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Willy Vindevogel a trouvé son coin de paradis

Terre de Liens a accompagné, en 2010, Willy Vindevogel dans son projet d’installation en maraîchage biologique en plein cœur du Santerre.

Willy Vindevogel et sa fille dans une des serres de son exploitation.
Willy Vindevogel et sa fille dans une des serres de son exploitation.
© © F. G.



Le parcours du combattant pour trouver une terre, Willy de Vindevogel le connaît bien. Dans la famille Vindevogel, «cultiver la terre, c’est génétique», confesse-t-il. Comme ses autres frères et ses parents, Willy n’avait qu’une idée en tête : s’installer à son compte, et ce, depuis 2004. Mais la ferme des parents revenant à l’aîné de ses frères et celle de leur oncle au cadet, le petit dernier se retrouve sans terre. En attendant de trouver son petit coin de paradis, après un BTS en productions animales, il devient ouvrier agricole dans différentes fermes.
Le seul moyen de s’installer, pense-t-il, est sur une petite surface, mais avec des cultures à haute valeur ajoutée. Lesquelles ? Les cultures maraîchères. Un accident avec les produits phytosanitaires et un stage avec Jean-Louis Christen l’orientent vers du maraîchage en bio. Mais, rien à faire, aucune terre n’est disponible. «On ne trouve rien, parce qu’il faut faire ses preuves à l’avance. Puis, quand on trouve des parcelles, elles sont déjà vendues. C’est un cercle vicieux», commente-t-il. Et un cercle difficile à briser.

Le coup de pouce de Terre de Liens
Tout va changer en 2010, soit six ans plus tard, lors d’une réunion à laquelle il assiste, à Beauvais. Echangeant avec un membre de l’ABP (ajourd’hui Bio en Hauts-de-France, ndlr), ce dernier l’invite à contacter Terre de Liens, qu’il ne connaît pas. Il découvre alors une association défendant des valeurs qui l’importent : la terre à ceux qui veulent la travailler, le respect de l’environnement et du sol, le lien direct entre agriculteur et habitant, le souci du bio et des circuits courts. «C’est vraiment un projet génial que défend Terre de Liens. La terre, selon eux, devrait appartenir à ceux qui en ont besoin, avec un projet pour faire vivre une famille et pas seulement un agriculteur», dit Willy.
Après avoir défini son besoin avec Alexandre Platerier, l’animateur local de Terre de Liens, soit a minima 3 ha dans un rayon de 10 km maximum de Folies et Le Quesnel, les deux hommes partent à la recherche de terres. C’est l’animateur qui trouve une parcelle à Hangest-en-Santerre, appartenant à la Communauté de communes de Moreuil (CdC). En fait, ce n’est pas une, mais deux parcelles. Ne reste plus qu’à convaincre la CdC de les confier à la Safer pour qu’elle en assure la distribution.
Une fois la Safer maîtresse du jeu, Willy dépose son dossier. A Terre de Liens le financement pour l’achat d’une parcelle, à Willy celui du matériel et de l’irrigation. Après quelques péripéties et hésitations, la Safer finit par lui attribuer une des deux parcelles de 5,50 ha. Prix de l’hectare : 17 500 €. «Sans Terre de Liens, je n’aurais jamais pu m’installer, car les collectivités disposent de petites parcelles un peu partout sur leur territoire, qui ne servent à rien, mais il faut connaître les leviers pour faire avancer les projets agricoles sur celles-ci. Et Terre de Liens a ces leviers», dit Willy. La donne est alors la suivante : Willy paie un fermage à Terre de Liens dans le cadre d’un bail environnemental sur toute sa carrière. Ce bail implique notamment 20 % de cultures légumineuses, aucun usage de pesticides, et la création d’une exploitation à taille humaine. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait.

Dernières péripéties
La banque refuse de faire un prêt à Willy pour l’achat de matériels et de serres. Or, si, dans un délai de six mois, il ne peut reprendre les terres, il en perdra leur attribution. Un conseiller de Cerfrance Somme l’invite alors à faire une pré-installation pour démontrer à la banque que son projet tient la route. En attendant que cette dernière délie les cordons de sa bourse, Willy a recours au système D. Il achète du matériel sur Le Bon Coin, qu’il bricole ensuite, puis une première serre en janvier 2012, et se monte son bâtiment de stockage. Des agriculteurs du coin lui prêtent aussi les outils manquants. C’est ainsi que Willy peut se lancer dans la culture de ses premiers légumes d’hiver. Suivront les légumes d’été avec le retour des beaux jours.
Pré-installé en juin 2011, la banque ne lui octroiera un prêt que cinq ans plus tard, lui permettant enfin de s’installer pour de bon en 2017. Mais son exploitation n’a pas attendu la banque pour faire ses preuves. 85 % de sa production est vendue dans cinq Amap. «On a même créé des Amap dans le coin, notamment à Moreuil, Roye et Ally-sur-Noye», s’enthousiasme-t-il. Les deux autres Amap auxquelles il vend ses légumes sont dans l’Oise. Autres circuits de vente : 10 % de la production part chez d’autres maraîchers et 5 % chez un demi-gros, Bio d’ici et d’abord. Sa petite entreprise ne connaît pas la crise.

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