L'Action Agricole Picarde 27 avril 2018 à 06h00 | Par Florence Guilhem

Pommes de terre : bien piloter son irrigation

Suivant les débouchés de la pomme de terre, les pratiques d’irrigation varient.

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La majeure partie de l’irrigation dans la Somme se fait avec des systèmes d’enrouleurs et canons. Les systèmes de rampes sont peu développés, car cela suppose des parcelles très carrées.
La majeure partie de l’irrigation dans la Somme se fait avec des systèmes d’enrouleurs et canons. Les systèmes de rampes sont peu développés, car cela suppose des parcelles très carrées. - © V. Marmuse / CAIA

Pour les chairs fermes, «on irrigue plus tôt pour obtenir des petits calibres et éviter la régression des tubercules», indique Solenne  Garson, ingénieur conseiller agricole au Groupement d’intérêt technique et économique de la pomme de terre (Gitep), à Estrées-Mons. Autre raison de l’irrigation : lutter contre la gale commune. L’irrigation permet en effet d’asphyxier la butte et travailler au plus fin. En revanche, pour les débouchés de type industriel, «l’irrigation n’est pas systématique. Ainsi en est-il, par exemple, pour des variétés tolérantes telles que Marquise, Magnum, etc.», ajoute-t-elle.
L’irrigation débute à partir de l’initialisation de la tubérisation, mais un peu avant pour la pomme de terre chair ferme et quarante-cinq jours après la levée pour la pomme de terre industrielle. Reste que l’irrigation n’est pas systématique. Tout dépend, comme toujours, des conditions climatiques. Qu’en sera-t-il cette année ? «Pour l’instant, ça se présente bien. Les fonds sont assez humides. Autrement dit, on ne part pas avec des réserves à sec, mais nous ne sommes encore qu’au début de la plantation», relève Solenne Garson.
Dans tous les cas, «quand on commence à irriguer, il ne faut pas mettre de grosses quantités d’eau, soit 15 mm/jour (le niveau moyen étant à 25 mm/jour) pour ne pas endommager les buttes», ajoute-t-elle. La pression au canon doit être suffisante pour éviter les très grosses gouttes (exemple : 5 bars pour une buse de 20 mm). Pour les passages suivants, les doses d’irrigation sont généralement de 20 à 30 mm, et le rythme doit être adapté au climat.
L’arrêt des irrigations dépend de la date prévue de défanage, et donc de la destination des pommes de terre. Ainsi, pour les pommes de terre de consommation, la date d’arrêt dépend du rendement, des calibres et parfois de la teneur en matière sèche. Pour les pommes de terre à chair ferme, l’irrigation doit être arrêtée quatre à huit jours avant la date prévue pour le défanage (ce délai dépend du climat). Les variétés à lenticelles apparentes ont un arrêt plus précoce (sept à huit jours).
Enfin, pour les pommes de terre destinées à la transformation industrielle, à la fabrication de frites, chips ou de purée, on recherche des teneurs en matière sèche des tubercules élevées (20 à 25 %). Afin de garantir les objectifs de production et la qualité de la récolte, le défanage doit être réalisé pour un taux de sénescence du couvert supérieur à 50 %. On respectera généralement un délai de huit à dix jours entre la date d’arrêt des irrigations et la date de défanage.
Autre élément à ne pas oublier : gérer impérativement son irrigation en fonction de sa protection fongicide. «Il ne faut pas mettre de produits qui ne tiennent pas avec 20 mm d’eau pour éviter leur lessivage dans les sols», rappelle l’ingénieur agricole. Si la pomme de terre est une culture exigeante en eau, il y a bel et bien des étapes à respecter pour réaliser une bonne irrigation.

Piloter l’irrigation à la parcelle
Pour bien piloter son irrigation en fonction des réserves d’eau de leurs sols, les agriculteurs peuvent utiliser l’outil d’aide à la décision Irré-LIS® pomme de terre, une application dressant des bilans hydriques en ligne conçue par Arvalis - Institut du végétal. Irré-LIS® prend en compte la typologie des sols, les pluies, les variétés de pommes de terre, leur stade et les irrigations faites pour déterminer le stress hydrique.
En début de campagne, l’utilisateur doit communiquer sur sa parcelle, son sol, la date de plantation et la variété. Ensuite, en cours de campagne, il doit enregistrer les pluies et l’irrigation. Avec tous ces éléments, l’outil d’aide à la décision leur précise quand irriguer, s’il faut recommencer après une pluie et quand arrêter.

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