L'Action Agricole Picarde 19 décembre 2013 à 08h00 | Par Patrick Desmedt

Sana Terra : des parts de marché et un dynamisme retrouvés

Sana Terra vient de tenir sa seconde assemblée générale à Rosières.

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- © AAP


Plus de 180 adhérents de Sana Terra ont participé le 11 décembre dernier à Rosières à l’assemblée générale de leur coopérative sous la présidence de Xavier Pinchon. Parmi les participants se trouvaient des représentants des coopératives partenaires dans Cérémis, union de commercialisation des céréales, ainsi que des représentants des coopératives voisines de la Somme. Parmi les grandes lignes dégagées par Xavier Pinchon à l’issue de l’exercice clos au 30 juin 2013, on note la progression de la collecte qui s’est élevée à 170 000 tonnes pour la récolte 2012 après 160 000 tonnes en 2011 et une prévision de 180 000 tonnes en 2013. «C’est le signe d’une reprise de parts de marché et d’un dynamisme retrouvé», a souligné d’emblée Xavier Pinchon.

2012 : une récolte moyenne
La récolte 2012, objet des résultats de l’exercice clos au 30 juin 2013, a été «un cru moyen avec des fourchettes de rendement en retrait vis-à-vis des campagnes précédentes avec quelques soucis de qualité», a rappelé Benoît Dewas, directeur. En blés, la zone Santerre a atteint à peine 90 quintaux de moyenne contre un petit 85 dans la zone Nord. Les meil­leurs poids spécifiques n’ont pas dépassé 78 kilos l’hectolitre. Il a fallu réceptionner aussi des livraisons avec des poids spécifiques compris entre 71 et 73 kilos. Ces lots dégradés ont nécessité un classement particulier destiné aux fabricants d’aliments du bétail. Les lots meuniers ont bénéficié de bons taux de protéines compris entre 11,6 et 12,4 %.
Mais comme si les difficultés de l’année ne suffisaient pas, l’indice de Hagberg, indicateur de dégradation de l’amidon par le début de la germination du grain, était souvent bas. Ce qui a été à l’origine de nombreux conflits à la réception dans les silos portuaires. Bien que les contrats standards ne spécifiaient aucun niveau minimal, ces réceptions destinées à honorer les contrats d’exportation vers les pays tiers (Algérie, Tunisie, Maroc), ont été refusées.
Les autres produits de la collecte, orges d’hiver, orges de brasserie, colza, pois et maïs, ont permis soit une collecte exceptionnelle ou soit sans surprise.

Classement qualitatif des blés adapté à l’année
Pour valoriser au mieux la collecte des blés qui a représenté 136 700 tonnes soit plus de huit quintaux sur dix, Sana Terra a maintenu une habitude bien ancrée chez les adhérents des deux coopératives d’origine en classant les volumes à la réception. D’abord, sur le critère variété, celles des Vrm, variétés recommandées par la meunerie : Apache, Alixan, Arezo, Bermude, Premio, Selekt. Elles représentent 24 600 tonnes soit 18 %. Ensuite, les variétés panifiables pour la meunerie française qui ont représenté 43 000 tonnes soit 31,4 %. Puis les blés à destination des amidonniers principalement pour 43 400 tonnes soit 31,8 %. Viennent ensuite les blés à faible Ps (inférieurs à 73 kilos) et les variétés de blés fourragers pour 22 000 tonnes soit 16 %. Enfin, les blés biscuitiers ont représenté 3 800 tonnes soit 2,8 %.
Ainsi classés, environ 60 % des volumes, soit 78 000 tonnes, ont été valorisés vers la meunerie. L’amidonnerie a absorbé 26 700 tonnes soit 20,5 % et la fabrication d’aliments pour le bétail 22 300 tonnes soit 17 %. La meunerie demeure le cœur de métier de Sana Terra grâce à un taux de protéines satisfaisant par rapport au cahier des charges. «La qualité du terroir et la prépondérance des blés assolés avec des précédents riches comme les pommes de terre et les légumes sont nos meilleurs atouts», a souligné Benoît Dewas.

