L'Action Agricole Picarde 10 juillet 2018 à 06h00 | Par Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/Ciirpo) et Stéphane Pype (CA60)

Traitement contre les strongles : flash, remanent ou longue action ?

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Les traitements longue action bloquent les cycles des parasites.
Les traitements longue action bloquent les cycles des parasites. - © © Ciirpo


Parmi les spécialités disponibles sur le marché en matière de produits antiparasitaires contre les strongles gastro intestinaux, on distingue trois catégories : les traitements à effet flashs, rémanents ou longues actions. Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse, explique leur mode d’action.

«Un traitement flash permet d’éliminer les parasites présents chez un animal. Dans ce cas, il n’y a aucune rémanence du produit et les animaux peuvent se recontaminer au bout de
12 ou 24 heures post-traitement s’ils sont en pâture. A titre d’exemples, on peut citer le praziquantel, le fenbendazole, mais aussi l’ivermectine orale pour laquelle la rémanence est très courte - deux ou trois jours maximum -, donc on peut considérer cela comme un traitement flash. Ces traitements sont bien adaptés à l’entrée en bergerie, car on sait que les animaux ne se recontamineront pas.»

Un traitement rémanent si les animaux restent à l’herbe
Un traitement rémanent permet d’avoir une action curative et de protéger pendant un délai généralement de quelques semaines contre les réinfestations au pâturage. Philippe Jacquiet précise : «Attention, cette rémanence dépend de la molécule utilisée, de son mode d’administration, du parasite cible (une rémanence peut varier selon l’espèce parasitaire en cause...) et, surtout, selon l’état corporel de l’animal traité : on sait que les rémanences  sont plus faibles chez les animaux maigres et très parasités. Par exemple, la moxidectine orale a une rémanence évaluée à cinq semaines vis-à-vis de Teladorsagia circumcincta et d’Haemonchus contortus, un peu plus courte (deux à trois semaines) vis-à-vis de Trichostrongylus colubriformis. A noter que cette évaluation a été faite en conditions de laboratoire avec des animaux bien nourris. Ces traitements sont bien indiqués quand on doit traiter les animaux et qu’ils vont continuer à évoluer sur une parcelle très contaminée. Enfin, les traitements «longue action» (ex moxidectine injectable longue action) sont destinés à bloquer les cycles parasitaires en empêchant le recyclage des larves infestantes sur les pâtures pendant plusieurs mois. Ils sont au cœur d’un débat actuellement, car en les utilisant, un éleveur exerce une pression de sélection de longue durée sur les populations de strongles et cela pourrait favoriser l’apparition et la diffusion des résistances».

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