Politique
Le ministre de la Ruralité va retourner aux villages
Michel Fournier va quitter le gouvernement. Le ministre délégué chargé de la Ruralité a annoncé son départ jeudi 17 septembre, lors d’un séminaire gouvernemental. Il devrait quitter ses fonctions en début de semaine prochaine, après près d’un an passé dans l’équipe de Sébastien Lecornu. Son portefeuille devrait être repris par sa ministre de tutelle, Françoise Gatel.
Michel Fournier va quitter le gouvernement. Le ministre délégué chargé de la Ruralité a annoncé son départ jeudi 17 septembre, lors d’un séminaire gouvernemental. Il devrait quitter ses fonctions en début de semaine prochaine, après près d’un an passé dans l’équipe de Sébastien Lecornu. Son portefeuille devrait être repris par sa ministre de tutelle, Françoise Gatel.
À 76 ans, Michel Fournier n’aura finalement pas longtemps porté le costume ministériel. Et ce n’est pas vraiment une surprise : son départ avait été évoqué dès son arrivée au gouvernement, en octobre 2025, et il en avait informé Sébastien Lecornu depuis plusieurs mois.
Son entrée au gouvernement avait, elle, donné le ton. Le 12 octobre 2025, Michel Fournier avait expliqué avoir découvert sa nomination… devant sa télévision. « On ne m’a pas appelé pour me dire “c’est toi” », racontait-il quelques jours plus tard sur RTL. Il regardait l’annonce du gouvernement depuis son canapé, chez lui, aux Voivres, dans les Vosges.
L’anecdote collait plutôt bien au personnage. Maire des Voivres depuis 1989, une commune d’environ 300 habitants, président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) depuis 2020, Michel Fournier revendique depuis longtemps une liberté de ton et une indépendance politique assez peu compatibles avec les cases habituelles.
Fils d’agriculteurs, ouvrier agricole avant ministre
Fils d’agriculteurs, Michel Fournier a commencé comme ouvrier agricole avant de passer par les douanes, le commerce et la vente, notamment de chewing-gums, puis de devenir fleuriste. Il a également travaillé comme poseur de volets roulants.
Il entre en politique à 33 ans comme conseiller municipal d’opposition aux Voivres. Il en deviendra maire six ans plus tard et n’en bougera plus. Son engagement local le conduira ensuite à la présidence de l’AMRF, où il s’impose comme l’un des porte-voix les plus identifiés des petites communes.
Un bilan marqué par « Villages d’avenir »
Pendant ses onze mois au gouvernement, Michel Fournier aura surtout défendu une politique de proximité et les outils du plan France Ruralités. Sa principale marque est le programme Villages d’avenir, lancé en 2023 et destiné à apporter de l’ingénierie aux communes rurales de moins de 3 500 habitants.
En avril, devant le Sénat, il indiquait que 3 060 communes bénéficiaient du dispositif, avec 120 chefs de projet recrutés depuis 2024 et plus de 5 000 projets accompagnés.
Le gouvernement a finalement annoncé en juillet la prolongation de Villages d’avenir sur l’ensemble du prochain mandat municipal. Le dispositif avait alors accompagné plus de 3 000 communes et quelque 5 600 projets. L'accent doit notamment être mis sur les commerces et le logement.
Autre dossier travaillé : le bilan du volet « Solutions » de France Ruralités. Présenté en juin avec Françoise Gatel, il recensait 41 mesures concernant notamment les commerces, la santé, le logement, la mobilité et l’éducation dans les territoires ruraux.
Retour à l’AMRF
C’est précisément vers les maires ruraux que Michel Fournier va maintenant retourner. Il devrait reprendre la présidence de l’AMRF, dont il s’était mis en retrait à son entrée au gouvernement. L’association avait alors confié l’intérim à Jean-Paul Carteret afin de préserver son indépendance pendant la mission ministérielle de son président.
Selon le journal Sud Ouest, son départ du gouvernement était d’ailleurs envisagé depuis un moment, notamment avant même les élections municipales de mars. Il n’est donc pas question d’un départ précipité provoqué par une crise particulière : l’intéressé avait déjà manifesté son envie de retrouver son mandat local et associatif.
Son portefeuille doit, lui, revenir à Françoise Gatel, sa ministre de tutelle chargée de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.