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Couverts végétaux
Intercultures : anticiper la réflexion

L’heure de la moisson n’a pas encore sonné que la réflexion de l’interculture est déjà planifiée. Parfois considérée comme secondaire, cette dernière fait dorénavant partie de la rotation et la rigueur est de mise ! Marie Levaast, conseillère à la Chambre d’agriculture, nous partage six conseils pour une implantation de couverts estivaux performants et répondant à vos objectifs.

Les légumineuses seules ou en association (ici, vesce) sont celles qui stimulent le plus l’activité microbienne du sol.
Les légumineuses seules ou en association (ici, vesce) sont celles qui stimulent le plus l’activité microbienne du sol.
© D. R.

Conseil n°1 : Prenez le temps de réfléchir à vos objectifs, après il sera trop tard !

Il existe aujourd’hui une grande diversité de couverts, entre les espèces simples et les mélanges agronomiques à base de graminées fourragères, de légumineuses ou de crucifères. Pas évident de s’y retrouver ! Avant de commander vos semences de couverts, clarifier bien votre objectif : est-ce que je souhaite une production de biomasse ? une production d’azote ? ou plutôt une dérobée pour mon élevage ? quels effets sur la structure et la porosité de mon sol ? ou alors, ai-je tout simplement besoin d’une espèce simple au coût limité ?


 

Conseil n°2 : Mettez de la diversité dans vos couverts !

Le point commun entre les différents objectifs ci-dessus, est de privilégier les associations ! Le fait d’avoir une diversité d’espèces permet de multiplier les services rendus ! L’idéal est d’avoir un mélange entre 3 et 6 espèces. Attention toutefois à raisonner le choix de vos espèces en fonction des autres cultures présentes dans la rotation et en particulier celle qui suit l’interculture. Il serait dommage d’accentuer le risque de pathogène à cause d’un mauvais choix de couvert !

Aussi, la date de semis du couvert viendra conditionner le choix des espèces. S’agissant des mélanges semis tardifs (après la mi-septembre), ne négligez pas la vigueur du départ et la résistance au gel des espèces.


 

Conseil n°3 : Soignez l’implantation, le gage de réussite de votre couverture !

La date de semis est primordiale pour réussir l’implantation d’un couvert, si vous souhaitez une forte biomasse alors il faut semer tôt !

Aussi, la densité de plante au m² est un élément essentiel, en effet cette dernière viendra conditionner la biomasse racinaire qui permettra d’améliorer la structure du sol (porosité), l’idéal étant d’avoir une un niveau de biomasse aérien complémentaire pour maximiser les restitutions au sol et ainsi obtenir des services complémentaires. Enfin, rappelons qu’un couvert dense permettra de limiter le salissement des parcelles durant l’automne.

Pour les choix des techniques d’implantation, les semoirs à céréales ou alors les semoirs à dents utilisés en semis direct offrent des résultats de levées homogènes, attention toutefois aux pailles qui peuvent, dans certains cas, engendrer une concurrence à la levée des couverts.


 

Conseil n°4 : Gardez l’œil sur les limaces !

Comme évoqué plus haut, pour avoir de «beaux couverts», il faut semer tôt ! En effet c’est une des clés de réussite des couverts. Toutefois, n’oublions pas que les huit derniers mois pluvieux ont favorisé le développement des limaces ! Elles seront bien au rendez-vous au moment du semis des intercultures. Pour réduire leur stock d’œufs en perturbant les pontes, seul un travail du sol régulier sera efficace, type déchaumage. Cette pratique peut toutefois chambouler le planning des semis et risquer de retarder le développement de la plante. Un compromis sera donc à trouver cette année.


 

Conseil n°5 : Restez vigilant au salissement !

Quand le couvert arrivera en fin de cycle, aller «voir ce qu’il se passe» sur la parcelle. En effet, il n’est pas rare de voir des chénopodes, des mercuriales, ou encore des graminées à un stade avancé ! Au regards des complexités de désherbage dans les cultures, et des suppressions de matières actives à venir, il devient plus que nécessaire d’éviter les monter à graines de ce type d’adventices au sein des couverts ! En plus, comme l’observation est toujours le socle commun à toutes pratiques agricoles, ce tour de parcelle vous aidera à déterminer quel mode de destruction choisir. En cas de présence de vivaces (laiterons, chardons), la gestion chimique est incontournable !


 

Conseil n°6 : Gardez à l’esprit que Cipan ne veut pas dire solution miracle !

On entend souvent dire que les couverts sont une solution à beaucoup de problèmes agronomiques, toutefois certains points sont à prendre en compte. N’oublions pas que dans un sol trop compacté, le couvert à lui seul (même avec des espèces aux systèmes racinaires différents : pivot ou fasciculé), ne pourront pas restructurer le sol à eux seuls, un travail mécanique sera nécessaire.

Vous vous interrogez sur le choix de votre couverture végétale et souhaitez être accompagné pour choisir des espèces adaptées à vos problématiques ? Contactez votre conseiller Chambre d’agriculture de la Somme.

 

 Production de biomasseProduction d'azoteDérobés pour l'élevageAméliorer la structure du solCouverts avec coût limité
Nb espèces 
conseillées
4 espèces voir plus4 espèces voir plus2 espèces3 espèces minimum2 espèces
Espèces

Avoine

Féverole

Moutarde d'Abyssinie

 

Vesce

Pois fourrager

Féverole

Trèfles

Ray-grass d'Italie

Avoine

Trèfle incarnat

Colza fourrager

Navette

Radis

Moutarde

Colza fourrager

Avoine

Vesce

Moutarde classique

 

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