Energies
Carburant : pour Emmanuel Macron, une partie de la réponse à la flambée des prix est dans le détroit d’Ormuz
Face à la flambée des prix à la pompe, Emmanuel Macron assure agir pour « faire baisser la pression sur les prix ». Son plan passe notamment par la sécurisation du détroit d’Ormuz et la recherche de routes alternatives. Sur le papier, c’est assez simple. À la pompe, un peu moins.
Face à la flambée des prix à la pompe, Emmanuel Macron assure agir pour « faire baisser la pression sur les prix ». Son plan passe notamment par la sécurisation du détroit d’Ormuz et la recherche de routes alternatives. Sur le papier, c’est assez simple. À la pompe, un peu moins.
Le président de la République a trouvé une nouvelle équation à résoudre, comme il l’a décrit hier : « Plus de routes pour le pétrole, c’est moins de dépendance. Moins de dépendance, c’est plus de sécurité. Et plus de sécurité, c’est moins de pression sur les prix. » Une démonstration en trois temps livrée mercredi 16 septembre, alors que le pétrole s’échangeait autour de 107 dollars le baril et que les prix à la pompe continuaient de grimper.
Dans sa déclaration, Emmanuel Macron reconnaît que « quand le pétrole est sous pression, les prix à la pompe grimpent » et dit savoir « ce que cela représente pour les Français ». Il entend donc agir à des milliers de kilomètres de l’Hexagone, là où se joue une bonne partie de la facture énergétique.
Le grand détour par Ormuz
Ces derniers jours, le chef de l’État s’est entretenu avec le Premier ministre irakien, puis avec le prince héritier d’Arabie saoudite et l’émir du Qatar. Objectif : rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, sécuriser les infrastructures énergétiques et maintenir la production.
Le sujet est loin d’être anecdotique. Environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole transitait par ce passage avant le conflit. Or les perturbations persistantes du trafic maritime ont contribué à faire repasser le Brent au-dessus des 100 dollars.
Macron veut également développer des « routes alternatives » pour éviter que le pétrole mondial ne dépende trop d’un seul passage. Une stratégie qui paraît frappée au coin du bon sens : si le chemin est bouché, il faut en trouver un autre. Reste que les itinéraires de contournement ne sont ni gratuits ni instantanés.
L’Arabie saoudite avait notamment augmenté ses exportations via son oléoduc reliant le Golfe à la mer Rouge pour contourner Ormuz. Mais cette solution est elle-même fragilisée par les tensions dans cette région.
Et pendant ce temps, la pompe tourne
En France, les conséquences sont beaucoup plus immédiates. Le SP95-E10 atteignait en moyenne 2,12 euros le litre le 8 septembre, tandis que le gazole tournait autour de 2,28 euros. Le gouvernement a d'ailleurs prolongé en septembre et octobre l'aide à la pompe de 15 centimes par litre pour les agriculteurs, pour un coût annoncé de 55 millions d'euros par mois.
Le gouvernement a également indiqué mercredi que près de 10 % des stations-service rencontraient une difficulté sur au moins un carburant, tandis que la mobilisation autour de l'approvisionnement et des prix était renforcée.
Le président promet donc de « sécuriser le pétrole » et de « faire baisser la pression sur les prix à la pompe ». Pour l'instant, le premier objectif consiste surtout à empêcher que la situation internationale ne dégénère davantage. Pour le second, les automobilistes, les transporteurs et plus largement les secteurs exclus de mesures d’aides attendront probablement une traduction un peu plus concrète que la géopolitique du Golfe.