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Quel impact sur les casseries d’œufs ?

La décision de la grande distribution n’est pas non plus neutre pour les casseries d’œufs. Exemple avec la société Sovimo, installée à Vimy.

L’usine Sovimo travaille cinq millions d’œufs par semaine.
L’usine Sovimo travaille cinq millions d’œufs par semaine.
© AAP


Spécialisée dans la fabrication, le conditionnement et la vente d’ovoproduits, la société Sovimo est installée dans la zone d’activités Légères, lieu-dit «La Couture du Hêtre», dans la commune de Vimy. Elle travaille avec quatre types d’œufs : des œufs de poules biologiques, des œufs de poule plein air, des œufs de poules au sol et des œufs de poule en cage.
La production est de 40 tonnes de produits finis par jour, ce qui représente près de 10 400 tonnes d’ovoproduits liquides produits par an. Sur les cinq millions d’œufs traités par semaine, une majorité provient de ses propres élevages et le reste est réparti entre des éleveurs en contrat et du marché libre. Sur les trois élevages en sa possession, deux sont des élevages en cage et le troisième est de l’élevage au sol.
«Au vu des déclarations de la grande distribution, qui ne veut que des œufs alternatifs dans ses rayons à compter de 2020 ou, au plus tard en 2025, on risque de devoir revoir nos investissements», craint Christophe Villers, directeur de l’usine de Vimy. Et pour cause. L’industrie agro-alimentaire, pour laquelle travaille la casserie, subira elle aussi la décision de la grande distribution puisqu’elle la fournit. «Nous avons toujours eu des industriels qui avaient des besoins en œufs alternatifs, indique le directeur, mais dans une proportion moindre que maintenant.» L’injonction de la grande distribution risque donc de faire de la casse dans la filière. D’autant que l’industrie agro-alimentaire n’aura d’autre choix que de suivre la grande distribution.

Un changement sans concertation
Tout a commencé avec l’action de l’association L 124, qui a diffusé une vidéo d’un élevage en cage où les poules n’étaient pas dans des conditions vraiment décentes. «Ce n’est pas représentatif de l’ensemble des éleveurs de poules en cage. Nos élevages sont régulièrement contrôlés par les services vétérinaires», tient à préciser Christophe Villers. Dans tous les cas, la vidéo a fait un effet boule de neige. La grande distribution a aussitôt décrété de ne vouloir que des œufs alternatifs dans ses rayons, dans les toutes prochaines années, sans avoir concerté la filière, ni pris en compte les conséquences sur celle-ci. «C’est vraiment dommage que cela aille si vite et que les bonnes questions n’aient pas été posées. L’œuf issu des poules en cage (code 3) est quand même celui qui est le plus sûr en termes de sécurité sanitaire et alimentaire», regrette Christophe Villers. Puis de se demander ce que l’on fera lors des épisodes de grippe aviaire.
Le directeur rappelle également que, en 2012, les éleveurs de poules pondeuses en cage ont dû faire des investissements conséquents dans leur bâtiment pour répondre aux normes européennes. Autrement dit : leurs disponibilités financières pour de nouveaux changements sont loin d’être au rendez-vous. La plupart des éleveurs de poules en cage ne sont donc pas prêts à un changement si radical. «S’ils ne peuvent pas investir demain, comment répondre à la demande ?», s’interroge Christophe Villers.

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