La valorisation de la collecte 2013 bien engagée
Les performances de Sana Terra en matière de valorisation de la collecte n’ont pas à rougir de celles recueillies auprès des coopératives voisines de la Somme et des autres départements du Nord et du Pas de Calais.
Chiffres à l’appui, Benoît Dewas a montré que le prix moyen du blé est parmi les meilleurs ainsi que celui du colza. «Le prix moyen reste une méthode de commercialisation qui a sa place et qui assure un résultat comparable et sans risque par rapport à d’autres types de mises en marché. De gros producteurs ont exprimé leur intention de revenir au prix moyen», a assuré Benoît Dewas.
Pour la campagne en cours, un prix minimum garanti de 212 euros la tonne en blés est assuré pour un quart des apports au prix moyen selon le contrat d’engagement signé par la coopérative. «Ce contrat sera respecté à la lettre car il résulte d’une stratégie de mise en marché à terme avec options élaboré au sein de Cérémis. Le gain net dégagé lors du dénouement de l’opération ajouté au prix moyen permettra de couvrir notre engagement sans difficulté», a expliqué Benoît Dewas.

Situation financière consolidée
Le chiffre d’affaires de l’exercice clos au 30 juin 2013 a atteint 71,4 millions d’euros dont 375 874 euros de prestation de service. Après déduction des charges, 638 782 euros de résultat d’exploitation ont pu être dégagés et au final, le résultat net a atteint 427 950 euros. A noter que la coopérative a versé pour 836 885 euros de complément de prix en juillet. Le fonds de roulement a progressé de 90 496 euros.
Au cours de l’exercice, le conseil d’administration a validé l’aménagement d’un séchoir sur le site de Rosières prévu pour le maïs de la récolte 2013. Rien n’empêche de l’utiliser les années à humidité élevée pour les autres céréales. Les calculs laissaient entrevoir un gain net de l’ordre de 80 000 euros dès la première année alors que le travail autour du maïs coûtait de l’argent à la coopérative jusque-là. En réalité, cet équipement aura permis de collecter plus de 7 000 tonnes dès 2013 contre 4 600 tonnes attendues et donc de faire le plein en fonction des doses de semences commercialisées.
«C’est le signe que le bon choix a été fait et que cet équipement était indispensable en tant que service à nos adhérents», a souligné Benoît Dewas.

Un avenir plus serein
En clôture de l’assemblée générale, Xavier Pinchon a souligné les atouts dont dispose aujourd’hui Sana Terra grâce notamment à une équipe commerciale jeune, à des activités rentables comme celles de la pomme de terre et des semences, et surtout à une bonne santé financière. «En 2014, nous allons poursuivre les discussions lancées en 2013 avec nos partenaires des coopératives voisines pour chercher ensemble la synergie, la mise en commun de moyens et la performance tout en gardant notre indépendance», a-t-il conclu.

L'activité pomme de terre en croissance continue

En pomme de terre aussi, la récolte 2012 a été la première menée sous la bannière Sana Terra. Dévolue à 100 % vers l’industrie, elle a généré 7,5 millions d'euros de chiffre d’affaires pour 34 000 tonnes contractualisées et 43 000 tonne commercialisées. «Les rendements ont été moyens mais tous les contrats ont été honorés», s’est félicité Jean-François Florin. Pour 2013, le tonnage contractualisé est passé à 42 000 tonnes soit une progression de 25 %.
La principale destination est la chips qui représente 85 % des débouchés puis la frite avec 13%. Les 2 % restants sont particuliers.
Grâce à leur savoir-faire et aux investissements, les producteurs bénéficient des contrats de longue durée puisque la moitié des sorties de bâtiments de stockage se déroulent sur la période d'avril à juin. Au cours de l’exercice, une technicienne adjointe a été embauchée pour effectuer le suivi qualitatif des lots. Ce qui passe par des visites dans les bâtiments, le prélèvement et l’analyse en laboratoire des échantillons.

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