L'Action Agricole Picarde 22 mai 2020 à 06h00 | Par Arvalis - Institut du végétal

Repérer et combattre la pyrale du maïs

Des panicules ou des tiges cassées, des épis perforés..., la présence de la pyrale peut être observée dans de nombreux secteurs de culture du maïs fourrage, y compris au nord de la France.

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Dégâts sur tige : casse des tiges et chute d’épis.
Dégâts sur tige : casse des tiges et chute d’épis. - © Arvalis

La pression plus faible de la dernière campagne ne doit pas conduire à relâcher la vigilance car la nuisibilité liée aux dégâts de pyrale peut être significative. La lutte nécessite d’abord une bonne gestion des résidus de récolte. Dans les situations les plus à risque, une intervention avec des trichogrammes ou un insecticide de synthèse permettra de préserver rendement et qualité sanitaire. La mise en œuvre des trichogrammes, solution de biocontrôle, nécessite une commande précoce du produit et de bonnes conditions de mise en œuvre.

Pertes possibles de rendement et de qualité
Les dégâts occasionnés par les larves de pyrale sont de plusieurs natures : perte de rendement par défaut d’alimentation de la plante ou par pertes d’épis (casse de tige ou de pédoncule), perte de valeur alimentaire par défaut de remplissage du grain et baisse de qualité de la partie «tige + feuilles», risque d’installation des fusarioses et donc production possible de mycotoxines.
Compte tenu de la précocité de la date de récolte, on pourrait penser que l’impact de la pyrale est moins important sur maïs fourrage que sur maïs grain. Les essais conduits par Arvalis montrent cependant une nuisibilité non négligeable. En situation de pression moyenne, en absence de traitement, on enregistre une perte de rendement de l’ordre de 5 % (moyenne dix essais), soit 750 kg MS pour un maïs à 15 t MS/ha. En situation très infestée la perte de rendement peut être supérieure à 1 t MS/ha, avec des teneurs en mycotoxines qui peuvent poser des problèmes d’utilisation par les animaux.

La lutte prophylactique en priorité
La pyrale hiverne à l’état de diapause dans le bas des tiges de maïs et passe très bien l’hiver, même les plus froids. Pour réduire les populations, un broyage des cannes, fin et au ras du sol, est indispensable, sitôt la récolte des parcelles de maïs grain. L’enfouissement des résidus réduira encore les chances de survie des larves. Pour être pleinement efficace, cette technique doit être mise en œuvre sur toutes les parcelles de maïs grain dans un secteur donné, voire même sur les chaumes des parcelles de maïs fourrage les plus infestées.
La décision de traiter doit être prise en fonction des observations réalisées l’année précédente. Les situations les plus à risque concernent les parcelles avec un historique de dégâts, les parcelles en succession maïs/maïs ou avec une gestion insuffisante des résidus. Le bulletin de santé du végétal fournit des informations pour caractériser le risque à l’échelle d’une petite région (indicateur : nombre de larves ou de galeries par plante à la récolte).

Traiter dans les situations les plus à risque
Les producteurs disposent de deux techniques de lutte directe ayant fait leur preuve : une solution de biocontrôle, les trichogrammes, ou des insecticides de synthèse. Quel que soit la technique utilisée, son efficacité dépendra du bon positionnement du produit :
• les trichogrammes visent les premières pontes et doivent donc être positionnés en début de vol de papillons de pyrale,
• les insecticides ont une action essentiellement larvicide. Ils doivent être positionnés au plus proche du pic de vol de pyrale afin de toucher le plus grand nombre de larves possible.
Les informations sur la dynamique du vol de pyrale (piégeage de papillons, suivi de chrysalidation) sont fournies par le BSV et autres réseaux d’observations. Les trichogrammes sont naturellement plus sensibles aux conditions d’application. Au contact du sol, exposés à la chaleur, leur efficacité peut être fortement réduite. En cas de lâchers précoces, sur des maïs peu développés, les diffuseurs doivent être accrochés sur des tuteurs ou protégés par un étui. Dans ce cas de lâchers sur maïs peu couvrants, la forme capsules est déconseillée.

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