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Quelle suite pour l’OP des betteraviers de Roye ?

L’Organisation de producteurs (OP) de Roye n’ayant pu trouver d’accord avec le groupe Saint Louis Sucre, des solutions alternatives ont été travaillées pour que les planteurs sans contrats puissent continuer à produire de la betterave en 2020.

L’OP peut continuer à rechercher des débouchés en son nom pour le collectif d’adhérents qui le souhaitera.
L’OP peut continuer à rechercher des débouchés en son nom pour le collectif d’adhérents qui le souhaitera.
© D. R.



Après la réception du courrier de fin de collaboration de Saint Louis Sucre, les planteurs de betteraves adhérant à l’Organisation de producteurs des betteraviers de Roye et n’ayant pas retourné leur contrat directement à l’industriel ont eu le sentiment d’un abandon de leur situation par le groupe industriel. Pour faire le point de leurs intentions, les responsables de l’OP ont débuté dès la fin de l’année un recensement de leurs positionnements et des démarches de recherche de débouchés auprès de groupes industriels tiers.
Premier enseignement, et c’était déjà exprimé à Carrepuis, la pression n’a fait que monter sur bon nombre d’entre eux, puisque certains, en parallèle de leur démarche collective, ont fini par signer également un contrat direct auprès de Saint Louis Sucre. Pression, sécurisation, coup double, les motivations étaient multiples. Cependant, a posteriori, en termes de capacité de résistance collective, cela ne pouvait que renforcer les positions de chacun. à l’opposé, vient une seconde catégorie de planteurs qui se sont toujours dits prêts à suspendre si ce n’est arrêter la production de betteraves. Minoritaire, certes, mais de l’ordre de 10 %. Et enfin, le cœur de l’OP, ceux qui sont demandeurs de travailler avec un autre groupe, de préférence au travers de l’OP ou en direct. C’est sur cette base statistique que les responsables de l’OP ont rencontré les dirigeants des groupes sucriers de proximité, Tereos et Cristal Union, en l’occurrence, en proposant un débouché sur le volume ainsi constitué. Les deux groupes après réflexion ont décliné l’approche avec l’OP comme interlocuteur, par choix de positionnement vis-à-vis de leurs planteurs actuels. En effet, aujourd’hui la situation des Tiers non adhérents (planteurs travaillant avec une coopérative, mais n’étant pas porteurs de capital social) est traitée au travers de la commission de répartition de la valeur chez l’un et absente chez l’autre.

Un accompagnement des situations
S’ils déclinent le partenariat avec l’OP, ils se disent ouverts à accueillir un maximum de planteurs dans leurs conditions d’accès. Dès lors, l’OP ne peut plus être interlocuteur pour les discussions, non seulement les groupes sucriers veulent travailler avec les producteurs directement et par adhésion, et que de surcroît, l’OP peut se retrouver en situation de concurrence potentielle à l’avenir. Car l’OP n’est pas «morte» : le médiateur des relations commerciales du ministère de l’Agriculture va engager son travail et, en tout état de cause, l’OP va obtenir la signature de son agrément, tout comme l’a obtenu celle d’étrepagny avec laquelle est constituée l’AOP. Le rythme juridique n’est pas le même que le rythme cultural, mais à l’heure actuelle, compte tenu des intentions de certains producteurs et de ces futures échéances, l’OP peut continuer à rechercher des débouchés en son nom pour le collectif d’adhérents qui le souhaitera. Dans l’immédiat, concernant les discussions avec les groupes sucriers, c’est le syndicat betteravier CGB Somme qui se doit d’être acteur : «nous avons demandé aux groupes coopératifs de trouver des solutions simples pour accueillir tous les planteurs abandonnés par Saint Louis Sucre et sans contrat pour 2020, et ce, dans des conditions qui permettent une accessibilité financière et géographique à tous», a dit Dominique Fievez, président de CGB 80, avant de préciser : «il y a dans chaque groupe des niveaux connus de capital social à souscrire, mais il faut aussi moduler ce chiffre avec une progressivité dans le temps, les volumes additionnels distincts des volumes couverts par les parts sociales et, il y a, enfin, l’histoire de chaque groupe à prendre en compte. Aujourd’hui, nous sommes en capacité à répondre aux adhérents qui nous sollicitent et les accompagner dans leur choix».

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