L'Action Agricole Picarde 25 juin 2014 à 09h31 | Par Marion Martin

Viande bovine : «la revalorisation du prix est une priorité»

Conjoncture, réforme de la PAC... les dossiers sensibles ont été détaillés lors de l'assemblée de la section bovine de la Fdsea.

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- © AAP

«Comme dans les autres filières, les producteurs de bovins ne manquent pas de sujets de discussion souvent épineux», a constaté Ludovic Cauchois, président de la section bovine de la Fdsea et également membre du bureau de la fédération nationale bovine (FNB), à l'occasion de l'assemblée générale de la section. 25 éleveurs ont participé à l'assemblée qui s'est tenue le mardi 18 juin. Thierry Rapin, directeur de la FNB y a présenté les sujets d'actualités.

Conjoncture : pas d'explication plausible pour la baisse des prix
«La filière ne va pas bien», a d'emblée regretté Thierry Rapin. «Production, consommation et export sont en recul depuis deux ans.
A l'inverse, les charges demeurent à des niveaux très élevés. Le revenu des producteurs ne bovin ne s'améliore donc pas. On espère qu'il ne se dégradera pas davantage avec la pression à la baisse des cours que l'on connaît en ce moment». Le prix payé aux producteurs a baissé de 10 à 15% alors que les grandes surfaces ne cessent d'augmenter les prix payés par les consommateurs. Cherchez l'erreur. «Nous n'avons pas d'explications pour la baisse des prix actuels, a expliqué Thierry Rapin. Quand on analyse le marché français, les abattages sur les derniers mois sont réduitsce qui signifie moins de production et moins d'offres en France. Les importations n'ont pas progressé, malgré les prédictions à la hausse. La consommation est quasi stable. Rien ne justifie une telle baisse des prix. Deux solutions : soit les abatteurs, soit les grandes surfaces se font des marges trop importantes».
La FNB a donc donné un mot d'ordre national en avril pour contrôler l'origine des viandes en supermarché, les viandes d'origines étrangères étant de plus en plus fréquentes. L'objectif est de faire entendre les difficultés de la filière et de montrer le besoin pour la filière de changer cette logique des prix bas. «La revalorisation du prix est une nécessité et c'est la priorité de la FNB», a renchérit Thierry Rapin. Pour y parvenir la Fédération travaille sur l'exportation, la promotion des produits en mettant en avant la viande française et la structuration de la filière.
«Les aides des exploitations de la Somme vont fortement baisser avec la nouvelle réforme», a prévenu Ludovic Cauchois. Pour mémoire, 15% de l'enveloppe du premier pilier est consacrée aux aides couplées, soit 670 millions d'euros pour la vache allaitante (avant transfert vers le second pilier).

Aide à la vache allaitante : 2013 comme année de référence
Après de nombreuses négociations et rebondissements,un accord a été trouvé fin mai. Pour toucher l'aide, il faudra au minimum dix vaches (trois aujourd'hui) et le plafond d'aide est fixé à partir de la 140èmevache . Au final, un éleveur peut compter sur un montant de :

- 187 EUR de la 1ère à la 50ème vache, soit 181 EUR net après transfert ;
- 140 EUR de la 50ème à la 100ème vache, soit 136 EUR net après transfert ;
- 75 EUR de la 100ème à la 139ème vache, soit 73 EUR net après transfert.

Pour les critères d'attribution de l'aide, quelques changements sont à noter par rapport à la période précédente. «La prime à la vache allaitante va à la vache qui produit un veau», a souligné Thierry Rapin. Et de poursuivre, «fin 2014, les références actuelles vont disparaître et il n'y aura aucun lien avec les nouvelles références créées en 2015. Celles-ci correspondront à une photo de l'exploitation en 2013 : soit aux vaches détenues pendant la période de détention 2013, soit une moyenne du nombre de vache faite sur l'année 2013. La période exacte n'est pas encore tranchée par les pouvoirs publics».
Des systèmes d'attribution sont prévus pour ceux qui souhaitent augmenter leur troupeau par exemple, suite à l'arrêt d'autres producteurs ou réduction d'un troupeau. Toutefois, la modalité n'est pas encore déterminée. Il est envisagé de gérer ces nouvelles références au niveau national et non plus au niveau départemental comme actuellement.
Pour les autres critères d'éligibilité :
- un nouveau ratio de productivité est créé : il faut au moins 0,8 veau présent par vache éligible sur les quinze derniers mois ;
- les génisses ne sont pas éligibles sauf pour les nouveaux producteurs (pas de différence entre nouveaux et jeunes producteurs) qui peuvent intégrer jusqu'à 20% de génisses maximum pendant trois ans suivant l'installation ;
- il est toujours possible de remplacer une vache allaitante par une génisse pendant la période de détention dans la limite de 20% ;
- les races mixtes sont éligibles.
Suite à des questions, Thierry Rapin a ajouté que «toutes les vaches allaitantes seront éligibles même pour les producteurs qui ont des vaches laitières».

Pas d'aide à l'engraissement en 2015
«L'enveloppe d'aide à l'engraissement était de 8 millions d'euros. La profession souhaitait que les fonds servent à favoriser la contractualisation. En résumé, que les abatteurs qui proposent des contrats avec des prix plus élevées que les prix de marché puisse bénéficier d'un fonds qui aurait été créé avec l'enveloppe d'aide couplée. Cependant cette solution n'est juridiquement pas recevable et donc l'enveloppe a été réaffecté à la prime vache allaitante», a détaillé Thierry Rapin. La profession, via la FNB, continue à travailler pour mettre en place une aide à l'engraissement, mais ce ne sera pas pour 2015. Affaire à suivre !

Les rencontres «Made in viande» : avis aux amateurs !

La filière élevage et viande organise un grand événement festif et populaire inédit. Elle repose sur les exploitants qui accueilleront le public sur leurs fermes. L'objectif est que chacun fasse partager son métier, son quotidien et son avenir. Dans toutes les régions de France, le grand public sera invité à partir à la rencontre des exploitants et des acteurs de la filière : fermes d'élevages, centres d'allotement, marchés aux bestiaux, ateliers de découpe et de transformation, restaurants de collectivités, grandes surfaces, boucheries artisanales... Ces rencontres se dérouleront la semaine du 25 au 31 octobre 2014. De l'étable à la table, ce seront plus de 2500 portes ouvertes à la curiosité des consommateurs.

Pour ceux qui sont intéressés pour faire visiter leur exploitation, n'hésitez pas à vous manifester auprès du comité régional Interbev.

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| 27 juin 2014 à 23:30:56

comme toujours la pac profite aux meme:les céréaliers;les eleveurs qui travaillent tous les jours sans répis sont de nouveau les plus lèsès.on se demande si on n est vraiment defendu par les syndicats au vu des nouvelles conditions d attribution de la pmtva.bon couage à tous les eleveurs qui vont devoir travailler plus.

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