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Nécrologie
Didier Guillaume et la disparition d’un ministre de l’Agriculture « pas comme les autres »

Didier Guillaume, ancien ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation de 2018 à 2020, est décédé le 17 janvier 2025 à l'âge de 65 ans des suites d'une maladie fulgurante.

Didier Guillaume disparition mort ministre de l'Agriculture
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, au Salon International de l'Agriculture en 2019.
© Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Chef du gouvernement de Monaco depuis septembre 2024 et ministre d’État, le drômois Didier Guillaume est décédé le 17 janvier 2025, à l’âge de 65 ans, a annoncé la Principauté de Monaco. La carrière politique de Didier Guillaume a été jalonnée de plusieurs étapes, dont sa nomination au sein du gouvernement d’Edouard Philippe, en tant que ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, de 2018 à 2020. Sénateur de la Drôme, entre 2008 et 2018, il avait présidé le groupe socialiste au Sénat de 2014 à 2018.

Dans la principauté de Monaco, « chacun gardera en mémoire le souvenir de son exceptionnelle capacité de travail, de sa passion pour la politique en faveur des femmes et des hommes, ainsi que de son esprit de rassemblement et de mobilisation (…) Didier Guillaume a su apporter à la Principauté toute l’expérience qu’il avait acquise au long d’une prestigieuse carrière au sein de l’État français. »

« Un ami de l’agriculture »

En France, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a salué de son côté « le combat valeureux qu’il a mené pour notre souveraineté alimentaire et l’engagement dont il a continuellement fait preuve en faveur du monde paysan ». Président du Salon international de l’agriculture, Jérôme Despey regrette dans un communiqué la disparition d’un « ami de l’agriculture ». « Il aimait l’agriculture mais il aimait surtout les agriculteurs », a-t-il encore déclaré, appréciant « sa gouaille, son esprit festif », sans doute hérité de sa passion pour le rugby.

Lors de la crise sanitaire de 2020, qui a mis en difficulté de nombreux secteurs, y compris l'agriculture, Didier Guillaume avait lancé un appel inédit aux Français. Conscient du manque de main-d'œuvre agricole à cause des restrictions, il avait encouragé les citoyens à rejoindre « la grande armée de l’agriculture ». 

Plus largement, il a fait de la souveraineté alimentaire un axe majeur de son action. Il a soutenu des politiques favorisant une production locale et durable, mettant en avant l'importance de réduire la dépendance de la France aux importations alimentaires. On pourra aussi retenir de son passage à la rue de Varenne son soutien de la valorisation des retraites agricoles portée par André Chassaigne, le lancement du chantier sur la gestion des risques climatiques, son engagement contre « l’agribashing » dénoncé par les agriculteurs ou encore la mise en place les Zones de non-traitement (ZNT).

Des sorties « polémique »

Mais l’homme politique a aussi fait parfois grincer des dents, y compris au sein du gouvernement d’Edouard Philippe. Lors d'une interview en janvier 2019, Didier Guillaume avait par exemple déclaré que le vin n'était « pas un alcool comme les autres ». « Je n'ai jamais vu (...) un jeune qui sort d'une boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du côtes-du-rhône, du Crozes-Hermitage, du bordeaux ou des costières-de-Nîmes », avait-il déclaré, s’attirant les foudres de la ministre de la Santé, Agnès Buzin et d’associations de lutte contre l’alcoolisme. 

Quelques mois plus tard, sa présence à une corrida à Bayonne fait également polémique. Interrogé sur cette séquence, il déclarera « regretter » que sa présence ait pu « choquer ». Et de rappeler ses engagements en faveur du bien-être animal en tant que ministre de l’Agriculture : « Je suis le premier ministre de l'Agriculture à avoir une collaboratrice en charge du bien-être animal. Je suis le premier ministre de l'Agriculture qui a pérennisé le Conseil national de surveillance des abattoirs », s’était-il défendu. Autant de déclarations et de prises de position qui auront valu à Didier Guillaume d’être un ministre de l’Agriculture « pas comme les autres ». 

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