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Ynsect : les insectes comme base de l’alimentation animale

Ynsect, spécialiste mondial de la production de protéines à base d’insectes, va implanter une unité de production, à Poulainville. Une centaine d’emplois devraient être créés.

Processus de transformation : lorsque les larves de Molitor arrivent à maturité, 95 % sont étuvées, stérilisées, puis transformées en protéines et en huile premium.
Processus de transformation : lorsque les larves de Molitor arrivent à maturité, 95 % sont étuvées, stérilisées, puis transformées en protéines et en huile premium.
© Ynsect


Si les insectes effarouchent ou dégoûtent bon nombre d’entre nous, chez Ynsect, on les apprécie beaucoup, particulièrement pour leur rôle dans les écosystèmes et leur teneur protéique. Dans un contexte de demande croissante en protéines, et face à une offre qui se raréfie, Antoine Hubert, ingénieur agronome, avec trois associés (Jean-Gabriel Levon, Fabrice Berro et Alexis Angot), décide, en 2011, d’apporter une réponse innovante et concrète à ce qui est l’un des principaux défis de l’humanité dans les années à venir.
Comment ? En lançant une production de protéines à partir d’insectes pouvant répondre aux besoins des marchés de la nutrition animale et végétale. «Les insectes s’avèrent une solution alternative avantageuse tant sur le plan économique qu’écologique. Et cela permet, en outre, de leur redonner la place qui devrait être la leur dans la chaîne alimentaire», explique Antoine Hubert. Rien de mieux, par ailleurs, pour redorer leur blason.
Après avoir développé en laboratoire de nouvelles technologies d’élevage, la jeune société, grâce à des levées de fonds et au soutien des pouvoirs publics, ouvre, fin 2016, une unité de démonstration industrielle (une ferme verticale d’insectes) près de Dole, dans le Jura, sur un hectare. Deux ans plus tard, Ynsect décide de créer, à Poulainville, sur un terrain de 18 ha, sa première ferme dédiée à la production de protéines à partir d’une matière première innovante, des larves de Tenebrio Molitor, un scarabée plus connu du grand public sous le nom de «ver de farine».
L’unité est présentée comme un concentré de technologies, très automatisée dans ses différentes étapes de production, et équipée de capteurs. Objectif : garantir, à l’issue du cycle de croissance des vers, une qualité de la matière première dont seront extraites une huile, ainsi qu’une poudre. Ultra-riche en protéines, celle-ci sera valorisée dans l’alimentation des animaux de compagnie et des poissons d’élevage. Les déjections des insectes seront, elles, utilisées sous forme d’engrais organiques. Les travaux devraient débuter en 2019, pour une mise en service en 2020. Coût de l’investissement ? Silence radio. Certains évoquent un montant total de 150 millions d’euros, rapporte notre confrère du quotidien Les Echos.

L’agglo amiénoise retenue par Ynsect
En compétition avec Reims, c’est finalement l’agglomération d’Amiens qui a été retenue par Ynsect. «Notre choix s’est porté sur Amiens en raison notamment de la disponibilité de la ressource en coproduits agricoles utilisés pour nourrir les larves», explique Antoine Hubert, président et cofondateur d’Ynsect. Autres atouts : des coûts énergétiques moindres ; la présence d’infrastructures ; le leadership de la région dans différentes filières agricoles, dont les céréales ; le site  (le terrain appartient à la Chambre de commerce et d’industrie d’Amiens-Picardie  et offre  la possibilité d’une extension des activités de la société dans le futur, ndlr) ; et une aide des collectivités, ainsi que de l’Etat mieux disantes.
Concrètement, la Région, le Département et Amiens métropole  apporteront des aides à la création d’emploi, soit sous forme de subvention, soit d’avance remboursable. Des financements Feader pourront être sollicités dans le cadre de l’économie décarbonée, ainsi que des fonds de la Rev3 pour la partie énergétique. Le Département, lui, apportera une aide aux investissements, sous forme de subvention, que l’entreprise va réaliser dans le cadre de l’implantation de l’unité de production. Elle pourra ainsi bénéficier d’une exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties à 100 % pendant deux ans de la part départementale. Quant à l’Etat, «il pourra apporter sa contribution avec une potentielle aide à la réindustrialisation ou prime à l’aménagement du territoire. Les fonds de revitalisation pourront être sollicités», précisait, de son côté, Jean-Charles Géray, secrétaire général de la préfecture de la Somme, lors de la présentation du projet, à la mairie d’Amiens, le 20 septembre.
Ce projet innovant, porté par le pionnier de la fabrication de protéines à base d’insectes - considéré, par ailleurs, comme l’un des fleurons de l’agtech française, la haute technologie agricole (23 brevets à son actif) -, ne pouvait que séduire les acteurs locaux. Et ce, d’autant, que, grâce aux succès techniques de la première ferme verticale d’insectes d’Ynsect, près de Dole, la mise en place d’une vraie filière industrielle de production de protéines à base d’insectes se profile bel et bien, et, cerise sur le gâteau, chez nous.

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