L'Action Agricole Picarde 20 février 2019 à 17h00 | Par Florence Guilhem

Saint Louis Sucre ferme la sucrerie d'Eppeville

Lors de la réunion du comité central d'entreprise, à Paris, le 14 février, Saint Louis Sucre a annoncé la fermeture de deux de ses quatre usines en France, dont celle d'Eppeville.

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Le site d’Eppeville devrait cesser sa production de sucre, ainsi que la production d’alcool de sa distillerie
Le site d’Eppeville devrait cesser sa production de sucre, ainsi que la production d’alcool de sa distillerie - © Stéphane Leittenberger



On savait déjà que l'affaire était mal engagée. L'allemand Südzucker a enregistré un déficit de 83 millions d'euros sur sa branche sucre au troisième trimestre 2018-2019. Il avait aussi annoncé une réduction de 700 000 tonnes de sa capacité de production. L'équivalent de deux usines au moins, sur lesquelles une épée de Damoclès était donc suspendue au-dessus de leur tête. Ajoutez à cela la nouvelle donne du marché du sucre plus que difficile avec la fin des quotas, la surproduction à l'échelle mondiale et la chute des prix du sucre sans précédent sur les marchés mondiaux et européens. Pour faire face à la crise du marché et adapter ses capacités de production aux marchés européens, le groupe a décidé de lancer un projet de restructuration de ses activités.
La décision a été prise le 14 février, à Paris, lors du comité central d'entreprise de Saint Louis Sucre. Trois sites sont concernés : Eppeville, dans la Somme, Cagny, dans le Calvados, et Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Le site le moins touché sera celui de Marseille, où le comité d'entreprise a décidé de recentrer son activité sur la production de sucre liquide. Cinq emplois seront maintenus sur les cinquante-huit salariés permanents. En revanche, pour les usines d'Eppeville et de Cagny, c'est à une fermeture qu'il faut s'attendre. La sucrerie de Cagny, selon un communiqué de Saint Louis Sucre, devrait arrêter la production de sucre et recentrer son activité sur le stockage de sucre, de mélasse et la production d'alimentation animale à partir de mélasse, activités qui nécessiteraient huit emplois contre les quatre-vingt-cinq emplois permanents actuels. Le traitement d'une partie des betteraves serait assuré par la sucrerie d'Etrépagny (27). Dernière usine à faire les frais de cette restructuration : Eppeville.

Eppeville, c'est fini
Le site d'Eppeville devrait cesser sa production de sucre, ainsi que la production d'alcool de sa distillerie. L'essentiel des activités de la sucrerie devrait être transféré vers les deux établissements de Roye distants de 25 km, ce qui devrait se traduire par un changement du lieu de travail pour les cent vingt-deux salariés d'Eppeville. Il devrait recentrer son activité sur le stockage de sucre, sirop et mélasse, ainsi que sur l'activité de déshydratation de pulpes. Les betteraves devraient être traitées par la sucrerie de Roye, avec un ajustement de volume. Le centre de stockage d'Aulnois, rattaché à Eppeville, devrait donc ausi cesser son activité. L'effectif envisagé à terme sur le site d'Eppeville serait de dix salariés.
Ce projet de restructuration pour l'usine d'Eppeville, comme pour celles de Cagny et de Marseille sera discuté avec les instances représentatives du personnel au printemps 2019, et pourrait être mis en oeuvre à compter du premier semestre 2020, soit après la campagne sucrière 2019-2020, et la campagne sirop 2020.«Cette décision unilatérale est un coup terrible pour 2 500 planteurs de betteraves», déplore la CGB, affichant sa mobilisation auprès de l'industriel allemand et des dirigeants politiques. Même réaction du côté de la Région des Hauts-de-France, où son président, Xavier Bertrand demande «à rencontrer dans les meilleurs délais les dirigeants du groupe Saint Louis Sucre, ainsi que ceux de la maison mère, Südzucker». Stéphane Demilly, député de la Somme, a réagi tout aussi rapidement, en insistant sur le fait qu'il «est important que tous les acteurs puissent se mettre rapidement autour de la table pour en discuter et y travailler». D'autant que toute une série de questions restent en suspens.  Quel devenir pour le site ? Quel impact pour les planteurs, les autres partenaires et les sous-traitants, les emplois ? Quel impact, enfin, sur la fiscalité des collectivités ?

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