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Pas de trêve des confiseurs entre Saint Louis Sucre et l’OP de Roye

Malgré des relations tendues entre l’industriel Saint Louis Sucre et l’OP des betteraviers de Roye, cette dernière croit toujours en sa légitimité et en ses chances pour défendre la rentabilité.

Le groupe Saint Louis Sucre affirme avoir d’ores et déjà atteint le volume minimum de betteraves nécessaire au bon 
fonctionnement de l’usine de Roye pour la campagne 2020.
Le groupe Saint Louis Sucre affirme avoir d’ores et déjà atteint le volume minimum de betteraves nécessaire au bon
fonctionnement de l’usine de Roye pour la campagne 2020.
© D. R.




Une douche froide, suivie d’une avalanche de mauvaises nouvelles. Pour une partie des producteurs de betteraves livrant au groupe Saint Louis Sucre, les derniers jours ont été pour le moins compliqués et incertains. En cause ? La décision prise par Saint Louis Sucre de ne plus proposer de contrat pour les semis 2020 à ceux d’entre eux qui n’ont pas retourné un exemplaire de la proposition individuelle qui leur avait été adressée avant le 30 novembre. La mauvaise nouvelle leur a été apprise par un courrier recommandé avec accusé de réception daté du 20 décembre. Dans le corps de cette lettre, qui fait état de relances de la part de l’industriel, et d’un délai de réponse allongé, il est ainsi écrit que l’offre de contrat Saint Louis Sucre daté du 30 septembre 2019 est désormais «caduque».

Une OP pour structurer la relation
Cette décision de la part de l’industriel n’a pas manqué de faire réagir l’OP des betteraviers de Roye ; laquelle continue de défendre le principe d’organisation des producteurs pour mieux peser dans les discussions entre planteurs et transformateur. Dans un courrier adressé à ses adhérents le 21 décembre, l’OP des betteraviers de Roye dénonce ainsi le cynisme de Saint Louis Sucre lorsque ce dernier confie «prendre acte de votre décision de ne pas produire de betteraves pour Saint Louis Sucre». L’OP continue par ailleurs de croire qu’elle est sur la bonne voie en s’appuyant sur la signature prochaine de l’arrêté de reconnaissance qui la concerne par le ministère de l’Agriculture. Pour son président, Benoît Gerbaux, «l’OP est un modèle d’organisation pour structurer la relation entre planteurs et Saint Louis Sucre qui reste pertinent et indispensable pour sécuriser une recette betteravière durable et conforter l’approvisionnement d’une sucrerie». Il rappelle dans le même temps l’une des avancées de la Loi Egalim : le droit reconnu pour les agriculteurs de se constituer en OP pour vendre leurs produits.

Une organisation qui dérange SLS
Du côté de l’industriel implanté localement, comme du côté de sa maison-mère en Allemagne, on ne l’entend pas de cette oreille. Une rencontre prévue le 20 décembre entre les responsables de Sudzucker – la maison-mère de Saint Louis Sucre – et de représentants de planteurs a en effet été annulée, à l’initiative des premiers. Dans un feuilleton qui emprunte désormais le terrain judiciaire, on apprenait il y a quelques jours que Saint Louis Sucre a assigné la Scica de Roye devant le tribunal de commerce d’Amiens pour obtenir l’annulation de ses dernières assemblées générales, dont celle ayant approuvé les statuts permettant la commercialisation des betteraves des adhérents. Preuve, s’il en fallait une supplémentaire, que c’est le principe même d’organisation des producteurs qui dérange Saint Louis Sucre. Pas prête à baisser pavillon, l’OP des betteraviers de Roye a, quant à elle, depuis saisi le médiateur des relations commerciales agricoles du ministère de l’Agriculture pour, affirme-t-elle, «ouvrir une discussion avec SLS, dans le délai d’un mois». De manière volontaire ou pas, il finira bien par arriver un jour où les deux parties se parleront.

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