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La filière ovine souhaite entrer chez McDonald’s

L’assemblée inter-régionale de la Fédération nationale ovine pour les Hauts-de-France, l’Ile-de France et la Normandie s’est tenue le 23 janvier, à Rouen.

La réunion s’est terminée sur la question de la viande hachée d’agneau.
La réunion s’est terminée sur la question de la viande hachée d’agneau.
© L. G.


Contrairement aux idées reçues, le danger ne vient pas de Nouvelle-Zélande. C’est la politique ovine du Royaume-Uni qui inquiète la Fédération nationale ovine, comme elle l’a expliqué, le 23 janvier, à Rouen, lors de la réunion inter-régionale Normandie - Ile-de France - Hauts-de-France. «Les Néo-Zélandais n’ont pas de dynamique européenne, ils sont tournés vers la Chine où la demande progresse», explique Mylène Foussier-Petit, chargée de mission du syndicat. En 2017, les exportations vers la Chine ont augmenté de 17 % alors qu’elles ont baissé de 13 % en Europe.
Au Royaume-Uni, au contraire, la dynamique est à la hausse, et la France est la cible principale pour les exportations. En raison de la dépréciation de la livre sterling, c’est intéressant pour eux de vendre outre-Manche. En Irlande aussi, on constate une augmentation de 16 % des exportations et de 10 %
des abattages. Concernant le Brexit, les conséquences ne sont pas encore connues, mais les pays tiers pourraient demander des compensations.
Pour le marché intérieur, la FNO a relancé son «groupe prix» l’an dernier. «Nous avons entamé un tour de France pour mieux comprendre les flux entre les régions et les segments de marchés. Il n’y a pas que l’influence des agneaux aveyronnais qui entre en ligne de compte.» Par exemple, une visite de l’abattoir de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) est prévue le
13 mars. Pour la région Grand Ouest, elle a eu lieu au Space, à Rennes, en septembre 2017, mais en l’absence de gros opérateurs comme SVA Jean Rozé. «Le sens de ces visites terrain est aussi d’avoir des discussions dans un autre cadre, de faire évoluer les mentalités et de lever les freins pour connaître la problématique de chaque opérateur», explique Patrick Soury, secrétaire général de la Fédération nationale ovine (FNO).

Pistes de développement
Une des pistes envisagées pour améliorer ces flux serait de valoriser les agneaux issus des élevages laitiers dans les cantines scolaires. Mais pour incorporer cette viande dans les menus, la filière se heurte à la question du prix d’un repas qui, en général, est compris entre 1,60 et 2,40 € en restauration hors domicile. «Les Etats généraux de l’alimentation nous aident pour cela. Le travail est engagé», explique Mylène Foussier-Petit.
Autre piste : les fast-foods. «Au SIA, on a rencontré McDonald’s. Comment arriver à y faire manger de l’agneau ? Ils ne veulent qu’un opérateur. Alors, comment regrouper l’ensemble des opérateurs pour entrer dans cette démarche ? Nous n’avons pas encore la réponse, mais il faut y aller», pense Patrick Soury. «L’enseigne exige des volumes. Si McDonald’s fait une opération, il faut qu’elle puisse être déclinée dans tous les magasins du national sur six semaines. Donc, il faut être capable d’alimenter pendant cette période. Et, au niveau sanitaire, ils sont très exigeants», ajoute le secrétaire général. Se rassembler pour pouvoir décrocher un tel marché est un vrai défi pour la filière.
La réunion s’est terminée sur la question de la viande hachée d’agneau. C’est un créneau qui pourrait permettre de valoriser certains morceaux et de capter de nouveaux consommateurs, plus jeunes. «Il ne s’agit pas de faire du minerai, car on ferait alors fausse route», prévient Patrick Soury. Mais convaincre un industriel de se lancer dans la confection de boulettes, par exemple, c’est une prise de risque financier pour lui. «Adapter la présentation de nos produits, c’est pourtant essentiel», conclut le responsable professionnel.

Promouvoir la viande

La filière ovine subit toujours une baisse de consommation de viande d’agneau. Pour la contrer, l’interprofession Interbev a financé 264 animations dans les magasins en 2017. La campagne de communication «si simple, si bon» s’achèvera fin 2018. L’objectif était d’inciter à consommer de l’agneau en semaine et pas seulement le dimanche ou pour les fêtes. En 2019, une nouvelle campagne sera financée à 80 % par l’Europe pour trois ans. Elle concerne quatre pays : la France, L’Irlande, la Royaume-Uni et l’Allemagne.

 

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