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Guerre de 14 : l’agriculture fait son devoir de mémoire

En cette année 2014 chargée en commémorations mémorielles, le ministère de l’Agriculture a voulu rendre hommage au monde paysan qui a payé un lourd tribut à la première guerre mondiale, et en particulier aux femmes qui, dans les campagnes, ont pris le relais des hommes partis au front.

Dans les régions marquées par le conflit, l'agriculteur ressent encore aujourd'hui ce lien entre les soldats morts au front et la terre qu’il cultive aujourd’hui.
Dans les régions marquées par le conflit, l'agriculteur ressent encore aujourd'hui ce lien entre les soldats morts au front et la terre qu’il cultive aujourd’hui.
© AAP

La Première guerre mondiale, dont les célébrations du centenaire commencent cette année, était au cœur des commémorations du 11 novembre. Alors qu’en 1914, 40 % de la population française vivait du travail agricole, le ministère de l’Agriculture a souhaité rappeler le 13 novembre la contribution des paysans à un conflit qui a vu mourir 1,4 million de soldats français, dont 500 000 à 700 000 issus de la population agricole.
«Le monde rural a donné sa jeunesse et donné son sang», rappelle Kader Arif, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants et à la mémoire, présent à cette cérémonie. Pour faire revivre leur mémoire, un documentaire réalisé par le ministère de l’Agriculture met en lumière le témoignage de Jean-Luc Pamart, dont l’exploitation agricole se situe sur l’ancienne ligne de front de 14-18.

«Mon blé prend racine dans le champ de bataille»
Malgré les cent ans qui le sépare du conflit, l’agriculteur ressent au quotidien ce lien toujours fort entre les soldats morts au front, dont il retrouve encore régulièrement les armes ou les corps, et la terre qu’il cultive aujourd’hui. «Mon blé prend racine dans le champ de bataille» explique-t-il, illustrant bien la notion de redevabilité inhérente au devoir de mémoire, et qui justifie le besoin de transmission aux nouvelles générations.
Dans le cadre de ces célébrations, une école d’horticulture et de paysage des Vosges a ainsi relancé la filière «rose de Verdun», une fleur créée en 1918 pour honorer les combattants morts pour la France. Mais la mémoire est également celle de la reconquête, la nature et l’agriculture ayant progressivement repris le dessus sur les terres dévastées par le conflit. Il faut néanmoins attendre 1924 pour que la production agricole française retrouve son niveau d’avant la guerre.
Si les femmes n’étaient pas en première ligne pendant le conflit, c’est justement sur elles qu’a reposé la force productive du pays pour remplacer les hommes partis au front. Dès le 7 août 1914, le président du Conseil faisait appel aux femmes pour assurer la moisson.

Rôle majeur des femmes
Au cours de la période 1914-1918, 850 000 femmes se sont retrouvées à la tête d’exploitations agricoles, avec la nécessité de redoubler d’efforts pour compenser la réquisition à des fins militaires d’un tiers des chevaux et celle des usines chimiques productrices d’engrais.
Elles ont ainsi «permis à la France de surmonter une période meurtrière, douloureuse» et de conserver son rang au niveau mondial, rappelle Pascale Boistard, secrétaire d’Etat au droit des femmes. Pour cette dernière, leur faire honneur est également un moyen de saluer celles qui s’engagent aujourd’hui dans ces métiers de l’agriculture encore fréquemment considérés comme masculins. En 1921, une promotion du mérite agricole récompensait des agricultrices ayant repris les exploitations en l’absence d’un mari, d’un père ou d’un frère. Pour lui faire écho, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a donc souhaité une promotion exceptionnelle en 2014 mettant également en avant des agricultrices, avec l’objectif de «rendre hommage à toutes les femmes qui travaillent dans l’agriculture aujourd’hui».
Et ce, dans la même dynamique qui a permis la reconnaissance des agricultrices amorcée par la première guerre mondiale, et poursuivie par étapes, en passant par la valorisation de leur travail sur l’exploitation, l’obtention finalement assez tardive du statut de co-exploitante, en 1980, ou encore la création du statut de «conjoint collaborateur» en 1999.

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