne bouge.

Coup de semonce
Un préavis de grève est déposé pour le 7 avril. La demande est faite au national le 31 mars, le préavis est transmis à la Région, ainsi qu’à la Draaf le 3 avril. Le 5 avril, comme par miracle, la direction de l’Education de la Région dépêche sur place ses experts pour établir un premier constat. Dans l’après-midi, la vice-présidente en charge de l’Education, Manoëlle Martin, ainsi que Jean-Michel Serres, président à la Région de la commission agriculture et agro-alimentaire, se déplacent également pour visiter les lieux. Le constat est sans appel : il faut agir.
Le jeudi soir, veille de la manifestation programmée par les professeurs et les élèves, la direction de l’Education de la Région envoie un mail confirmant les travaux de restructuration de l’internat pour l’été 2018. Les interventions urgentes à réaliser avant la rentrée 2017 sont listées : remise en état des douches et sanitaires, des murs et plafonds, remise aux normes des installations électriques, installation de la wifi, augmentation du nombre de prises de courant dans chaque chambre, sécurisation des accès, raccordement au réseau gaz pour permettre de remettre du chauffage à la halle de machinisme… De quoi, pense la Région, stopper la grogne. Erreur. La manifestation est maintenue pour le lendemain.

Ce qui a été acté
Avant l’ouverture de la séance du conseil, deux élèves membres du conseil d’administration et quatre élèves délégués de classe, répètent leurs doléances et demandent à ce que tous les points recensés dans le mail soient actés. Les deux élèves membres du conseil en font de même à l’ouverture du conseil. Les professeurs leur emboîtent le pas. Plusieurs élèves en grève décident de chahuter quelque peu le conseil, en entrant dans le bâtiment et en déclenchant l’alarme. Quelques professeurs calment le jeu. Tout rentre dans l’ordre. Dès lors, le conseil d’administration déroule son ordre du jour sans d’autres interruptions pendant que les élèves en grève continuent de faire le siège devant la salle.
A l’unanimité, le conseil d’administration vote pour les travaux d’urgence listés par la direction de l’Education de la Région pour la rentrée prochaine, ainsi que pour des travaux de rénovation du bâtiment principal en juin 2018. Pour quel budget ? Le 30 mars dernier, la Région a voté un plan pluriannuel d’investissement pour les lycées. L’attribution des financements établissement par établissement fera l’objet d’un vote en octobre. «Le budget alloué jusqu’à la fin du mandat sera de 845 millions d’euros pour l’ensemble des lycées. Les investissements pour Le Paraclet seront alors définis. Mais, dès juin, des travaux d’urgence seront entrepris pour rendre l’internat correct, en attendant sa rénovation complète en juin 2018. Le Paraclet fait partie des priorités», précise Jean-Michel Serres.
Si tout semble aller dans le bon sens, le corps enseignant a cependant décidé de faire une demande de calendrier des travaux d’ici juin pour avoir la garantie que ceux-ci seront bel et bien entrepris pour la rentrée prochaine. Parmi les élèves, les réactions sont contrastées. Certains sont contents, d’autres doutent de la sincérité des paroles, d’autres encore considèrent que ce qui a été décidé n’est pas suffisant. Rendez-vous en juin.

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