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Scica Roye déshydratation : l’activité pulpes perdure

Poursuite de l’activité pulpes malgré la perte de l’outil de déshydratation et reconnaissance officielle de l’OP : tels étaient les principaux objets de l’AG de la Scica Roye déshydratation du 14 février.

La Scica compte bien se faire restituer les pulpes des betteraves de SLS, pour permettre aux éleveurs adhérents, qui en ont besoin pour la ration de leurs vaches, d’en béné cier au meilleur prix.
La Scica compte bien se faire restituer les pulpes des betteraves de SLS, pour permettre aux éleveurs adhérents, qui en ont besoin pour la ration de leurs vaches, d’en béné cier au meilleur prix.
© Agrikol

«Le 1er mai 2020, nous perdrons notre usine de déshydratation, puisque Saint Louis Sucre (SLS) ne renouvelle pas le bail du terrain sur lequel elle se trouve. Mais nous comptons nous faire restituer les pulpes pour pouvoir rémunérer nos adhérents planteurs et fournir des pulpes aux adhérents planteurs», annonçait Benoît Gerbaux, président de la Scica (Société coopérative d’intérêt collectif agricole), ce 14 février, lors de l’assemblée générale.

Une première modification statutaire a été actée, afin de permettre aux adhérents de la Scica, qu’ils soient apporteurs des pulpes de betterave ou pas, d’accéder à la fourniture des pulpes pour leur élevage. «Ce que nous voulons, c’est que chaque éleveur puisse, comme ça a toujours été le cas, bénéficier de pulpes de qualité à des prix intéressants», ajoute Benoît Gerbaux. La volonté est acté, puisque le vote s’est avéré favorable. La parité sera la suivante : une action donne droit à l’achat de 8 t de matière sèche. Encore faut-il que Saint Louis Sucre restitue les pulpes...

Quid de l’outil ? Pas d’avancée ces derniers mois. Le commissaire aux comptes de la Scica a placé celle-ci en procédure d’alerte, le président du tribunal de commerce en étant informé, «car nous considérons que ce non-renouvellement de bail compromet la continuité d’exploitation et la pérennité de la société». Un expert a estimé l’outil de déshydratation à un peu plus de 7 M€, mais SLS conteste ce prix. L’entreprise sera pourtant dans l’obligation d’indemniser la Scica.

L’OP toujours d’actualité

Une deuxième modification statutaire, actée elle aussi, concernait la mise en place d’un groupe sectoriel pour l’activité betteraves de l’OP (organisation de producteurs). Pour rappel, la Scica a reçu un avis favorable de la commission nationale technique (sous réserve d’apporter une modification des statuts) à la demande de re- connaissance en tant qu’OP le 10 décembre 2019. Les avantages : être reconnue par l’État en l’application du règlement OCM, lequel permet de négocier collectivement et de faire exception au droit de la concurrence qui interdit les ententes entre planteurs. L’OP a ainsi la possibilité de lever des aides à l’échelle de l’Union européenne dans le cadre du programme opérationnel des aides sectorielles, pour du matériel de déterrage et de bâchage, par exemple.

Sauf que... Aucun groupe, privé ou coopératif du secteur n’a souhaité traiter avec l’OP pour la prochaine campagne. «Un échec à essuyer», admet-on à la Scica, mais qui ne signe pas la fin de la partie. Quatre-cent-cinquante planteurs pour 650 000 t de betteraves avaient adhéré à l’OP. Parmi eux, la moitié ont finalement signé à nouveau avec SLS. Dans l’autre moitié, nombre d’entre eux ont fait le choix de rejoindre une coo- pérative (Tereos ou Cristal Union) pour pouvoir produire des betteraves en 2020 et d’autres ne feront pas de betteraves pour cette campagne. «Nous poursuivons nos efforts nous sommes confiants car les OP s’imposeront dans la filière, annonce Dominique Fievez, président de la CGB Somme. Notre objectif est toujours d’obtenir une juste rémunération des planteurs. Nous espérons ouvrir le dialogue, entre autres avec SLS, pour pouvoir travailler ensemble. Nos adhésions, elles, sont précieuses, car c’est le volume qui fait notre force.»

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