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Constituer des stocks fourragers sur pieds de qualité

Le fourrage pâturé est sans conteste la méthode la plus économique pour nourrir ses animaux.

Rigueur et méthodes sont nécessaires pour éviter une telle situation.
Rigueur et méthodes sont nécessaires pour éviter une telle situation.
© Gnis



La récolte et le stockage des fourrages peuvent tripler le prix de revient de la tonne de matière sèche «à la bouche de l’animal». Mais la nature est ainsi faite que la production des prairies n’est pas régulière, ni prévisible en fonction des conditions de température, d’humidité et des plantes de la parcelle. Parfois, on récolte du fourrage que l’on ne redistribue que quelques semaines plus tard, en période d’été.
S’il est établi que la règle essentielle du pâturage est de faire consommer une végétation dense, d’une hauteur située entre 15 cm à l’entrée des animaux à 5 cm à leur sortie, on peut aussi envisager le stockage d’une végétation un peu plus haute pour être consommée plus tardivement et réduire le coût du machinisme.

Rigueur et méthodes
Néanmoins, cette pratique exige des règles minima, et ne doit pas être un simple abandon de végétation, puis d’y remettre des animaux dans une végétation haute. Ces règles sont d’abord d’avoir fait déprimer (1), puis étêter (2) la végétation afin de gagner en densité et de contenir la présence d’épis. Donc, un pâturage précoce, puis un second.
On observe ensuite la pousse et, lorsque l’herbe vient à manquer dans les autres parcelles, on aborde cette parcelle par le pâturage au fil avant, mais aussi arrière si possible. Il convient d’estimer la consommation journalière des animaux et le stock d’herbe et de les mettre en adéquation.

Espèces fourragères adaptées
Il est fondamental que la végétation soit adaptée pour que la qualité ne soit pas altérée. Chez les espèces prairiales des prairies temporaires, des critères sont prioritaires pour constituer des stocks sur pieds de qualité : la résistance aux maladies, la prédisposition à la remontaison et la résistance à la sécheresse. La présence de légumineuses est quasi indispensable pour gagner en stabilité de la valeur du fourrage, pour maintenir l’appétence et bénéficier de la fixation d’azote.
Les espèces estivales par excellence sont le dactyle, la fétuque élevée, le trèfle blanc, le lotier, la minette, la luzerne et le trèfle violet que l’on peut envisager au pâturage en mélange.
En prairie de courte ou moyenne durée (trois ans), le ray-grass hybride mérite d’être signalé, car il a un système racinaire puissant, puis il résiste à la chaleur et à la sécheresse. De plus, la sélection offre un panel de variétés remarquables.

Bien choisir ses espèces et ses variétés
Les sites internet www.prairies-gnis.org et www.herbe-book.org sont à la disposition de chacun pour informer sur les caractéristiques des espèces et des variétés.  L’occasion de rappeler que le plein été et la fin d’été sont aussi les périodes optimales pour ressemer les prairies, car la végétation naturelle est moins compétitive et la terre est chaude. Seules les conditions hydriques pourraient être un facteur limitant.

(1)
Déprimage : pâturage précoce de l’herbe au printemps qui a pour incidence de faire taller et densifier la végétation.
(2) Etêtage : pâturage de la végétation alors que l’épi est déjà dans la gaine. L’animal le consomme alors et, en principe, la graminée ne produit ensuite que des feuilles le restant de l’année.

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