Aller au contenu principal

Environnement
Pollution de l’Escaut : une «négligence» à 9,5 millions d’euros pour Tereos

Le groupe coopératif Tereos a été condamné le 12 janvier au paiement d’une amende de 500 000 € et 9 millions de dommages et intérêts après un accident industriel survenu sur la sucrerie d’Escaudoeuvres (59) qui a engendré une pollution du fleuve l’Escaut. 

Selon le tribunal de Lille, il y a bien eu «négligence» de la part du groupe coopératif sucrier dans l’affaire de la pollution de l’Escaut après la rupture d’une des berges d’un bassin de décantation de la sucrerie d’Escaudoeuvres (59) en 2020.
Selon le tribunal de Lille, il y a bien eu «négligence» de la part du groupe coopératif sucrier dans l’affaire de la pollution de l’Escaut après la rupture d’une des berges d’un bassin de décantation de la sucrerie d’Escaudoeuvres (59) en 2020.
© Tereos

Selon le tribunal de Lille, il y a bien eu «négligence» de la part du groupe coopératif sucrier dans l’affaire de la pollution de l’Escaut après la rupture d’une des berges d’un bassin de décantation de la sucrerie d’Escaudoeuvres (59). La conséquence pour l’entreprise ? Elle a été condamnée le 12 janvier au paiement d’une amende – 500 000 € – et de dommages et intérêts, conformément aux réquisitions du procureur de la République lors d’une audience qui s’est tenue en novembre dernier. Dans la nuit du 9 au 10 avril 2020, 100 000 m3 de liquide noirâtre - essentiellement des matières organiques et fermentescibles - s’étaient alors déversés dans la nature, polluant notamment l’Escaut en France, mais aussi en Belgique. 

 

Défaut d’entretien

Lors d’une audience de deux jours qui s’est tenue en novembre dernier, et alors que Tereos comparaissait devant le tribunal de Lille pour «déversement de substance nuisible dans les eaux» et du rejet «de substance nuisible au poisson», son avocat Alexandre Moustardier affirmait que l’entreprise n’avait pas failli. Pour le spécialiste en droit de l’environnement, «il n’y a pas eu de manquements dans l’entretien de la digue ou dans les travaux du bassin réalisés par Tereos», précisant que 80 millions d’euros avait été investis en cinq ans sur le site nordiste. Avant de connaître sa condamnation, Tereos s’était engagée auprès du préfet du Nord à effectuer des travaux et à réparer les conséquences de la rupture de la digue des bassins d’Escaudoeuvres. Le montant engagé par l’entreprise serait de 2,5 millions d’euros. Avocate de la région Wallonie, l’une des parties civiles de ce dossier, Corine Lepage avait, de son côté, pointé du doigt un défaut d’entretien du site, indiquant que «si la végétation avait été abattue correctement autour de la digue, il n’y aurait pas eu cette grave pollution».

 

«Victoire pour la protection de l’environnement»

Le jour du délibéré, le 12 janvier, Corine Lepage s’est déclarée «évidemment satisfaite» de la «sévérité de la sanction». Pour sa cliente, la région wallonne, la condamnation de Tereos est «une grande victoire pour la protection de l’environnement et de la biodiversité, et la fin de l’impunité en matière environnementale». En condamnant le groupe sucrier, le tribunal reconnait en effet «le préjudice écologique, mais aussi moral et matériel de cette pollution», décrit un communiqué du gouvernement de Wallonie. Les dommages et intérêts perçus devraient, toujours selon la même source, «financer les mesures de réparation des dommages causés aux écosystèmes de l’Escaut».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

match agricole France Maroc
France-Maroc : le match des agricultures

Ce soir, les Bleus retrouvent le Maroc sur la pelouse pour disputer un quart de finale de la Coupe du monde de football. Mais…

bilan manifestation contre Canal Seine Nord Europe
Champ brûlé et interpellations après la manif contre le Canal Seine Nord

Près de 2 000 opposants au Canal Seine-Nord Europe se sont rassemblés samedi 11 juillet entre Oisy-le-Verger et Aubencheul-au-…

Valentin Vermes et son père Mathieu  disposent d’une collection de cent variétés  et en commercialisent une dizaine.
L'excellence de la rhubarbe prend racine à Saint-Riquier

À Saint-Riquier (80), une exploitation familiale cultive bien plus que de la rhubarbe : une collection unique de variétés…

décès Marcel Deneux
Marcel Deneux, un bâtisseur de l'agriculture moderne s'est éteint

Il appartenait à cette génération de bâtisseurs qui ont relevé l'agriculture française après la guerre et accompagné sa…

Avec des rendements en demi-teinte dans la Somme, la qualité du grain sauve la campagne

Avec une récolte menée dix à quinze jours plus tôt qu'à l'accoutumée, les premiers bilans dressés par les organismes stockeurs…

Marine Tondelier Arnaud Rousseau
Pourquoi ça clashe entre l’écologiste Marine Tondelier et Arnaud Rousseau (FNSEA)

En pleine vague d'incendies et alors que la sécheresse fragilise des productions dans toute la France, Marine Tondelier a…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde