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Production laitière
Graine d’éleveur : les professionnels de l’élevage de demain

En partenariat avec Avenir Conseil Elevage, les Maisons Familiales de Picardie sont à l’initiative de ce challenge depuis 16 ans.

© AAP

Tout a commencé par le constat que les jeunes avaient de moins en moins la vocation à devenir éleveurs et même à exercer un métier en lien avec l’élevage. C’est ce manque manifeste qui a poussé les professionnels des MFR et du contrôle laitier à mettre en place une opération d’envergure pour la promotion des métiers de l’élevage.
Pour y parvenir les deux partenaires imaginent le challenge Graine d’éleveur en offrant la possibilité aux établissements d’enseignements agricoles (MFR et lycées) de participer à des visites d’élevages pendant lesquelles les éleveurs, accompagnés d’un technicien d’Avenir Conseil Elevage, témoignent de leur passion.
Historiquement, Graine d’éleveur ne concernait que la Somme. A la vue de son intérêt pédagogique, mais aussi de l’enthousiasme des jeunes participants, l’Oise, l’Aisne et depuis l’an dernier le département du Nord se sont «pris au jeu».
L’hiver dernier, dix éleveurs ont ainsi accepté d’ouvrir leurs portes donnant l’occasion à plus de 160 élèves d’aborder de manière pragmatique des thématiques diverses et variées (système fourrager, qualité du lait, gestion des effluents, autonomie alimentaire…).
Les enseignants s’appuient ensuite sur le contenu de la visite pour approfondir les données recueillies et parfois de manière transversale en proposant aux élèves un travail de rédaction synthétique, valorisé dans l’encart ci-dessous.

C’est aussi un challenge
Pour donner à cette opération l’envergure régionale qu’elle mérite, l’ensemble des participants se retrouve en mars pour une journée de restitution durant laquelle chaque classe présente son travail à un jury composé de professionnels. A l’issue des présentations, un classement des meilleurs exposés est établi. Cette journée est aussi l’occasion de découvrir un élevage de manière plus approfondie.

Main-d’œuvre, environnement : contraintes ou opportunités ?
Cette année, le Gaec Delaleau Loire à Lassigny (60) a accepté d’accueillir les 160 jeunes. Les éleveurs, en compagnie de techniciens de la chambre d’agriculture de l’Oise et d’Avenir Conseil Elevage, ont expliqué la réflexion menée pour aboutir au système d’exploitation actuel.
L’histoire du Gaec Delaleau Loire est peu commune. Regroupements et installations ont façonné la structure répartie aujourd’hui sur trois sites de production sur lesquels sept personnes travaillent. Parmi les associés, Noël, Michel, Mélanie et Grégory ont expliqué comment la diversification (production maraîchère, vente directe et ferme pédagogique) a permis plusieurs installations, comment l’anticipation de départs en retraite a conduit à l’installation de deux robots de traite et au maintien du libre service pour alimenter le troupeau, comment la gestion des effluents a amené le semis d’herbe inter-rangs dans le maïs ensilage.
«Aujourd’hui, vous avez visité notre élevage. Je ne peux que vous encourager à poursuivre vos découvertes, à aller voir ce qui se fait ailleurs. Ce sont ces expériences et cette ouverture d’esprit qui vous permettront de construire un projet qui vous ressemble», a conclu Grégory Bonnement devant la jeune assemblée.
En seize ans d’existence, les participants aux premières sessions sont parfois devenus éleveurs et lorsqu’ils sont sollicités pour ouvrir les portes de leur exploitation, le témoignage de leur passion et les souvenirs de leur participation prouvent tout l’intérêt d’une telle opération.

EN QUELQUES CHIFFRES
160 élèves de Seconde, Bac Pro et BTS venus de 9 établissements : les MFR de Le Cateau, Songeons, Saint Sulpice, Flixecourt, les Instituts St Eloi de Bapaume, d’Hazebrouck, et de Genech, les Lycées de Vervins et Robert Schuman de Chauny. Du 2 décembre au 18 février, 10 élevages visités : le Gaec de la Source, l’Earl Glachon, l’Earl Dusautoir, l’Earl du Gros Faulx, le Gaec du Moulin Brésil, l’Earl du Bled et les élevages de MM Benoît Druart, Denis Senecaille, Michel Gruson et Christophe Deman.

Une source de qualité
Dans le cadre du Challenge Graine d’Eleveur, la classe de seconde professionnelle «Production Animale » de l’Institut Saint Eloi de Bapaume s’est rendu le 2 décembre 2013 au Gaec de la Source à Sailly Laurette (80) pour aborder concrètement le thème de la gestion de la qualité du lait.
Le Gaec de la Source est une exploitation familiale de polyculture élevage. M. Dengreville est installé depuis 1983 avec son frère et sa mère. Ensemble, ils cultivent 150 hectares et élèvent un troupeau laitier d’une soixantaine de vaches laitières pour un quota de 512 000 litres.
En 2003, une inondation conduit les associés à délocaliser l’élevage dans une stabulation aire paillée avec salle de traite 2 fois 6 postes en épi. En 2010, ils font le choix de la traite robotisée avec l’installation d’un robot Lely Astronaut, puis du logement en logettes en 2011 en remplacement de l’aire paillée.
«Le but de notre exploitation est de produire certes du lait, mais avant tout du lait de qualité», précise M. Dengreville. Les résultats cellulaires indiquent que 78% des vaches laitières sont inférieures ou égales à 300, et 6% supérieures ou égales à 800. L’éleveur est également très attentif à ses taux. «TB et TP sont bons. Mais nous devons progresser sur les butyriques. Ceux-ci devraient être en dessous de 1000».
Pour produire un lait de bonne qualité
Raphaëlle Barbare, conseillère d’élevage à Avenir Conseil Elevage, a détaillé les facteurs qui influencent la qualité du lait.
- L’alimentation : raisonner la ration est important. La complémentation des vaches à plus de 30 kg avec du soja et du Profilac 21 permet de maintenir les taux. La transition au vêlage ne doit pas être négligée.
- Le logement : les vaches laitières sont logées dans un bâtiment avec des parois ajourées pour ventiler. «La ventilation et l’ambiance du bâtiment sont deux choses à ne pas négliger lors d’une installation», précise la conseillère. Les vaches se couchent dans des logettes paillées une fois par semaine. Le couloir sur tapis entre les logettes est raclé deux fois par jour. Quant à l’aire d’exercice derrière le cornadis, elle est en caillebotis pour simplifier le travail.
- L’hygiène de traite : le robot désinfecte les trayons avec du péroxyde et un produit est appliqué après la traite. Si une vache présente un ou plusieurs quartiers contaminés, le robot procède à un nettoyage complet de tout le circuit. Grâce au robot, les vaches laitières de M.Dengreville ont une moyenne de 2,7 traites, son objectif est plutôt d’aller vers les trois traites par jour. «En augmentant la fréquence de traite nous devrions améliorer les taux cellulaires».
N. Demont, Elève de 2nde Pro PA Institut Saint Eloi. Bapaume
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