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Pauline et Anne-Sophie : duo gagnant du concours Prairies

Organisé par le Gnis dans la région Nord-Est, le concours Prairies 2016 a récompensé Pauline Petit et Anne-Sophie Leroy, deux jeunes étudiantes de l’IUT de Génie biologique, option agronomie, d’Amiens.

De gauche à droite : Pauline Petit et Anne-Sophie Leroy ont remporté le  quatrième prix du concours Prairies.
De gauche à droite : Pauline Petit et Anne-Sophie Leroy ont remporté le quatrième prix du concours Prairies.
© AAP


Elles sont comme toutes les jeunes femmes de leur âge. Elles parlent des copines, des petits amis, des messages envoyés par les uns et les autres sur Facebook, des dernières soirées qu’elles ont faites, du film qu’elles sont allées voir, etc. Mais aussi d’agronomie, d’élevage laitier, de contexte pédoclimatique ou encore de système fourrager. Elementaire mon cher Watson. Deux raisons à cela : elles sont filles d’agriculteurs en polyculture et en élevage et, depuis 2014, étudiantes à l’IUT de Génie biologique, option agronomie. Elles ? Pauline Petit, 22 ans, originaire de Mureaumont, dans l’Oise, et Anne-Sophie Leroy, de Saint-Léger-aux-Bois, en Seine-Maritime.
Avant même de participer au concours Prairies du Gnis, ces deux-là avaient déjà une réflexion solide sur la manière d’améliorer un système fourrager. Et pour cause. Face à la crise agricole, qui touche notamment les éleveurs laitiers depuis presque deux ans, la recherche de l’autonomie alimentaire pour les bêtes fait partie des préoccupations familiales. «L’herbe, c’est ce qui coûte le moins cher. Il ne faut pas cracher dessus en ces temps difficiles. Par ailleurs, l’herbe, c’est très bon pour les vaches», commente Pauline, dont les parents ont semé des prairies avec du méteil. Même réflexion dans la famille d’Anne-Sophie où l’on traque les baisses des coûts de production.
Autrement dit, ces deux-là sont particulièrement sensibilisées à la question des prairies. Aussi, bien que le concours Prairies était un passage obligé pour l’ensemble des élèves de leur promotion, elles n’ont pas ménagé leurs efforts pour rendre le meilleur dossier possible. Mais la concurrence était rude. Pas moins de 440 élèves d’IUT et de DUT de la région Nord-Est étaient en lice. Ce sont pourtant elles qui ont décroché la quatrième place du concours, damant le pion à ces messieurs, bien plus représentés en termes d’effectifs, que ce soit à l’IUT d’Amiens ou sur l’ensemble du territoire. «On était vraiment surprises d’être parmi les lauréates du concours», n’en revient toujours pas Pauline. «Mais on est satisfaites», ajoute immédiatement Anne-Sophie.

Sur le terrain
La problématique soumise aux élèves ? Présenter un dossier, en binôme, sur une amélioration simple et réaliste d’un système fourrager. Ne restait plus qu’à trouver l’exploitation. «Rien de plus facile, raconte Anne-Sophie. Nos parents étant agriculteurs, nous leur avons demandé si l’on pouvait faire notre recherche chez eux.» Ses parents ont dit banco. «C’était tout bénéfice, tant pour nous, que pour eux, car cela leur a permis de réfléchir à des pistes d’exploitation pour apporter une amélioration du système alimentaire de l’élevage», ajoute-t-elle.
Leur terrain de jeu ? Quatre hectares de prairies sur les quatre-vingt de l’exploitation. Les prairies sont sur des terres crayeuses et vallonnées, offrant donc peu de possibilités pour y cultiver des grandes cultures. L’idée : implanter de la lu­zerne sur trois ans sur ces quatre hectares - où est pratiquée une rotation blé et maïs aux faibles rendements - avec plusieurs coupes dans l’année. «L’idée, précise Anne-Sophie, est d’allonger la rotation et d’apporter un apport protéique dans la ration des vaches laitières en implantant de la luzerne.» Mais avant d’arriver à la proposition, elles ont dû faire l’étude de l’exploitation, sa situation, son cheptel, ainsi qu’une analyse du système fourrager existant. Et, avant toute chose, répondre aux attentes de la famille. Les données économiques ont été aussi passées au crible, ainsi que les données agronomiques.
A Anne-Sophie, l’éclairage sur l’exploitation qu’elle connaît comme sa poche, et la rédaction du dossier, à Pauline, l’expertise d’un regard extérieur et des idées nouvelles. Aux deux, la même passion chevillée au corps, celle d’analyser sous toutes les coutures une exploitation et l’interactivité entre les choix faits et les actions à mener, d’autant plus dans une période aussi difficile que celle-là pour l’agriculture, où il est impératif de valoriser la production et d’en diminuer les coûts.
Leur application et la cohérence de leur dossier ont séduit le jury. «Ce n’est pas un grand dossier, commente Daniel Bahu, ex-professeur de l’IUT d’Amiens, à la retraite aujourd’hui, mais toujours membre actif du jury du concours. Mais il n’y avait pas d’erreurs. Elles ont compris le système de l’exploitation, ont répondu à la demande de l’éleveur, et leur proposition est vraisemblable. Sans compter que ce dossier est généralement bien écrit et ne présentait pas de fautes d’orthographe, par ailleurs.»
Prochaine étape pour ces demoiselles : décrocher leur diplôme et travailler dans l’agriculture. Le rêve de Pauline ? Devenir conseillère en élevage. Celui d’Anne-Sophie ? Continuer dans l’expérimentation végétale, puis devenir conseillère en protection des cultures. Gageons que ces jeunes femmes, les pieds bien sur terre, et la tête bien faite, trouveront leur chemin sans trop perdre de temps.

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