L'Action Agricole Picarde 17 septembre 2019 à 06h00 | Par AAP

Recherche : le séquençage du génome du pois très prometteur

Une équipe internationale composée notamment de chercheurs de l’Inra et du CEA-Genoscope, est parvenue à former la première séquence du génome du pois.

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Outre une meilleure connaissance du génome du pois par comparaison avec celui d’autres légumineuses, le décryptage de la première séquence du génome du pois «
va permettre d’améliorer les caractères d’intérêt chez le pois, comme la résistance aux maladies, la régularité du rendement ou la valeur nutritionnelle», selon l’Inra. Cette étude a été publiée le 2 septembre dans Nature Genetics, neuf ans après la publication séquençage de la légumineuse leader, le soja. Pour reconstituer la séquence du génome du pois, «ce sont plusieurs milliards de courtes séquences d’ADN qu’il a fallu ordonner. Le génome du pois est particulièrement volumineux : plus de 1,4 fois plus grand que le génome humain (4,5 gigabases contre environ 3,2). Il est d’autant plus complexe qu’il contient beaucoup de séquences hautement répétées», précise l’Inra dans un communiqué. «Le pois est une grande espèce, qui contient un grand potentiel de diversité génétique. Il sera possible à partir de cette diversité de décliner beaucoup de variétés de pois», commente Édith Burstin, chercheuse à l’Inra de Dijon.

Stress climatique, champignons, attaques d’insectes
Les axes de sélection à travailler ne manquent pas. Le pois est sujet à des rendements irréguliers, ce qui détourne les agriculteurs de cette culture. Il est sensible à des stress climatiques, comme la sécheresse et le froid. Le changement climatique accentue cette fragilité, selon Édith Burstin. En effet, l’arrivée du froid après l’automne est plus brutale qu’auparavant, alors qu’autrefois le froid s’installait progressivement, laissant à la plante le temps de développer des structures cellulaires de résistance aux basses températures. Le séquençage de cette première partie du génome du pois facilitera aussi la sélection de variétés plus résistantes à des champignons du sol, tels l’aphanomyces euteiches. En outre, la résistance aux attaques d’insectes est plus nécessaire qu’avant, du fait de l’interdiction d’insecticides. Enfin, avec la nouvelle demande de pois de la part d’industriels comme le français Roquette et le belge Cosucra, pour fabriquer des aliments riches en protéines végétales, les travaux de la sélection variétale pour améliorer la valeur nutritionnelle du pois deviennent plus opportuns que jamais. Déjà, l’équipe d’Édith Burstin travaille sur un projet de recherche qui doit déboucher fin 2020, baptisé Pea-Must, qui porte sur l’amélioration de la régularité des rendements et de la résistance aux stress hydriques ou de ravageurs. Autre retombée prévisible de cette étude génétique : le séquençage du pois «nous aidera à mieux connaître des légumineuses voisines sur le plan génétique comme le lupin, la lentille et surtout la féverole. C’est un tremplin pour mieux explorer ces autres espèces», a souligné Édith Burstin.

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