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Phytos : la coopérative Calipso penche pour la vente

Contrainte par la réglementation à choisir entre vente et conseil de produits phytopharmaceutiques, la coopérative installée entre le Vimeu et le Ponthieu opte pour le premier choix.

A gauche : après onze ans à la tête de la coopérative Calipso, Hubert Bray passe le témoin.
A droite : d’ici quelques jours, le directeur Jean-Charles Denis formera un tandem avec un nouveau président.
A gauche : après onze ans à la tête de la coopérative Calipso, Hubert Bray passe le témoin.
A droite : d’ici quelques jours, le directeur Jean-Charles Denis formera un tandem avec un nouveau président.
© Calipso




Pour Calipso, la question de la séparation des activités de vente et de conseil en matière de produits phytosanitaires est tranchée : ce sera la vente plutôt que le conseil. Président et directeur de la coopérative sont revenus sur ce choix lors de son assemblée générale qui s’est tenue le jeudi 5 décembre à Abbeville. Arrivé à la direction de la coopérative il y a un an, Jean-Charles Denis explique ce choix : «Nous avons regardé où se trouvait l’intérêt de l’agriculteur et il a semblé au conseil d’administration que c’est en privilégiant la vente que l’on lui rendrait le mieux service.» Au cours de l’exercice 2018-2019, l’activité approvisionnements de la coopérative s’est chiffré à quelque 23 632 180 €, en augmentation de 7,15 % par rapport à l’exercice précédent ; cette augmentation est notamment due à des augmentations significatives des postes «engrais» et «phytos». Pour son président Hubert Bray, la séparation entre la vente et le conseil reste un sujet sensible «dont on n’a probablement pas fini de discuter» : «Rien n’est clair. Cela va donner lieu à des batailles de juristes, des charges additionnelles pour la coopérative, comme pour les agriculteurs.» Le métier de technico-commercial peut-il par ce biais être remis en question ? Directeur commercial et technique de Calipso, Jean-Marc Tahon n’est pas vindicatif, mais il émet certains doutes : «Même si nous choisissons la vente, il y aura toujours une part de conseil, mais il se fera différemment de ce qu’on a l’habitude de faire. Tout n’est pas encore abouti et de nombreuses questions sont en suspens.» Une chose est sûre pour les responsables de Calipso, cette séparation entre vente et conseil traduit une volonté des pouvoirs publics de limiter l’utilisation par les agriculteurs de produits phytopharmaceutiques, «alors que l’on sait que ces produits sont utilisés par nécessité, et pas pour le plaisir», défend M. Tahon.

Compléments de prix et ristournes au rendez-vous
En ce qui concerne la vie de la coopérative, pas d’autres turbulences ne sont à signaler. «La situation financière de l’entreprise est saine», a témoigné son directeur, Jean-Charles Denis. L’exercice 2018-2019 s’est clôturé avec un résultat net de 1 314 469 €, ce qui l’autorise à pratiquer une ristourne d’1 % sur l’activité approvisionnement et d’1 € par tonne sur l’activité collecte. La direction de la coopérative rappelle par ailleurs avoir procédé au versement d’un complément de prix avant la clôture de l’exercice pour un montant de 1 211 266 €, avec un règlement en juillet dernier.
Hubert Bray peut quitter la présidence de Calipso l’esprit tranquille. Au terme de la présentation de l’activité de la coopérative et de ses comptes, l’agriculteur installé à Estrées-les-Crécy a en effet annoncé son départ de la tête de la coopérative ; une fonction qu’il exerçait depuis sa création en 2008. Son successeur devrait être nommé par le conseil d’administration dans les prochains jours ; une assemblée dont Hubert Bray continuera de faire partie en tant qu’administrateur pour les deux années à venir.

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