L'Action Agricole Picarde 11 décembre 2018 à 06h00 | Par Guillaume Crépel (Avenir conseil élevage)

Robot de traite : qu’est-ce qu’une bonne fréquentation ?

La fréquentation du robot de traite, autrement dit, le nombre de traites par vache et par jour, est un sujet récurrent aussi bien pour les éleveurs déjà équipés que pour ceux qui le projettent.

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Il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages.
Il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages. - © D. R.



Pour amorcer une réponse, il faut avoir en tête quelques éléments fondamentaux. Même si un robot de traite n’est pas matériellement si différent d’une salle de traite, il présente un changement fondamental ? puisque c’est la vache qui décide d’aller à la traite et non plus l’éleveur. Mais alors, combien de fois une vache va-t-elle venir au robot ? A partir de quand doit-on lui en refuser l’accès ? Ce passage d’une traite «obligatoire» à une traite «volontaire» va donc nécessiter une gestion de la fréquentation par l’éleveur.

Il faut être clair, il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages. Cependant, quelques règles doivent être respectées. Un même niveau de fréquentation peut cacher des différences importantes entre deux élevages. Comme pour toute moyenne, l’écart-type est important à prendre en compte. Une fréquentation moyenne de 2,5 traites par vache et par jour peut, par exemple, résulter d’une situation où toutes les vaches sont traitées 2,5 fois par jour, mais aussi 50 % à deux traites et 50 % à trois traites. La fréquentation moyenne du troupeau n’est pas un critère interprétable.
Pour analyser la fréquentation d’un troupeau, une méthode simple consiste à observer toutes les traites pendant une semaine pour classer les vaches en trois catégories. La première, la sur-fréquentation, correspond à une  traite à moins de 10 kg de lait (8 kg pour les primipares) ou à moins de six heures d’intervalle. La seconde est l’optimum de traite. Quant à la dernière, il s’agit de la sous-fréquentation, soit une traite à plus de 20 kg de lait (16 kg pour les primipares) ou à plus de seize heures d’intervalle.

«Sur-fréquentation»
Au sein de la catégorie «sur-fréquentation», il y a donc les vaches qui sont traitées pour une quantité de lait trop faible et celles dont l’intervalle entre deux traites est trop faible. Les premières nuisent à la capacité du robot. Elles peuvent en effet entraîner une augmentation du taux d’échec (traites incomplètes) et un coût de fonctionnement du robot (eau, électricité, produit de lavage). Pour les secondes, les intervalles inférieurs à six heures altèrent l’intégrité de la mamelle (notamment du sphincter).
La sur-fréquentation, elle, est uniquement liée au paramétrage de l’automate. Dans cette situation, l’éleveur peut modifier l’accès au robot : à partir de quand est-il judicieux d’accepter ou de refuser une vache à la traite ? Attention, en paramétrant un intervalle trop court entre deux traites, l’éleveur peut aussi être à l’origine de vaches en sous-fréquentation, puisque des animaux occupent inutilement le robot et empêchent les autres d’y accéder.

«Sous-fréquentation»
Pour la catégorie «sous-fréquentation», une quantité trop élevée de lait à la traite entraîne des risques de perte de lait dans le logement (logettes, aire paillée). Cela peut être à l’origine d’infections mammaires (mammites, cellules).
Un intervalle de traite trop important (plus de 16 heures) provoque une diminution des performances des vaches. L’augmentation de la pression mammaire qui en résulte génère un phénomène de tarissement prématuré.
Les causes des traites en sous fréquentation sont aussi diverses que complexes. Elles nécessitent une expertise approfondie. Voici une liste non exhaustive des causes, sans ordre d’importance : l’implantation du robot dans le bâtiment et organisation des différents circuits ;
la gestion des concentrés entre l’auge et le robot ; la santé générale du troupeau et notamment des pattes ; la saturation du/des robots de traite ; des interventions éleveur excessives ; une gestion du pâturage inadaptée, etc.
Pour conclure, la bonne fréquentation du troupeau doit être analysée régulièrement en catégorisant chaque animal.. Dans tous les cas, il ne faut pas s’arrêter à un seul chiffre pour juger une situation.



Fréquentation et performances

L’augmentation de la quantité de lait produite lorsque les vaches sont traitées trois fois par jour au lieu de deux est connue : 10 à 20 % supplémentaires selon les animaux, la race et les conditions de conduite du troupeau.
De nombreuses études réalisées dans le monde ne montrent pas d’augmentation systématique de la production laitière des vaches liée à l’utilisation du robot. Bien souvent, les comparaisons s’avèrent délicates. La mise en route du robot s’accompagne souvent de changements notables dans la conduite du troupeau (notamment la distribution des concentrés).
Des résultats obtenus en Hollande et en France par l’Inra montrent que des vaches traitées en système robotisé en moyenne 2,8 à 2,9 traites par jour ne produisent pas plus de lait que celles traitées deux fois par jour en salle de traite conventionnelle.
Ce résultat s’explique principalement par le fait que, en système robotisé, les intervalles entre les traites ne sont pas fixes. Il y a également davantage d’échecs de traite.

Analyser la fréquentation : ni trop, ni trop peu de passages.
Analyser la fréquentation : ni trop, ni trop peu de passages. - © © D. R.

Valo’robot

Depuis quelques semaines, Avenir conseil élevage s’est doté d’un nouvel outil : Valo’robot dont l’objectif est de fournir aux éleveurs, sans surcoût, un tableau de bord avec les données techniques importantes de l’élevage :
- Les performances laitières
- Les résultats individuels
- L’analyse de la fréquentation
- L’analyse de la capacité/efficacité du robot
- Synthèse annuelle des résultats
L’éleveur a ainsi un aperçu rapide et synthétique de sa situation. Le conseiller d’Avenir conseil élevage peut le compléter à chaque visite avec les données du contrôle de performances par des données supplémentaires (taux, cellules, poids, fréquentation…).
Il permet également de comparer les résultats de l’élevage avec une moyenne par marque de robot. A ce jour, l’outil est opérationnel sur les robots Delaval et Lely.

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