L'Action Agricole Picarde 02 février 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Un énorme besoin de lait

Frédéric Chausson intervenait, lui, sur le contexte laitier mondial et son impact en France.

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Frédéric Chausson : «La volatilité est bien le défi de demain.»
Frédéric Chausson : «La volatilité est bien le défi de demain.» - © AAP


La demande de lait dans le monde ne cesse de croître. En 2015, la consommation a dépassé les
800 millions de tonnes. Et ce n’est pas près de s’arrêter. Entre 2020 et 2030, elle devrait atteindre le double. «Je sais bien que c’est compliqué de dire qu’il y a un énorme besoin de lait dans le monde alors que les cours sont déprimés, que la demande des clients est en pleine mutation et que les acteurs de la filière sont de plus en plus globaux. Il n’en reste pas moins que les perspectives sont positives pour la production de lait, mais, désormais, dans un contexte de volatilité accrue», reconnaît Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif chez Sodiaal. La question est donc la suivante : comment s’adapter à ce nouveau monde volatil ? Une question incontournable, puisque «la volatilité est bien le défi de demain», insiste-t-il.

La «vision» de Sodiaal
Selon la coopérative, il y a plusieurs niveaux pour gérer cette volatilité. Le premier est celui du mix de la coopérative. Comprenez qu’avec son étendue géographique et ses différents marchés, Sodiaal peut amortir la volatilité. Le second, à court terme, porte sur des systèmes de prix différenciés et de contrôle du volume. «Mais si ces systèmes ne sont pas parfaits, les systèmes de volumes par rapport au prix réagissent avec les conditions du marché. Si d’autres pays n’ont pas du tout la même approche que nous, les mentalités évoluent toutefois», commente Frédéric Chausson.
Le troisième niveau est, lui, sur le moyen terme, et porte sur des contrats à prix fixes ou à marge garantie sur trois ans. Sodiaal teste cette option sur le prix B du lait. «Il s’agit de lier la valeur d’un contrat avec un client directement sur le prix du lait. L’idée est de proposer au producteur des solutions pour moduler son risque», argumente-t-il. Mais il est trop tôt cependant pour se prononcer. Enfin, le dernier niveau, sur le long terme, est la mise en place de fonds de stabilisation du revenu. «C’est une idée de bon sens, soit mettre de côté de l’argent quand cela va bien pour le «redescendre» quand cela va mal, avec des aides du second pilier et des incitations fiscales», ajoute Frédéric Chausson.
Reste que l’on observe une convergence globale du prix du lait. Une fois cela dit, les opportunités existent, selon lui. D’une part, parce que les Océaniens sont au maximum de leur production et, d’autre part, parce que les Américains ne sont pas tournés vers les marchés mondiaux. «Autrement dit, sur ces marchés, il n’y a que les Européens. A nous, donc, de répondre à la demande mondiale, d’autant que les opportunités en termes de volumes et de prix sont à venir», conclut le directeur du développement coopératif chez Sodiaal. Mais avec des prix en dessous des coûts de production, il n’y aura pas de production durable. Un coût estimé à 330 €/ 1 000 litres par Sodiaal. Y a plus qu’à…

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