L'Action Agricole Picarde 09 octobre 2018 à 06h00 | Par Arvalis - Institut du végétal

Toute l’actualité de la culture du lin fibre d’hiver

Le retour d’une météo clémente est propice aux semis des lins d’hiver. Mais le désherbage de cette culture est de plus en plus compliqué suite au retrait de la spécialité Speleo.

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L’agronomie permet de réduire de manière conséquente les adventices dans le lin fibre. 
L’agronomie permet de réduire de manière conséquente les adventices dans le lin fibre.  - © © Arvalis - Institut du végétal



L’agronomie, par la mise en place de faux-semis durant l’interculture, permet de réduire de manière conséquente les adventices dans le lin. Cela n’est cependant pas suffisant pour éliminer la concurrence et la nuisibilité de la flore présente dans les parcelles.


En cas de fortes infestations
Les interventions de pré-semis : dans les situations de forte infestation de graminées (vulpies, ray-grass, vulpins....) avec ou non la suspicion d’une résistance, l’anticipation des problèmes en cours de végétation est primordiale
(figure 1). L’utilisation d’Avadex 480 (triallate), en incorporation lors du semis, est l’une des meilleures stratégies. Avec environ 80 % d’efficacité sur la flore graminées, son utilisation est un levier indispensable, mais ne dispense pas de rattrapage en cours de végétation dans les situations critiques. Pour optimiser son efficacité, il convient d’épandre le produit sur un sol homogène et de l’incorporer le plus rapidement possible.

Les interventions de pré-levée
Le manque de données sur le transfert des molécules dans les eaux souterraines empêchent l’utilisation de la sulcotrione (Decano) et de la mésotrione (Callisto ou Prevot, Calliprime Xtra) en période automnale. Les solutions sont donc plus limitées que pour le lin de printemps.
Stratégie de rattrapage au cours de l’automne : dans la situation d’une forte infestation de graminées, il est encore possible d’intervenir avant l’hiver si les conditions climatiques le permettent (absence de gel). L’utilisation de Select Centurion 240 EC (cléthodime) associé avec de l’huile végétale ou du
Foly R (cléthodime) associé avec de l’Actimum est envisageable. Si l’infestation est modérée, la présence de graminées à cette période de l’année ne pose pas de problème à la culture du lin. Au moment de la reprise de végétation, il est alors possible d’intervenir contre les dicotylédones ou les graminées en fonction de la flore présente.

Fortes infestations de dicotylédones
Dans la situation d’une forte infestation de dicotylédones (figure 2), il est encore possible d’intervenir avant l’entrée de l’hiver avec Chekker (Amidosulfuron et iodosulfuron). Lors de la reprise de végétation, il est possible d’intervenir soit contre les dicotylédones ou les graminées en fonction de la flore présente, avec une préférence pour les anti-graminées dans un premier temps. S’il s’avère nécessaire de revenir avec un anti-dicotylédone, il est conseillé de cibler la flore dominante.
La réglementation est de plus en plus contraignante concernant l’utilisation d’herbicides sur sols drainés. Les traitements anti-graminées ne posent pas de problème (absence de restriction). En revanche, les anti-dicotylédones deviennent plus compliqués à utiliser. Certains ne permettent pas d’atteindre une efficacité suffisante sur des flores particulières.
Dans le programme présenté, Chekker est recommandé, mais attention, son utilisation est interdite en sols drainés ayant une teneur en argile supérieure à 45 %. Il est aussi conseillé d’éviter l’utilisation de Basagran SG dans les zones de captages classées AAC ou AAC Grenelle.
Concernant l’utilisation du Gratil (Amidosulfuron), nous vous rappelons que la réglementation actuelle autorise une seule application par an pour un usage au printemps et une seule application tous les deux ans pour un usage automnal afin d’éviter deux applications successives du produit à l’automne puis au printemps.

- © AAP

A propos du lin fibre d’hiver…

Les variétés de lin fibre d’hiver présentent un port en rosette qui protège les plantes du froid intense et leur permet de résister aux hivers modérés. Le terme «hiver» est pris dans le sens général : froid, vent, neige, glace, ravageurs, excès d’humidité, etc.

Un lin bien implanté et hors accident de type «élongation avant hiver» peut résister à des températures de l’ordre de - 15°C, le seuil létal se situant autour de - 18°C. Sous une couverture neigeuse, la culture peut supporter sans problème des températures inférieures à - 20°C.
Les clefs de la réussite : obtenir un rendement en fibre élevé, c’est possible. Cela suppose une croissance régulière des lins à chaque moment du cycle. Cinq paramètres sont nécessaires pour atteindre les meilleurs rendements : une bonne implantation, un peuplement régulier, une croissance végétative continue, sans gêne (carences, ravageurs, adventices, maladies), sans à coups et sans exubérance, un stade optimal pour l’arrachage, le bon état des machines de récolte.
Une conduite culturale à adapter : l’itinéraire technique est différent de celui du lin de printemps et il est important d’en connaître les particularités avant de se lancer. Par exemple, c’est avec un mois d’avance par rapport au lin de printemps que la croissance, la floraison et la maturation vont se produire. Ce qui permettra aux matériels de récoltes d’avoir une plus grande plage d’utilisation.

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