Gestion de l’eau
Hydraulique agricole : 60 millions d’euros pour relancer les investissements
Un nouvel appel à projets est ouvert jusqu’au 30 juin pour soutenir les infrastructures d’irrigation. Subventions élevées, critères ciblés, portage collectif encouragé : les exploitants ont deux mois pour se positionner.
Un nouvel appel à projets est ouvert jusqu’au 30 juin pour soutenir les infrastructures d’irrigation. Subventions élevées, critères ciblés, portage collectif encouragé : les exploitants ont deux mois pour se positionner.
Le 30 avril dernier, le ministère de l’Agriculture a lancé un troisième appel à projets dédié aux infrastructures hydrauliques agricoles. Doté d’une enveloppe nationale de 60 millions d’euros, ce dispositif vise à «accompagner la modernisation, la rénovation, la sécurisation et le développement de nouvelles infrastructures hydrauliques agricoles».
Déployé en région par la Draaf Hauts-de-France, l’appel à projets est ouvert jusqu’au 30 juin 2026 à minuit. Les dossiers doivent impérativement être déposés en ligne via la plateforme dédiée.
Quels projets peuvent être financés ?
Le périmètre est large, mais clairement orienté vers l’efficacité de l’usage de l’eau. Sont notamment concernés la rénovation de réseaux d’irrigation existants, la création de réserves de stockage, les équipements de transfert ou encore les projets de réutilisation d’eaux usées traitées à des fins agricoles. L’objectif affiché est double : «renforcer la résilience des exploitations face aux effets du changement climatique» tout en «préservant la ressource en eau», indique la Draaf Hauts-de-France.
Jusqu’à 80 % d’aide : des conditions à respecter
Le soutien financier peut atteindre 80 % des dépenses éligibles, ce qui constitue un niveau incitatif dans un contexte où les investissements pèsent lourd dans les trésoreries. Deux seuils d’entrée structurent le dispositif. Les projets collectifs impliquant au moins trois exploitations agricoles sont éligibles à partir de 50 000 € de dépenses. Pour les autres porteurs de projet, le plancher est fixé à 100 000 €. Exploitations agricoles, structures collectives, associations syndicales autorisées ou constituées d’office, ainsi que collectivités territoriales peuvent déposer un dossier.
Des critères de sélection très ciblés
L’instruction des dossiers repose sur des critères précis. L’administration privilégiera les projets permettant de réduire la pression quantitative sur la ressource en eau, tout en améliorant l’efficacité de son usage, mesurée notamment par le ratio entre eau consommée et surface irriguée.
La dimension collective sera également déterminante, de même que l’inscription dans une démarche agro-environnementale, qu’il s’agisse de mesures agro-environnementales et climatiques, d’agriculture biologique, de paiements pour services environnementaux ou encore d’engagements en GIEE.
Maturation de projet : une nouveauté attendue
Pour cette campagne 2026, un second appel à projets doit voir le jour en parallèle. Il portera sur la maturation des projets, avec l’ambition de financer les phases amont, notamment les études et la conception. «L’objectif de cet accompagnement financier sera de viser à faciliter l’émergence et la conception de projets en hydraulique agricole», précise le ministère.
Un dispositif qui peut intéresser les exploitants encore en phase de réflexion ou souhaitant structurer un projet collectif.
Concrètement, comment candidater ?
Les demandes doivent être déposées exclusivement en ligne via la plateforme «Démarche numérique». Aucun autre canal ne sera accepté. Dans les faits, et compte tenu du montant de l’enveloppe, les porteurs de projet ont intérêt à anticiper.
Le montage du dossier suppose de sécuriser les partenariats dans le cas de projets collectifs, de chiffrer précisément les investissements et surtout de démontrer les gains attendus en matière de gestion de l’eau.