Aller au contenu principal

Sécurité
Vols : une recrudescence qui mobilise

La multiplication des vols dans les exploitations exaspère les agriculteurs. La Fdsea intervient auprès des autorités.

Les cuves de gas-oil vidées la nuit se comptent à présent par dizaines.
Les cuves de gas-oil vidées la nuit se comptent à présent par dizaines.
© Christian Gloria

Effets de la crise, de la flambée du fuel ou des métaux, incivisme, malveillance ou bêtise humaine ? Les causes sont nombreuses et toujours hypothétiques, mais les faits sont là : les actes de vandalisme et de vols concernant des lieux agricoles connaissent depuis le début de l'année une explosion infernale dans le département. Tout y passe, à commencer par ce qui est accessible en plaine, et qui peut faire l'objet d'une utilisation ou d'un recel rapide. Les stations d'irrigation situées en plaine sont très exposées dans la zone est du département. Les réserves de gas-oil vidées la nuit se comptent à présent par dizaines (certaines l'ont même été trois fois en trois nuits !) ; en y étant, le câblage des installations fait lui aussi l'objet des détériorations et larcins. Viennent ensuite les outils (goupilles, rotules, chevilles) sur le matériel de plaine, quand ce n'est pas le matériel complet qui disparaît du jour au lendemain. Les corps de ferme sont également régulièrement visités, notamment, une fois de plus, la réserve de fuel et l'outillage d'atelier (matériel électroportatif en tête). Les méfaits sont suffisamment nombreux pour qu'à présent chacun hésite à laisser son tracteur quelques heures en plaine dans la journée, de peur d'avoir les accessoires emportés et le réservoir siphonné ou tout simplement crevé.

Des dégâts collatéraux
Au-delà de l'objet précis du vol, ce sont parfois des dégâts bien plus importants ou des gênes imprévues qui plombent le quotidien. En plus du vol de fuel, une cuve ou un réservoir percé pour aller plus vite coûte aussi cher, mais bloque en plus le fonctionnement.
Tout comme les dégâts sur le matériel d'irrigation quand les systèmes d'arrêt automatiques sont vandalisés, et que les pompes et moteurs tournent dans le vide.
Sur ce point, les assureurs constatent avec inquiétude l'explosion du chiffre et les disproportions entre l'objet du vol et le montant des dégâts.
Enfin, l'organisation du travail devient un souci quand un chantier d'arrachage ne peut démarrer car l'arrosage a été interrompu et qu'au petit matin, on découvre que dix personnes mobilisées ne feront rien de la journée.

Laxisme ou impuissance ?
La colère gronde dans les cantons concernés car les rares personnes prises sur le fait n'ont pas fait à ce jour l'objet de poursuites et n'ont pas été particulièrement menacées par la justice. A croire qu'il faut être pris la main dans le sac, et non pas sur le sac ou à côté. En témoigne cette situation où deux personnes «suspectes» n'ont pas été arrêtées alors qu'elles se promenaient «normalement» la nuit, en plaine, à proximité de stations avec des jerricanes en main... Chacun sait que le jerricane est un animal nocturne !

La Fdsea mobilisée
Cette montée en puissance des vols inquiète l'ensemble du territoire. La Fdsea a saisi les autorités. En premier lieu, Laurent Degenne a demandé audience au sous-préfet de Péronne, Joël Dubreuil, dont l'arrondissement est le premier concerné pour lui rendre un état des lieux de la situation.
Par ailleurs, la Fdsea interviendra également auprès du procureur de la République pour lui demander la plus grande fermeté à l'égard des contrevenants. Pour préparer ces rencontres, la Fdsea lance un recensement des délits constatés depuis le début d'année, et demande à un maximum d'agriculteurs concer­nés de remplir et transmettre le questionnaire ci-dessous.

Réaction : Laurent Degenne, président de la Fdsea
«Remettre de l'ordre dans les campagnes !»
Ce qui se passe aujourd'hui mine le climat dans l'agriculture. On sait les difficultés dans lesquelles notre société vit. Cependant, on ne résoudra rien en laissant cette situation perdurer.
Le vol ou la dégradation du bien d'autrui sont répréhensibles et doivent être réprimés. C'est d'autant plus préjudiciable en agriculture ou dans toute entreprise que les dégâts occasionnés dépassent largement le cadre du simple vol. Les autorités doivent se saisir de l'urgence et de l'ampleur de la situation. Elles doivent intervenir vigoureusement pour y mettre un terme et dissuader toute tentative. L'incivilité n'a pas plus sa place en campagne qu'en ville, et le pire serait de voir également les campagnes se doter d'une justice parallèle. Nous sommes pour l'ordre et la République, et nous le réclamons avec impertinence !

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Prix 2026 : la douche froide pour les producteurs de Vecquemont

L’industriel Roquette a précisé le prix de base des pommes de terre fécule pour 2026. Comme attendu, car annoncé lors de l’…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

quota sur la pêche du maquereau
Un quota sur la pêche du maquereau met le feu aux pontons

La décision envisagée par la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche Catherine Chabaud de limiter à cinq maquereaux par jour…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde