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Réussir ses couverts d’interculture : sous quelles conditions ?

Comment tirer parti au mieux des couverts ?

Suite à la récolte, le sol tend à se dessécher au fil du temps si aucune pluie n’intervient.
Suite à la récolte, le sol tend à se dessécher au fil du temps si aucune pluie n’intervient.
© Romain Grignon

En matière de couverts d’interculture, la biomasse produite est généralement un bon indicateur du niveau de services rendus. En effet, rechercher la conduite qui maximise la productivité de la culture intermédiaire revient à maximiser la capacité de piégeage de l’azote disponible dans le sol, mais aussi les quantités de carbone et d’azote restituées au sol par le couvert (entretien du stock de matières organiques et de la vie du sol, maintien de la stabilité structurale), ou encore les quantités d’azote fixé si on choisit d’intégrer des légumineuses.
Pour cela, il apparaît nécessaire dans notre région d’obtenir une levée la plus précoce possible du couvert pour qu’il puisse bénéficier au maximum des températures estivales. Cela permet également de s’autoriser de nouvelles espèces de couvert pour multiplier et augmenter les services rendus (fixation symbiotique, structure). En termes de conditions d’implantation, les semis de couverts diffèrent largement des semis de la plupart des cultures. En effet, la plupart du temps, ces semis se font dans un mélange de terre sèche et de paille et avec une concurrence forte des repousses de la culture précédente.
C’est avec ces enjeux que, depuis deux ans, une expérimentation sur les techniques d’implantation est conduite dans le cadre du projet «Multifonctionnalité des couverts d’interculture» conduit par Agro-Transfert. Elle a permis de comparer, sur une même parcelle, près de Ham (80), plusieurs choix de gestion de l’interculture : semis direct (disque ou dent) ou après déchaumages (nombre et types d’intervention), dates d’implantation différentes, roulage ou non, hauteur des chaumes.

Conserver l’eau au plus près de la graine
Le choix de l’itinéraire technique influence les conditions hydriques au voisinage de la graine, et donc la vitesse de levée. Suite à la récolte, le sol tend à se dessécher au fil du temps si aucune pluie n’intervient. Laisser des chaumes hauts permet d’améliorer la conservation de l’eau juste après la récolte, vraisemblablement par la réduction de la vitesse du vent au contact du sol et par effet d’ombrage. A l’inverse, l’incorporation des pailles par un déchaumage précoce peut assécher de manière importante le futur lit de semences si aucune pluie n’intervient.
Les conditions d’humidité de la graine et de la plantule sont aussi largement impactées par l’itinéraire technique (choix du travail du sol, du mode de semis). Dans le contexte de l’essai en 2018, les implantations précoces (7 août) ont mieux conservé l’humidité, avec un net avantage pour le semis direct à disque dans des chaumes hauts. A contrario, le choix de retarder le semis afin d’effectuer deux déchaumages semble donner lieu à un dessèchement très important du lit de semences entre les deux interventions.

Conséquences sur la levée des couverts
De manière générale, durant les deux années d’expérimentation, les levées les moins bonnes ont été observées pour les semis réalisés après un unique déchaumage. Les couverts semblent alors pénalisés par la densité de repousses présentes. La réalisation d’un deuxième déchaumage permet de gérer en partie cette problématique, mais aboutit à une levée plus tardive du couvert. Le risque de dessèchement accru du lit de semence peut être en partie compensé par un second déchaumage avec un outil à dent, remontant ainsi de la fraîcheur.
Les implantations en semis direct (disque et dent) ont favorisé sur les deux années les meilleures levées pour la plupart des espèces étudiées.
Il semblerait donc que la réalisation d’un unique déchaumage constitue un mauvais compromis entre gestion du salissement du couvert et simplification du travail pour parvenir à semer plus tôt.
En conclusion, pour des implantations au plus près de la récolte du précédent, il est préférable de privilégier des implantations en direct. Si, pour d’autres raisons (salissement de la parcelle, disponibilité du matériel…), un travail du sol s’impose, il semble alors judicieux de réaliser deux passages afin de limiter la concurrence des repousses et limiter les levées d’adventices (mercuriale, chénopodes…) dans le couvert.
Par ailleurs, le dispositif a été l’occasion de tester en 2018 l’implantation du couvert à la volée dans le précédent (quinze jours avant la récolte). Cette technique a conduit à une biomasse supérieure à celles des autres modalités. Parallèlement, un travail de traque aux innovations, conduit dans le projet, a mis en évidence des pistes quant aux conditions de réussite de ces techniques (choix d’espèce, date d’implantation, gestion des résidus). Un réseau d’essais spécifiques pour tenter de répondre à ces questions sera mis en place en 2019 sur plusieurs parcelles de la région.

Pour plus d’information et retrouver les résultats complets de l’essai, consultez la page web du projet : http://www.agro-transfert-rt.org/projets/multifonctionnalite-des-couverts-dinterculture/

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