L'Action Agricole Picarde 19 octobre 2019 à 06h00 | Par Vincent Fermon

Un collectif au service des produits fermiers

Esprit Fermier, le premier point de vente collectif de produits fermiers de la Somme a été inauguré le 9 octobre, à Glisy, au sud-est d’Amiens.

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Représentants de la Chambre d’agriculture de la Somme, de la mairie de Glisy, d’Amiens Métropole, du conseil départemental ou encore du Conseil régional ont participé à l’inauguration d’Esprit Fermier, sous la conduite 
de Rémi Degrendel.
Représentants de la Chambre d’agriculture de la Somme, de la mairie de Glisy, d’Amiens Métropole, du conseil départemental ou encore du Conseil régional ont participé à l’inauguration d’Esprit Fermier, sous la conduite de Rémi Degrendel. - © V. F.

«Vous avez fait des heureux en ouvrant ce magasin». Maire de la commune de Glisy, Guy Penaud ne cachait pas son enthousiasme lors de l’inauguration du point de vente de produits fermiers, Esprit fermier, début octobre. Après quelques semaine d’ouverture - l’ouverture officielle a eu lieu le 31 juillet dernier -, le magasin collectif géré par onze producteurs et un artisan associés semble avoir trouvé son public, avec pas moins de 400 clients par jour. Maraîcher à Cappy et président de la SAS qui porte le magasin, Rémi Degrendel est revenu en quelques minutes sur les origines du projet, jusqu’à son dénouement : «Nous avons fait le constat avec la chambre d’agriculture qu’il n’y avait pas ce genre de magasin dans la Somme alors qu’il en existe dans les départements voisins, se souvient M. Degrendel. Le premier défi a été de constituer un groupe d’agriculteurs prêts à se lancer, sans forcément se connaître.»
La suite, dès le début de l’année 2017, c’est une série de réunions, de rencontres et de visites pour échafauder un projet de point de vente collectif, choisir un statut et trouver un lieu : «Au départ, nous avions réfléchi à une implantation dans le centre-ville d’Amiens. Nous hésitions entre la location d’un bâtiment ou l’achat, avant que l’idée de s’installer dans un bâtiment neuf, en périphérie s’impose», explique Rémi Degrendel. Le montant de l’investissement ? 1,5 million d’euros, pour une surface de 500 m2, dont 300 m2 sont exclusivement dédiés à la vente. Outre les produits des douze associés, Esprit Fermier propose également ceux d’une vingtaine de dépôts-vendeurs ; soit pas moins de 700 références.

Transparence et proximité
Présidente de la Chambre d’agriculture de la Somme, Françoise Crété s’est déclarée «particulièrement heureuse et satisfaite» de l’ouverture de ce point de vente, en saluant «le début d’une grande aventure». Pour la responsable professionnelle, «il est certain que cela répond à une réelle demande des consommateurs. Nous avons besoin  de ce genre de lieu pour renouer le dialogue avec le consommateur. Cela manquait dans la Somme». Entre les rayons du magasin, proximité et transparence sont de mise. Une particularité qui n’a pas échappé, et qui séduit visiblement Laurent Somon, le président du Conseil départemental de la Somme : «Ce type de projet est une réponse à une Loi Egalim incomplète qui ne porte pas suffisamment ses fruits. Il est très agréable de nous retrouver dans un lieu où l’on ne se contente pas de lire une origine sur une étiquette ou sur une caisse.» Pour répondre aux questions des clients, les associés d’Esprit Fermier ont en effet pris le parti d’assurer chacun un certain nombre de permanences. Chaque jour d’ouverture – du mercredi au samedi, de 10h à 19h30 -, entre trois et quatre associés viennent renforcer l’équipe salariée.

Des pistes pour d’autres projets
Les bons débuts d’Esprit fermier et l’engouement suscité par ce concept pourraient désormais donner des idées à d’autres porteurs de projets. D’autant que les organisations qui ont participé à l’accompagnement du premier point de vente collectif de produits fermiers sont toutes prêtes à renouveler leur soutien. Pour le président d’Amiens Métropole, Alain Gest, «les abords de la gare d’Amiens pourrait être un lieu favorable pour l’accueil d’un magasin comme celui-là...» Ancien agriculteur et responsable professionnel agricole aujourd’hui conseiller régional, Jean-Michel Serres en est convaincu : «Il est sûr que ce projet qui a bien démarré va faire des petits et qu’il donnera à d’autres l’envie de le faire. La diversification est un prolongement naturel des exploitations agricoles. Dans le contexte économique actuel, c’est une manière de répartir les risques et nous avons là une belle façon de le faire. On peut produire des betteraves, des pommes de terre et avoir en parallèle une activité d’accueil à la ferme ou de transformation.» L’équipe d’Esprit Fermier a montré la voie, il ne reste désormais plus qu’à la partager.


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