L'Action Agricole Picarde 24 mai 2018 à 06h00 | Par Gaëtane Trichet

Roquette : nouvel atelier de protéines végétales à Vic-sur-Aisne

Roquette a inauguré son nouvel atelier de production dédié aux protéines de pois destinées à l’alimentation humaine sur son site de Vic-sur-Aisne, le 16 mai dernier.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le nouvel atelier de production dédié aux pois protéagineux, sur le site de Roquette, à Vic-sur-Aisne. D’ici deux ans, le site devrait transformer 125 000 tonnes de pois protéagineux.
Le nouvel atelier de production dédié aux pois protéagineux, sur le site de Roquette, à Vic-sur-Aisne. D’ici deux ans, le site devrait transformer 125 000 tonnes de pois protéagineux. - © © G. T.


Le marché des protéines de pois est très attractif et en pleine croissance. Avec les nouveaux modèles d’alimentation, qui privilégient les protéines végétales, Roquette entend bien approvisionner le marché mondial en expansion de 15 % par an. Pour cela, le groupe complète sa gamme avec de nouveaux ingrédients, notamment le Nutralys S85 Plus conçu spécifiquement pour les produits alimentaires et boissons riches en protéines qui répondent aux besoins nutritifs des sportifs, des seniors ou des régimes alimentaires.
«En valorisant des ressources végétales, nous collaborons avec nos clients et partenaires pour imaginer des ingrédients permettant de toujours mieux nourrir et mieux soigner les personnes. Chacun de nos ingrédients répond à des besoins spécifiques et fondamentaux, et contribue à des modes de vie plus sains. Aujourd’hui, le monde fait face à de nombreux enjeux en termes de nutrition, de santé, en raison notamment de la croissance démographique, de l’urbanisation, du développement économique, ainsi que des nouvelles habitudes alimentaires. Roquette est très bien positionné pour répondre à ces défis, notamment grâce à ses développements dans les domaines des secteurs des protéines végétales sur lesquelles nous travaillons depuis plus de quinze ans», explique Pascal Leroy, directeur de la filière pois et protéines de Roquette.
«Les protéines végétales trouvent de nombreuses applications dans l’alimentation particulière : l’alimentation sans gluten, la nourriture végétarienne, l’alimentation pour les sportifs, pour les personnes en nutrition clinique ou, tout simplement, la nutrition traditionnelle que nous partageons tous. Grâce à ce nouvel atelier, nous innovons et nous élargissons notre gamme», ajoute-t-il.
Fort de ses quarante ans d’expérience dans la recherche, le développement et la production de protéines végétales et de son rôle de pionnier dans le secteur de la protéine de pois, «ce nouvel atelier confirme l’engagement de Roquette à offrir des solutions innovantes et durables, dont l’unique but est de toujours mieux répondre aux besoins de nos consommateurs et de nos clients».


250 000 tonnes de pois en 2020
Pour satisfaire cette demande, 40 millions d’euros ont été investis par Roquette dans la continuité d’un premier programme d’un montant équivalent investi depuis 2015. Le groupe bénéficiera donc, d’ici 2020, de deux sites de production complémentaires en Europe (à Vic-sur-Aisne, France) et en Amérique du Nord (à Portage-La-Prairie, Canada en cours de construction), avec une capacité combinée de valorisation du pois de près de 250 000 tonnes par an. Actuellement, le site de Vic-sur-Aisne transforme 80 000 tonnes de pois par an. Il devrait passer à 125 000 tonnes d’ici deux ans.
Comme Roquette a besoin de pois protéagineux, il encourage les producteurs à en semer. Pour ce faire, l’industriel a mis en place un système incitatif pour les producteurs, ainsi qu’un parcours cultural innovant. «La culture des légumineuses permet un enrichissement du sol en azote, et offre un gain économique d’environ deux cents euros par hectare sur les cultures suivantes», précise Sébastien Windsor, président de Terres Inovia, présent lors de l’inauguration du nouvel atelier.  «Un travail de recherche avec les semenciers a été mis en place, notamment par rapport à l’impact de l’aphanomycès», poursuit-il.
Les objectifs ? Faire progresser de 10 à 20 % le résultat économique tout au long de la filière, chez l’agriculteur, comme chez l’industriel, par la voie de la recherche, avec des variétés nouvelles qui permettront plus de productivité, moins d’intrants, mais aussi par des process de transformation meilleurs et une valorisation plus importante des produits. L’autre objectif affiché est de produire 50 % des protéagineux français demain sous un schéma de traçabilité, et avec une charte d’engagement du producteur.
Et Roquette d’espèrer arriver à mobiliser plus et mieux l’Inra autour de nos protéagineux. «L’objectif est d’arriver à une progression de 500 000 ha dans les années à venir sur l’ensemble des oléagineux et des protéagineux avec une place importante pour les pois», explique le président de Terres Inovia, mettant en avant le besoin comme en France, d’un plan protéines européen très ambitieux pour les protéagineux. «On doit y travailler ensemble pour continuer à les développer pour nourrir les humains et les animaux. Il y a une demande sociétale forte et un débouché porteur de valeur ajoutée pour les transformateurs et porteur d’intérêt environnemental pour les agriculteurs afin de répondre aux enjeux sur lesquels ils sont attendus et pour demain trouver des débouchés durables pour leur exploitation», assure Sébastien Windsor.

Tout est bon dans le pois
A en croire les dirigeants de Roquette, le pois est une matière première qui peut être valorisée en totalité. Arrivée en usine, la graine de pois passe dans un moulin. La coque qui en est extraite est valorisable en aliments pour volailles, pour poissons et pour chiens et chats. La farine, quant à elle, contient 50 % d’amidon, 25 % de protéines, 14 % de fibres, 6 % de sucres divers, 2 % de lipides, puis des minéraux, a expliqué Céline Capdupuy, directrice de l’usine, lors de la visite du site de Vic-sur-Aisne. L’amidon est valorisé en alimentation humaine comme épaississant entre autres nombreuses applications et en papeterie. La protéine est de plus en plus utilisée comme ingrédient en boulangerie et comme substitut de viandes, ainsi que dans des boissons. Les fibres, lipides et minéraux peuvent composer ce que les professionnels appellent une «soupe» pour les porcins.

Le Nutralys S85 Plus
Un nouvel ingrédient pour le secteur de l’alimentation : le Nutralys S85 Plus est une nouvelle protéine de pois de spécialité mise au point spécifiquement pour des produits tels que les boissons riches en protéines, fortement soutenus par les tendances de marché qui répondent au développement du végétarisme et du naturel. 
«Le Nutralys S85 Plus permettra à nos clients de développer de nouveaux produits hyper protéinés. Le Nutralys S85 Plus développe beaucoup moins de viscosité que les autres protéines de pois. Cette caractéristique associée à un goût plus neutre lui permet d’incorporer plus facilement dans une multitude d’applications et répondent naturellement au besoin spécifique de la nutrition du sportif, du sénior ou dans le cadre d’un régime alimentaire», a commenté Pascal Leroy.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Action Agricole Picarde se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui